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Evenements / EDF / Bernard Fontana / Luc Rémont

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EDF / Bernard Fontana / Luc Rémont

Le Parlement valide la nomination de Bernard Fontana à la tête d’EDF / Priorité à la France et à ses industriels

Les parlementaires ont validé ce mercredi midi la nomination de Bernard Fontana au poste de président-directeur général d’EDF, en remplacement de Luc Rémont, et ce malgré un avis défavorable du rapporteur de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, le député LFI, Matthias Tavel. S’il revient désormais à l'assemblée générale du groupe d’entériner cette nomination le 5 mai prochain, les auditions de Bernard Fontana ont permis de connaître la liste de ses priorités. Et force est de constater que le patron de Framatome ne souhaite pas s’inscrire dans une logique de rupture avec son prédécesseur, privilégiant néanmoins l’apaisement avec les industriels électro-intensifs et la France dans les investissements de l’entreprise si nécessaire.

À la suite de l’annonce de l’éviction par l’État de Luc Rémont à la tête d’EDF en mars dernier, le Premier ministre, François Bayrou, justifiait la décision de nommer Bernard Fontana, nouveau président-directeur général du groupe, comme "un choix qui a été fait pour projeter EDF vers l’avenir ". À l’écoute de l’audition du patron de Framatome à l’Assemblée nationale ce mercredi matin, en vue de la confirmation de sa nomination par les parlementaires, ce dernier n’a pas renié en tout cas le bilan de son prédécesseur. "Vous m’avez posé la question du bilan de Luc Rémont, je le respecte. Il a mis le groupe EDF sur des bases qui permettent d’avancer et je suis sûr que nous resterons en relations amicales et même professionnelles je l’espère un jour ", a déclaré Bernard Fontana, devant les membres de la Commission des affaires économiques.

 

L’accord post-Arenh jugé équilibré

 

De fait, sa feuille de route ne diffère pas de la stratégie fixée par Luc Rémont. Bernard Fontana s’est fixé pas moins de six priorités pour son mandat de futur patron d’EDF. Parmi celles-ci, d’abord, la poursuite du rétablissement de la production du parc nucléaire à des niveaux cohérents avec les meilleurs standards internationaux. "L’an dernier, le parc a produit 361,7 térawattheures (TWh) d’électricité, soit un retour après la crise de corrosion sous contrainte à une disponibilité de 74 %, un peu supérieure à celle de 2019 ", a-t-il rappelé, estimant que la capacité d’atteindre 400 TWh à l’horizon 2030 serait un excellent investissement pour EDF dans le nucléaire.

Seconde priorité : la fourniture d’une électricité compétitive à l’ensemble des consommateurs français et plus particulièrement aux industriels. "Le nouveau dispositif post-Arenh est objectivement mieux équilibré et de nature à permettre à la fois un accès à une électricité compétitive, couvrir le coût de production et assurer d’importants programmes d’investissement, notamment dans le nucléaire, l’hydroélectricité, les énergies renouvelables et plus largement dans les métiers de la transition énergétique ", a-t-il estimé.

 

Faire réussir les industries électro-intensives, c’est faire réussir la France

 

Selon Bernard Fontana, la politique commerciale mise en place par Luc Rémont est bonne comme les contrats à moyen terme pour tout type d’entreprises et des contrats d’allocation de production nucléaire (CAPN) "indispensables pour trouver les moyens de financer le nouveau parc nucléaire ". Néanmoins, le futur patron d’EDF semble vouloir jouer la carte de l’apaisement. "Un certain nombre d’industriels dont les électro-intensifs ont exprimé leur crainte. Je sais bien leur besoin de visibilité des acteurs concernés et je serai particulièrement attentif à identifier les marges de manœuvre possibles pour trouver une solution plus équilibrée même si la solution parfaite n’existe pas. Il faut permettre l’efficacité industrielle au service du pays mais il faut aller vite car ces entreprises ont besoin de visibilité ", a-t-il assuré, constatant que l’évolution des prix de gros est orientée à la baisse, à 59 euros par mégawattheure pour 2026, "ce qui constitue un facteur de détente d’autant que le prix de l’électricité en France était actuellement plus compétitif qu’en Allemagne, à 82 euros et 100 euros en Italie ". "J’ai à l’esprit l’objectif d’une première tranche de 40 térawattheures pour les contrats à long terme à destination de ces industriels français ", a précisé Bernard Fontana.

 

Des cessions qui ne sont pas exclues

 

Sur la relance du nucléaire, son objectif est là aussi la maîtrise des coûts et des délais, soutenant le programme souvent décrié d’Hinkley Point C. "Il a été vraiment salutaire pour le maintien et le renforcement des compétences de nombreux acteurs de la filière nucléaire française comme Framatome ", a-t-il constaté devant des parlementaires visiblement inquiets sur le sujet. "Le chantier souffre effectivement de retard dans sa phase de construction. Cela sera clairement une priorité importante de maîtriser ce volet. De plus, ce qu’il reste à financer au 1er janvier n’est pas négligeable mais il s’agit de 18 milliards de livres sterling ", a affirmé Bernard Fontana.

D’ailleurs, autre hommage rendu à Luc Rémont à la tête d’EDF : la santé financière du groupe. "EDF a dégagé de très bons résultats ces deux dernières années ", s’est félicité Bernard Fontana, prévenant néanmoins que pour soutenir cette trajectoire financière à la hausse, "il faudra donner une priorité aux investissements en France si cela est nécessaire et être attentifs à la rentabilité des engagements à l’international et la maîtrise des partages des risques ". "Certaines cessions pourraient être envisagées alors qu’EDF s’engage dans un programme d’investissements importants ", a-t-il annoncé.

 

Un facteur temps essentiel pour la construction des EPR

 

S’agissant enfin des EPR 2, l’objectif pour lui est désormais de fixer rapidement les détails de design qui ne le seraient pas encore, et de renforcer l’organisation de la maîtrise d’ouvrage en travailler de façon plus partenariale avec les industriels. "Le facteur temps est essentiel dans le coût d’un EPR. Il s’agira donc pour moi de proposer un devis et un calendrier engageant pour les six EPR 2 d’ici la fin de l’année ", a-t-il avancé, rappelant que l’État venait de s’engager à apporter un soutien financier important à ce programme, notamment par un prêt d’État. "Un prêt sans intérêt pour la durée de la construction pour au moins la moitié du projet et la possibilité ensuite d’un prêt bonifié avec remboursement différé. Et je constate que les positions entre l’État et EDF sur le sujet sont très proches. Un alignement rapide est tout à fait possible et il faudra ensuite aller le défendre au niveau européen pour une décision finale d’investissement au plus tard au second semestre 2026 et garantir la mise en service de la première tranche au plus tard en 2038, et plus tôt même si cela est possible ", a détaillé le futur président-directeur général d’EDF, ajoutant qu’il "veillera aussi d’ici la fin 2026 à fournir à l’État les éléments de décision nécessaires pour un second palier de puissance, d’environ 13 gigawatts, soit huit EPR 2 dans leur conception actuelle ".

 

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