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Macro-économie / Taux / BCE / taux d'intérêt

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BCE / taux d'intérêt

La BCE dans le brouillard / Les implications monétaires des droits de douane sont équivoques

En lien avec la désinflation, la Banque centrale européenne a diminué son principal taux à hauteur de 175 points de base depuis le début de son cycle de normalisation. Elle doit désormais composer avec une guerre commerciale dont les retombées sur les prix à la consommation de la zone euro apparaissent incertaines.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - BORIS ROESSLER / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - BORIS ROESSLER / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

La guerre commerciale va probablement donner des maux de tête à la Banque centrale européenne (BCE). Cette semaine marque la première réunion de politique monétaire du Conseil des gouverneurs depuis l’annonce du président des Etats-Unis Donald Trump de relever sensiblement les droits de douane sur les importations de marchandises américaines.

A cette occasion il a été décidé à l’unanimité de baisser à nouveau le principal taux d’intérêt directeur à hauteur de 25 points de base. Le taux d’intérêt de la facilité de dépôt s’établit désormais à 2,25%, soit 175 points de base en dessous du niveau qui était le sien lors du pic du cycle de resserrement monétaire entre septembre 2023 et juin 2024.

"Le processus de désinflation est en bonne voie", a déclaré Christine Lagarde, présidente de la BCE, durant une conférence de presse. La Française a fait savoir que l’évolution de l’inflation était restée conforme aux anticipations des économistes de l’institution de Francfort. "La plupart des mesures de l’inflation sous-jacente laissent entrevoir une inflation se stabilisant durablement autour de l’objectif du Conseil des gouverneurs de 2 % à moyen terme. La progression des salaires s’amenuise, et les bénéfices compensent en partie les effets sur l’inflation de leur croissance toujours forte", a-t-elle indiqué.

Les droits de douane ont évidemment fait l’objet de débats pendant les réunions du Conseil. Les qualifiant de choc de demande négatif, Christine Lagarde a indiqué qu’ils allaient probablement influer à la baisse sur la croissance. Toutefois, l’impact net sur l’inflation de la zone euro est lui encore incertain. "Il deviendra plus clair au fur et à mesure ", a-t-elle estimé.

Dans ce contexte, il ne faut pas compter sur la banquière centrale pour donner des indices quant à la trajectoire future des taux d’intérêt directeurs. "Compte tenu, singulièrement, du contexte actuel d’incertitudes exceptionnelles, nous suivrons une approche s’appuyant sur les données pour déterminer, réunion par réunion, l’orientation appropriée de la politique monétaire", a prévenu Christine Lagarde. Au sein de l’Invesment Institute d’Amundi, on estime que les baisses du taux de dépôt se poursuivront jusqu’à s’établir à 1,5 %. Même son de cloche chez Deutsche Bank. Mark Wall, son chef économiste Europe, conditionne cette manœuvre à la persistance du choc commercial.

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