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Chiffre d’affaires en chute libre pour Atos, hémorragie aux Etats-Unis / Le CMD du 14 mai devra convaincre

La chute du chiffre d’affaires d’Atos s’est encore accentuée au premier trimestre 2025, avec un recul organique de 15,9 %. Miné par les pertes de contrats, notamment en Amérique du Nord et au Royaume-Uni, le groupe continue de payer le prix fort de l’incertitude liée à sa restructuration financière. Sur fond de défiance persistante, la présentation stratégique du 14 mai s’annonce comme un moment de vérité pour l’avenir du groupe.
Le chiffre d'affaires d'Atos a chuté de 16% au premier trimestre à périmètre et taux de change constant - Photo by MATTHIAS BALK / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP
Le chiffre d'affaires d'Atos a chuté de 16% au premier trimestre à périmètre et taux de change constant - Photo by MATTHIAS BALK / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Les actionnaires d’Atos ne trouveront guère de motifs de satisfaction dans le chiffre d’affaires du premier trimestre 2025, publié jeudi par ce qui reste la première entreprise française de services numériques. Les facturations du groupe, déjà en recul de 11,5 % au quatrième trimestre 2024, ont vu leur baisse organique s’aggraver, atteignant -15,9 % sur les trois premiers mois de l’année.

Car, évidemment, l’évolution du chiffre d’affaires reflète, avec un certain décalage, l’activité commerciale. Or, les longs mois d’incertitude liés à la restructuration financière d’Atos ont non seulement pesé, tout au long de 2024, sur la signature de nouveaux contrats. Mais le groupe a aussi dû encaisser plusieurs pertes ou réductions de contrats majeurs, en particulier en Amérique du Nord.

 

Les résiliations de contrats pèsent lourd

 

Une véritable hémorragie: dans cette région, le chiffre d'affaires d’Atos a chuté de 27,6 %, tombant à 382 millions d’euros. Le phénomène était, il est vrai, prévisible : Atos avait déjà alerté à plusieurs reprises l’an dernier sur des résiliations de contrats et des baisses de volumes dans cette zone géographique clé. La branche Eviden – qui regroupe les activités de cybersécurité, de cloud et de calcul haute performance – a été touchée dans les secteurs de la santé, de la finance et du transport & logistique. De son côté, Tech Foundations – dédiée aux services d’infogérance et à la gestion des infrastructures IT – a subi des fins de contrat dans les médias et l’assurance.

Une déconfiture dont profite la concurrence, comme en témoigne la croissance à deux chiffres enregistrée par Accenture sur la même zone et sur la même période. Car, comme le souligne le cabinet Oddo BHF, "cette forte détérioration de la croissance d'Atos est largement spécifique à l'entreprise et ne doit pas être considérée comme un signal négatif pour le reste du secteur des services informatiques".

La même cause a produit les mêmes effets au Royaume-Uni, autre grand marché pour le groupe, où les facturations ont chuté de 28,9 % entre janvier et mars.

À ce rythme, avec à peine 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires réalisés au premier trimestre, les 10 milliards "environ" que le groupe revendique encore dans sa description sur son site internet relèvent déjà presque du passé.

"Bien que le chiffre d’affaires soit resté sous pression, notre activité commerciale a continué de se redresser au cours du trimestre, témoignant de la confiance et de l’engagement de nos clients et laissant entrevoir des perspectives favorables pour l’avenir d’Atos", veut croire Philippe Salle, le président-directeur dénéral d’Atos depuis février.

 

Un rebond des commandes encore modeste 

 

Tout l’enjeu pour Atos est de parvenir à enrayer la spirale négative. La survie du groupe repose sur sa capacité à inverser cette tendance, en redynamisant son activité commerciale. Pour l’heure, le frémissement observé en fin d’année dernière, avec un ratio prises de commandes sur chiffre d’affaires remonté à 117 % au quatrième trimestre (après 66 % au troisième trimestre), n’a pas suffi à enclencher un véritable retournement.

Au premier trimestre 2025, Atos a enregistré 1,7 milliard d’euros de prises de commandes, avec un ratio "book-to-bill" de 81 %. Une hausse de 17 points par rapport à l’an dernier, certes, mais qui reste à relativiser au regard du niveau particulièrement faible de 64 % au premier trimestre 2024.

Si, dans ce contexte, le Capital Markets Day du 14 mai prochain n’en sera que plus scruté, il y a fort à parier qu’il donne lieu à un ajustement des projections pour 2027, déjà fortement revues à la baisse en septembre dernier. On voit mal comment, d’un chiffre d’affaires parti pour tomber à 8 milliards d’euros cette année, il pourrait remonteer à 10,6 milliards d’euros dans deux ans.

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