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Rubis veut régler sa succession / Des nominations clés pour renforcer la gérance

La gouvernance de Rubis est de nouveau au cœur des discussions après l'annonce de changements importants à venir au sein de la direction de l’entreprise. Marc Jacquot, le directeur financier, et Jean-Christian Bergeron, le patron de la division Rubis Energie, sont appelés à en intégrer la gérance, dans le cadre du plan de succession des fondateurs.
De gauche à droite, Clarisse Gobin-Swiecznik, Jacques Riou, Marc Jacquot et Jean-Christian Bergeron
De gauche à droite, Clarisse Gobin-Swiecznik, Jacques Riou, Marc Jacquot et Jean-Christian Bergeron

L’annonce de futurs changements dans la gouvernance de Rubis a relégué au second plan la publication de ses résultats annuels – conformes aux attentes - jeudi soir. Le groupe français indépendant du secteur de l'énergie fait part de son intention de nommer deux gérants non commandités supplémentaires dans le courant de l'année : Marc Jacquot et Jean-Christian Bergeron. Une décision prise dans le cadre du plan de succession des fondateurs du groupe, Gilles Gobin et Jacques Riou, qui quitteront leurs fonctions au sein de la gérance en 2027.

Marc Jacquot est depuis un an le directeur financier du groupe, ayant succédé à Bruno Krief, autre membre historique de la direction de l’entreprise. De son côté, Jean-Christian Bergeron a pris la tête de Rubis Énergie, la branche Distribution d’énergies du groupe, au début de l’année 2025.

"C’est un renforcement de la gérance dans la perspective du retrait de Gilles Gobin et du mien", a répondu Jacques Riou lors de la conférence avec les analystes, en réaction à une question sur le maintien du statut de commandite de Rubis après le départ des fondateurs en 2027. La question était prévisible alors que ce statut de commandite de Rubis concentre certaines critiques depuis un an, particulièrement dans le contexte de la succession des fondateurs.

 

Une prochaine assemblée générale à suivre de près

 

Dans ce processus de succession, la nomination de Clarisse Gobin-Swiecznik, fille de Gilles Gobin, à la direction de Sorgema - société Gérante de Rubis - en 2023 n’avait pas totalement dissipé les interrogations. Avec Marc Jacquot et Jean-Christian Bergeron, "cette succession, proposée par le collège de la gérance, est tout à fait cohérente avec les besoins de notre secteur d'activité et de la cotation boursière de Rubis", a indiqué Clarisse Gobin-Swiecznik lors de la conférence avec les analystes.

"Elle s'inscrit dans une complémentarité de compétences et d'expériences dans les domaines de l'énergie au sens large et dans les domaines de la finance et des métiers financiers. Jean-Christian Bergeron et Marc Jacot disposent tous les deux d'une expérience professionnelle confirmée de 30 ans, plus 30 ans et 20 ans respectivement. Ils ont bâti leur légitimité en dehors du groupe, dans de grands groupes internationaux et au sein de sociétés cotées", a également souligné la dirigeante.

Leurs nominations seront ainsi soumises aux actionnaires lors de la prochaine assemblée générale prévue le 12 juin prochain, un rendez-vous qui devrait susciter de vives attentes pour savoir si  ces annonces pourront apaiser les critiques exprimées lors de la précédente édition.

Sur l’autre sujet sensible, cristallisant certaines critiques : le choix de Rubis de développer une nouvelle activité dans l’énergie photovoltaïque, matérialisé par le rachat de la société Photosol en 2022, le groupe ne compte pas revenir en arrière. "Vendre Photosol n'est naturellement pas à l’ordre du jour" a répondu Jacques Riou à un investisseur qui demandait que la société allait se "débarrasser de cette activité non rentable".

 

Des pertes temporaires dans le photovoltaïque

 

De fait, le secteur des énergies renouvelables, et en particulier le photovoltaïque, demande des investissements lourds, avec des rendements souvent plus longs à se matérialiser par rapport aux activités historiques de Rubis. Certains analystes et investisseurs expriment ainsi des doutes quant à la rentabilité immédiate de cette diversification.

"Comme tout développement rapide dans un domaine tel que celui-ci, il faut prévoir quelques années pour que les résultats atteignent l’ambition que nous poursuivons", a expliqué Jacques Riou. Et bien que Rubis "traverse actuellement une phase pendant laquelle Photosol génère des pertes", le groupe est "pleinement capable de gérer cette phase de transition en attendant d’atteindre un rythme de croisière", a précisé Marc Jacquot, directeur financier.

Par ailleurs, "en matière d'allocation du capital, Rubis dispose des ressources nécessaires, avec un cash-flow suffisant, pour continuer à distribuer aisément un dividende", a-t-il ajouté. La gérance du groupe prévoit ainsi d'augmenter le dividende à 2,03 euros par action, soit une hausse de 2,5 % par rapport à 2023, lors de l’assemblée générale des actionnaires du 12 juin prochain.

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