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Rubis : le prix de la transformation fait réagir son premier actionnaire / Des réserves sur la dilution avant le vote de décembre
Le premier actionnaire de Rubis approuve la sortie de la commandite, mais pas son prix. Quelques heures après l’annonce du projet de transformation en société anonyme, Patrick Molis, qui détient 9,4 % du capital, a contesté le montant de la compensation prévue pour les associés commandités. « Trop généreuse », a-t-il estimé auprès de Bloomberg, à propos de l’attribution de 12,7 millions d’actions nouvelles à Jacques Riou, Gilles Gobin et sa fille Clarisse Gobin-Swiecznik, en contrepartie de l’abandon de leurs droits spécifiques. Soit l’équivalent de 12,3 % du capital actuel, alors qu’environ 10 % suffiraient, selon l’homme d’affaires, qui pourrait voter contre le projet si cette compensation n’était pas revue à la baisse.
Une compensation plus coûteuse qu'attendu
Un écart qui n'est pas anodin pour les actionnaires actuels, puisque la compensation, si elle n'entraînerait aucune sortie de trésorerie pour Rubis, se traduirait par une dilution de leur participation au capital. « La transformation en Société Anonyme a un coût pour les actionnaires minoritaires », relevait lundi Oddo BHF, qui tablait jusqu’ici sur une dilution de 7,5 % seulement dans son modèle de valorisation. Le bureau d’études rappelait également un précédent : le cabinet Ledouble, expert indépendant chargé d’évaluer la compensation proposée par Rubis, avait déjà exercé cette mission lors de la transformation de Lagardère en société anonyme, en 2021, qui s’était accompagnée d’une dilution de 7,6 %.
Un contradicteur familier
L'objection de Patrick Molis s'inscrit dans une relation déjà difficile avec Rubis. Après avoir critiqué par le passé la gouvernance du groupe et sa diversification dans le solaire, l'homme d'affaires s'était de nouveau opposé à la direction lors de l'assemblée générale de juin dernier, en tentant de faire élire Yann Dever au conseil de surveillance. La résolution avait été rejetée, avant que Patrick Molis ne démissionne à son tour du conseil en août, sans en préciser publiquement les raisons. Cette fois, il affirme également, selon Bloomberg, ne pas avoir été consulté sur les modalités de la transformation.
Reste à savoir si ces réserves trouveront un écho. Le projet devra recueillir les deux tiers des voix lors de l’assemblée générale extraordinaire du 9 décembre, sous réserve que l’AMF ait constaté qu’aucune offre publique de retrait n’est nécessaire. Seul, Patrick Molis ne dispose pas d’une minorité de blocage, mais son poids dans le scrutin dépendra notamment du taux de participation, tandis que l’attitude d’autres actionnaires de référence comme Bolloré (6 %) ou Dassault (5,7 %) pourrait rendre le scrutin plus serré si la contestation venait à s'étendre.
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