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Sfil surpasse ses records d’émissions et de prêts verts en 2024 / Un périmètre d’action élargi pour 2025

L’année 2024 a été marquée par des résultats exceptionnels pour la Sfil, avec des émissions record de 9 milliards d’euros et une forte avancée dans les prêts verts, soutenant la transition énergétique. Parallèlement, la Commission européenne a élargi le champ d’action de la Sfil, permettant à l’institution de participer à des opérations de refinancement à l’exportation soutenues par d’autres agences européennes. Cette nouvelle dimension ouvre des perspectives de croissance considérables pour 2025, consolidant la position de la Sfil dans le financement durable et stratégique.
Philippe Mills, le directeur général de Sfil
Philippe Mills, le directeur général de Sfil

Le premier semestre avait déjà donné le ton. L’exercice 2024 aura été marquant à bien des égards pour la Sfil, qui a tout à la fois réalisé le deuxième meilleur résultat de son histoire, confirmé son rôle clé dans le financement du secteur public local français et la dynamique de son activité de crédit-export.

A 75 millions d’euros, le résultat net récurrent a progressé de plus de 15 % par rapport à 2023 et se révèle "supérieur de plus de 25 % à la moyenne de 2019-2023", a souligné Philippe Mills, le directeur général de la banque publique, filiale de la Caisse des Dépôts, lors d’une conférence téléphonique. Celui-ci confirmant comme au premier semestre, que "la Sfil a franchi un cap en termes de dimension et d’échelle dans ses activités."

Cette dynamique a été particulièrement visible dans l’activité historique de l’établissement, le financement du secteur public. En collaboration avec La Banque Postale et la Banque des Territoires, la Sfil a octroyé 6,3 milliards d’euros au secteur public local français en 2024, en hausse de 46 % par rapport à 2023, un montant record depuis sa création en 2013. Une performance dont les collectivités locales ont été les moteurs, avec un volume de prêts octroyés atteignant 5,8 milliards d’euros, soit une hausse de 45 %, "un tiers de plus que la moyenne des cinq années précédentes", a également observé Philippe Mills.

 

Un moment favorable du cycle électoral

 

Le climat politique instable n’a pas empêché les collectivités d’accélérer leurs projets d’infrastructure. Le fait est qu’à l’approche de la fin du cycle électoral communal, avec les élections municipales de mars 2026 en ligne de mire, les élus sont souvent dans une phase où ils cherchent à concrétiser leurs projets avant la fin de leur mandat. Pour ce faire, face à une capacité d’autofinancement plus contrainte et dans un contexte de baisse des taux d’intérêt, ils s’appuient davantage sur l’emprunt.

Point important dans ce domaine, l’année 2024 a marqué le franchissement de seuils symboliques dans les prêts RSE, en particulier pour les collectivités locales, les hôpitaux publics et le crédit export. Pour la première fois, le milliard d’euros a été dépassé en matière de prêts verts aux collectivités : ils ont augmenté de 31 % par rapport à 2023, pour atteindre 1,2 milliard d’euros. "En tout, nous avons accordé plus de 2 milliards d’euros de prêts verts et sociaux aux collectivités locales, plus de 2,5 milliards pour le secteur public local, incluant les prêts sociaux aux hôpitaux publics, et plus de 3 milliards de prêts, en incluant certains crédits export dans ces prêts verts", a souligné Philippe Mills.

En matière de crédit export, si 2023 avait été une année exceptionnelle avec 6 opérations réalisées pour un financement total de 5 milliards d’euros, l’année écoulée a été marquée par 5 opérations pour un montant total de 2,4 milliards, dépassant ainsi la moyenne de 2 milliards d’euros depuis le lancement de cette activité en 2016.

Dans ce contexte d’activité soutenue, "ce qui fait véritablement la force de Sfil est sa capacité de financement, un atout qui s’est clairement manifesté en 2024", a également fait valoir le directeur général de la banque. Celle-ci a réalisé l’an dernier un volume record de 9 milliards d’euros d’émissions, le plus élevé jamais atteint de son histoire, surpassant le précédent record qui était de 8 milliards d’euros. Il y a eu 331 participants aux émissions de la Sfil en 2024, un chiffre bien au-delà des 200 à 250 investisseurs habituels, et une augmentation de 50 % en moyenne par rapport aux années précédentes.

 

Une gestion opérationnelle optimisée

 

"L’autre facteur clé de notre performance remarquable réside dans notre gestion opérationnelle. Nous avons réussi à maintenir nos frais généraux sous contrôle, ce qui se reflète dans notre coefficient d’exploitation, qui atteint 54 %, soit 6 points de moins qu’en 2023. Cela témoigne de notre efficacité accrue.", a souligné Philippe Mills. Dans le même temps, la solvabilité de la Sfil a franchi un seuil important. A la suite de la décision du Collège de l’ACPR de traiter les expositions sur la plupart des collectivités locales françaises comme des expositions sur l’administration centrale française, son ratio CET1 a atteint 42 % à la fin de 2024, contre 37 % en 2023.

L’année 2025 démarre sous des auspices tout aussi favorables, d’autant plus que les décisions récentes et les développements stratégiques viennent renforcer la solidité des fondations de Sfil. Avec l’élargissement du périmètre d’intervention autorisé par la Commission européenne et la possibilité d’intervenir sur des opérations de refinancement à l’exportation soutenues par d’autres agences de crédit-export européennes ou des bailleurs multilatéraux, le groupe s’ouvre de nouvelles perspectives de croissance.

Cela pourrait inclure des opérations d'exportation directe de produits français, intégrées dans des contrats plus vastes garantis par une agence de crédit-export d’un autre pays de l’UE. Mais aussi des engagements d’achats, "notamment pour des matières premières dont la France a besoin, particulièrement pour la transition énergétique, comme le lithium, les terres rares, etc. Si, par exemple, un projet bénéficiant d’une garantie d’exportation concerne une mine de lithium et que ce lithium est destiné à un engagement d’achat français, alors nous serons en mesure de participer à ce crédit export. L’objectif final étant de soutenir la transition écologique et de renforcer la souveraineté.", a expliqué Anne Crépin, la directrice Crédit Export de la Sfil.

 

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