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Ursula von der Leyen / Davos

Compétitivité : Ursula von der Leyen va annoncer un plan basé sur le rapport Draghi / Les trois piliers de la stratégie

Au Forum économique mondial, la présidente de la Commission européenne a indiqué que Bruxelles allait, la semaine prochaine, présenter sa feuille de route pour les cinq prochaines années en matière d’accroissement de la compétitivité européenne. Inspirée du rapport Draghi, elle aura notamment pour objectif d’accroître la productivité du Vieux continent.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne - FABRICE COFFRINI / AFP
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne - FABRICE COFFRINI / AFP

"L’Europe doit passer à la vitesse supérieure si elle souhaite maintenir sa croissance pendant les 25 prochaines années". Invitée du Forum économique mondial de Davos, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré qu’elle allait dévoiler la semaine prochaine la feuille de route de l’exécutif européen en matière de compétitivité.

Et cette dernière s’appuiera sur le rapport Draghi, a fait savoir l’Allemande. Pour mémoire, réalisés à la demande de Bruxelles par l’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), ces travaux pointent le fait que les gains de productivité du travail ont plus fortement ralenti au sein du Vieux continent que chez l’Oncle Sam, ce qui explique le décrochage relatif au niveau économique. Des gains de productivité qu’il apparaît indispensable de revivifier compte tenu, en plus de cela, des retombées de la mauvaise pente démographique prise par l’Europe (si le taux de croissance moyen de la productivité affiché par l’UE depuis 2015 se maintenait, son Produit intérieur brut ferait du surplace jusqu’en 2050).

Pour renverser la vapeur, l’ex-président du Conseil des ministres d’Italie a mis sur la table 170 propositions dans son rapport de 400 pages parmi lesquelles on peut trouver la refonte des règles de concurrence de l’UE, la création d’une agence européenne pour l’innovation de rupture (la Darpa américaine est citée en exemple) ou encore la mise en place d’emprunts conjoints à l’image du plan de relance européen de 750 milliards d’euros (NextGeneration EU).

En priorité, Bruxelles souhaite accroître la productivité en comblant les écarts en matière d’innovation, élaborer un plan conjoint pour la décarbonation et la compétitivité, remédier aux pénuries de compétences et de main-d’œuvre et réduire les formalités administratives. "Cette stratégie a pour but de permettre une croissance plus rapide, plus propre et plus équitable, en veillant à ce que tous les Européens puissent bénéficier des évolutions technologiques", a prévenu Ursula von der Leyen, qui a parlé d’une stratégie reposant sur trois piliers.

D’une part, "l’Europe a besoin d’une Union des marchés des capitaux profonds et liquides. L’épargne des ménages européens s’élève à près de 1 400 milliards d’euros, alors qu’elle ne représente qu’un peu plus de 800 milliards aux États-Unis. Mais les entreprises européennes peinent à tirer parti de cette situation et à recueillir les financements dont elles ont besoin. Cela est dû à la fragmentation de notre marché des capitaux intérieur. Qui chasse les capitaux hors de l’Union : quelque 300 milliards d’euros provenant de l’épargne des ménages européens sont investis à l’étranger – et ce chaque année", a-t-elle déploré.

En conséquence de quoi, "nous allons créer une Union européenne de l’épargne et des investissements. Avec de nouveaux produits d’épargne et d’investissement européens, de nouvelles incitations à l’investissement en capital-risque, et un nouvel élan pour permettre aux investissements de circuler librement dans toute notre Union. Nous mobiliserons davantage de capitaux afin d’assurer le succès de l’innovation "made in Europe" et d’encourager la prise de risque", a-t-elle annoncé.

D’autre part, Ursula von der Leyen souhaite faciliter nettement l’activité des entreprises dans toute l’Europe. "À l’heure actuelle, le marché unique européen présente toujours bien trop de barrières nationales. Les entreprises doivent parfois composer avec 27 législations nationales", a-t-elle dénoncé.

"En lieu et place de cela, nous proposerons aux entreprises innovantes d’exercer leurs activités dans toute l’Union suivant un ensemble unique de règles. Nous l’appelons le 28e régime. Droit des sociétés, insolvabilité, droit du travail, fiscalité… un cadre unique et simple dans toute l’Union. Cela aidera à faire tomber les obstacles les plus courants qui empêchent de passer à l’échelon supérieur dans toute l’Europe. Car l’échelon continental est notre plus grand atout dans un monde de géants", a-t-elle lancé.

Enfin, l’énergie constitue le troisième pilier. "Actuellement, l’Europe produit déjà davantage d’électricité éolienne et solaire que d’électricité issue de combustibles fossiles, tous types confondus. Mais nous avons encore du travail à accomplir pour faire en sorte que ces bénéfices profitent également aux entreprises et aux particuliers", a expliqué Ursula von der Leyen.

Ursula von der Leyen juge qu’il ne faut pas seulement continuer à diversifier le bouquet énergétique et développer davantage les renouvelables et, dans certains pays, le nucléaire. "Nous allons devoir investir dans les technologies énergétiques propres de dernière génération, comme la fusion, les systèmes géothermiques améliorés et les batteries à électrolytes solides. Nous devons aussi mobiliser davantage de capitaux privés afin de moderniser nos réseaux électriques et nos infrastructures de stockage", a-t-elle fait valoir.

"Nous devons supprimer toutes les barrières qui continueraient à faire obstacle à notre Union de l’énergie. Et nous devons mieux relier nos systèmes énergétiques propres et à faibles émissions de carbone. Tout cela fera partie du nouveau plan que nous présenterons en février. Il est temps de parachever notre Union également dans le domaine de l’énergie, afin de permettre la libre circulation des énergies propres à travers notre continent et de faire baisser les prix pour tous les Européens", a déclaré la présidente de la Commission européenne.

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