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Bureau Veritas / Wendel / Laurent Mignon

Wendel se donne les moyens de sa stratégie de portefeuille / Et persiste et signe sur la création de valeur à venir de Bureau Veritas

En émettant pour 750 millions d’euros d’obligations échangeables en actions Bureau Veritas, Wendel vient rapidement de se donner les moyens de déployer la stratégie active d’investissement tout juste annoncée par Laurent Mignon, son directeur général. L’occasion pour les souscripteurs de profiter de la confiance de la société dans la création de valeur promise pour son principal actif.
Laurent Mignon, le président de Wendel - Romain GAILLARD/REA
Laurent Mignon, le président de Wendel - Romain GAILLARD/REA

De la parole aux actes. Moins d’une semaine après avoir annoncé qu’il se lançait dans une politique de gestion de portefeuille très active avec l’ambition d’investir environ 2 milliards d’euros dans les deux prochaines années, le groupe Wendel vient de se donner les moyens de ses ambitions. La société d’investissement française a annoncé mercredi le succès d’une émission obligataire à échéance 2026 d’un montant de 750 millions d’euros. Cette somme s’ajoutera donc aux 961 millions d’euros de trésorerie disponible et aux 750 millions d’euros de ligne de crédit non tirée dont le groupe a fait état lors de la récente publication de ses résultats 2022.

Les obligations émises sont particulières. Elles seront échangeables en actions du groupe de certification et de contrôle de la qualité Bureau Veritas qui constitue la plus grosse part du portefeuille d’investissement de Wendel, qui détient 35,5 % de son capital. Dans trois ans, Wendel pourra ainsi rembourser cette obligation, au choix, soit en cash soit en actions Bureau Veritas soit les deux. Dans le cas où il choisirait la deuxième option, le groupe conserverait une participation d’environ 30,6 % du capital dans sa filiale.

L’intérêt de procéder ainsi est double. Etant donné la qualité de crédit à la fois de Wendel et de Bureau Veritas, l’émetteur obtient un financement plus attractif que s’il avait lancé une obligation simple sur le marché : l’obligation échangeable s’assimile à un prêt sur gages avec une option d’achat consentie à l’investisseur sur les titres détenus en portefeuille.

D’autre part, même si l’opération pourrait se solder par une baisse (limitée) de sa participation dans Bureau Veritas dans trois ans, Wendel envoie un signal de confiance dans la création de valeur de son principal actif. Une confiance dont témoigne la prime de conversion. Il est prévu en effet que le prix d’échange soit fixé avec une prime de 25 % au-dessus du cours de référence de l’action, soit précisément 32,2935 euros, a indiqué le groupe à l’annonce du succès de son émission. Et ce à comparer avec le cours de 26,08 euros de Bureau Veritas à la clôture de mercredi.

Plutôt que d’avoir vendu pour 750 millions d’euros d’actions Bureau Veritas, ce qui aurait signifié que Wendel jugeait le cours de Bourse de son actif correctement valorisé, le groupe a toujours pleinement intérêt à s’impliquer dans la gestion de sa filiale, conformément à l’engagement pris par Laurent Mignon. Le dirigeant a même annoncé la semaine dernière que cette implication serait "plus active" afin de s’assurer que "[la] création de valeur se matérialise".

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