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AXA / Alban de Mailly Nesle
AXA encaisse la facture climatique / Sans revoir ses ambitions pour 2026
Pendant trois ans, la facture des catastrophes naturelles était restée sous l’enveloppe qu’AXA lui réserve chaque année. Ce n’est plus le cas. Après un premier semestre relativement clément, le troisième trimestre a vu s’enchaîner la grêle, les orages violents et la sécheresse, en France et en Suisse notamment, deux pays où l’assureur détient de fortes parts de marché. Sur neuf mois, le coût de ces sinistres dépasse désormais le niveau prévu au prorata de l’année, sur la base d’une enveloppe annuelle de 4,5 points de ratio combiné, qui rapporte le coût des sinistres et les frais aux primes encaissées. Par comparaison, à fin juin, il n’en représentait que 3,5 points, relève le bureau d’analyse financière Oddo BHF.
Faut-il dès lors acheter davantage de réassurance, d’autant que celle-ci devient meilleur marché ? « Pris individuellement, ces sinistres sont relativement peu importants. Pour que la réassurance puisse les couvrir, il faudrait abaisser considérablement le seuil à partir duquel elle intervient. », a répondu vendredi Alban de Mailly Nesle, le directeur financier, à un analyste de Berenberg. Autrement dit, il faudrait que les garanties se déclenchent pour des sinistres moins importants, alors que les réassureurs privilégient la couverture des catastrophes majeures. Ces dommages de taille moyenne qui se multiplient restent donc, pour l’essentiel, à la charge d’AXA.
Le groupe n’en confirme pas moins ses objectifs 2026 : un résultat opérationnel d’environ 8,6 milliards d’euros, une croissance du résultat opérationnel par action dans le haut de la fourchette de 6 % à 8 % et une rentabilité des capitaux propres dans le haut de celle de 14 % à 16 %. Il invoque la diversification de ses métiers et la prudence de son provisionnement. Des reprises de provisions devenues excédentaires, lorsque le coût de sinistres d’exercices antérieurs se révèle inférieur aux estimations initiales, pourraient aussi compenser une partie du surcoût, estime le cabinet de recherche AlphaValue. « Cette sinistralité plus élevée ne remet pas du tout en cause la trajectoire du résultat du groupe, qui reste pour rappel, largement surprovisionné », juge pour sa part Oddo BHF. Une trajectoire qui suppose, précise AXA, que ni les catastrophes naturelles ni les conditions tarifaires ne se dégradent sensiblement. Or les prix évoluent à deux vitesses.
Des prix plus rapides que les sinistres
Chez les particuliers, la dynamique reste soutenue. Les primes y progressent de 7 %, à 17,2 milliards d’euros, grâce à des hausses de prix de 4 % et une augmentation des volumes de 3 %. AXA a également gagné 2,4 millions de contrats nets en neuf mois. « Les hausses de prix que nous constatons font plus que compenser l’inflation des sinistres du côté des particuliers, très clairement », assure le directeur financier. Le dépassement des attentes des analystes dans l'assurance dommages doit toutefois être relativisé : il s'explique en grande partie par la reprise en direct, plus rapide que prévu, de contrats jusqu'alors assurés par des partenaires de Prima, l'assureur italien racheté fin 2025, souligne AlphaValue. AXA a déjà repris en direct environ 30 % des primes collectées par Prima et vise près de 100 % en 2027.
Chez AXA XL, les marges avant les volumes
Le tableau est tout autre chez AXA XL, la filiale consacrée aux grands risques d’entreprises et à la réassurance. Un analyste de Goldman Sachs a cru y déceler une amélioration des prix au troisième trimestre. Alban de Mailly Nesle a tempéré : hormis un mieux dans les lignes financières, les tendances restent celles du premier semestre, avec des tarifs en dommages aux biens toujours en recul de 7 %. « Les marges restent attractives et supérieures à nos seuils de rentabilité », affirme-t-il pourtant. Chez AXA XL Assurance, la baisse moyenne des tarifs reste limitée à 0,9 %, nettement moins que sur le marché. Cette résistance reflète la sélection des risques opérée par le groupe, qui préfère renoncer à certains contrats plutôt que de sacrifier sa rentabilité. Les primes d’AXA XL Assurance reculent ainsi de 1 %, celles de la réassurance de 9 %, à 2,2 milliards d’euros.
Le même arbitrage s’observe en santé, dont les primes progressent de 7 % sous le seul effet des hausses de tarifs. « Nous prévoyons très clairement d’accroître les volumes en santé dans le prochain plan. Mais pour l’instant, sur ce trimestre, nous avons continué à privilégier la marge », explique le directeur financier. Cette ambition figure dans Growing Forward, le plan stratégique pour 2027-2029 présenté mi-septembre. Le groupe entend également accélérer dans l’assurance dommages, avec une croissance de ses revenus supérieure à 5 %, grâce notamment au retour attendu d’AXA XL à la croissance après le recul enregistré sur les neuf premiers mois de 2026.
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