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AXA / Thomas Buberl

AXA ouvre un nouveau cycle de conquête / Le nouveau plan cible plus de 5 % de croissance annuelle

Thomas Buberl veut faire entrer AXA dans une nouvelle phase. Après avoir simplifié le groupe et restauré ses marges, l’assureur mise désormais sur la croissance organique, la fidélisation et l’IA pour accélérer jusqu’en 2029.
Thomas Buberl, le directeur général d'AXA. (Photo by Anne-Christine POUJOULAT / AFP)
Thomas Buberl, le directeur général d'AXA. (Photo by Anne-Christine POUJOULAT / AFP)

En assurance dommages, Axa ne cherche plus coûte que coûte à gagner des points de marge, il veut désormais gagner des parts de marché. Présenté ce 15 septembre, le plan stratégique « Growing Forward », qui couvrira les années 2027 à 2029, marque ce changement de priorité après une décennie consacrée à simplifier le groupe, réduire les risques de son portefeuille d'assurance vie et hisser sa rentabilité parmi les meilleures du secteur. « L'ambition centrale, c'est l'esprit de conquête », a résumé mardi Thomas Buberl, son directeur général, devant la presse réunie au siège du groupe, avenue Matignon à Paris.

Un virage rendu possible par les résultats du plan en cours, Unlock the Future, Unlock the Future, qui a rempli son office. Axa se dit en voie d'atteindre le haut de ses fourchettes cibles pour 2026, avec un résultat opérationnel attendu autour de 8,6 milliards d'euros. « Nous sommes aujourd'hui exactement là où nous voulions être », assure Thomas Buberl. En assurance dommages, le ratio combiné tourne autour de 91 %, un niveau déjà parmi les meilleurs du marché selon la direction. Le groupe entend désormais préserver ce niveau de rentabilité tout en accélérant sur le chiffre d'affaires, attendu en croissance de plus de 5 % par an. La conquête visera en priorité l'assurance dommages des particuliers et des PME, ainsi que la vie et la santé, soit 83 % du chiffre d'affaires. Chez Axa XL, confronté à la baisse des tarifs des grands risques, la priorité restera la gestion du cycle.


Fidéliser avant de conquérir


Le premier gisement de croissance se trouve dans la fidélisation. En assurance dommages des particuliers, 55 % des entités d'Axa font mieux que leur marché local pour attirer de nouveaux clients, mais seulement 30 % pour les retenir. Le groupe vise un gain de 70 points de base du taux de rétention chez les particuliers et de 60 points de base chez les PME et ETI, grâce à des outils d'IA mis à la disposition de ses réseaux et à une tarification mieux calibrée. La distribution directe doit servir de second accélérateur : Direct Assurance en France et l'italien Prima, dont les primes ont progressé de 43 % par an entre 2023 et 2025, illustrent cette accélération, le groupe visant plus de 10 % de croissance annuelle sur ce canal. En 2029, Axa ambitionne de franchir la barre des 100 millions de clients, contre 92 millions fin 2025, et celle des 10 milliards d'euros de résultat opérationnel.


La croissance monte d’un cran


Cette ambition se traduit par un relèvement des principaux objectifs financiers. La croissance annuelle moyenne du résultat opérationnel par action est portée à une fourchette de 7 à 9 % entre 2026 et 2029, contre 6 à 8 % dans le plan actuel. Une hausse dont l’effet est en réalité plus important que le décalage de fourchette ne le suggère : la progression du cours de Bourse réduit la contribution des rachats d’actions à la croissance du bénéfice par action, a expliqué le directeur financier, Alban de Mailly Nesle. Il chiffre ainsi à deux points l’effort supplémentaire demandé à la croissance du résultat opérationnel. Il rehausse également son objectif de rentabilité opérationnelle des capitaux propres, ou ROE opérationnel, attendu entre 15 et 17 %, contre 14 à 16 % dans le plan actuel. Les remontées de trésorerie vers la holding devraient atteindre environ 25 milliards d’euros cumulés, contre plus de 21 milliards dans le plan actuel, tandis que le taux de distribution restera fixé à 75 %, dont 60 % en dividendes et 15 % en rachats d’actions. Ces objectifs reposent toutefois sur l’hypothèse d’une modération des hausses tarifaires en assurance dommages.


L’IA comme accélérateur


L'intelligence artificielle doit amplifier l'ensemble de ces leviers. Axa en attend entre 500 et 700 millions d'euros de bénéfices récurrents avant impôts d'ici à 2029, nets des investissements. Le groupe estime avoir déjà préparé le terrain : 80 % de ses collaborateurs utilisent déjà l'IA. « Nous n'avons pas été inactifs ces trois dernières années. Nous avons bâti des fondations très solides pour maintenant passer à l'échelle », a souligné Thomas Buberl. « L'IA est souvent associée à une réduction des effectifs et des recrutements. Nous prévoyons exactement le contraire : 30 000 embauches sur la durée du plan », a indiqué le dirigeant, qui entend par ailleurs consacrer environ 130 millions d'euros à la formation des salariés.

Cette priorité donnée à la croissance organique relègue les acquisitions au second plan, la politique d'allocation du capital faisant passer les dividendes et les rachats d'actions avant toute opération de M&A. Le groupe n'exclut pas pour autant des opérations ciblées, dans la lignée de Prima, de Laya en Irlande ou du portefeuille repris au Crédit Mutuel en Espagne. « Si des opportunités de ce type se présentent, nous les regarderons. Mais nous n'allons pas y consacrer tout notre temps », prévient Thomas Buberl.

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