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Axa tourne la page Ardian / Le capital change, le partenariat demeure

Née chez Axa en 1996, Ardian achève aujourd’hui son émancipation. L’assureur va céder sa participation résiduelle de 10 % aux ACM et à Wafra, tout en restant l’un des principaux investisseurs dans les fonds du gestionnaire.
Dominique Senequier, la fondatrice et présidente d’Ardian (Photo by JOEL SAGET / AFP)
Dominique Senequier, la fondatrice et présidente d’Ardian (Photo by JOEL SAGET / AFP)

Trente ans après avoir donné naissance à Ardian, Axa s’apprête à en quitter définitivement le capital. L’assureur va céder les 10 % qu’il détient encore dans le numéro un français du capital-investissement aux Assurances du Crédit Mutuel et à Wafra, déjà présents à son tour de table. Les premières porteront leur participation de 20 % à 23 %, tandis que le gestionnaire américain réalisera un investissement complémentaire, quelques mois seulement après son entrée au capital. Le montant de l’opération, dont la finalisation est attendue entre la fin de 2026 et le début de 2027, n’a pas été dévoilé.

En 1996, Claude Bébéar remet à Dominique Senequier une feuille blanche : créer l’activité de capital-investissement d’Axa. Baptisée Axa Private Equity, celle-ci s’ouvre progressivement à des capitaux extérieurs, élargit ses métiers et s’internationalise.

 

De l’émancipation au changement d’échelle

 

L’émancipation s’est faite par étapes. En septembre 2013, l’assureur avait sorti sa filiale de son périmètre sur la base d’une valorisation de 510 millions d’euros. Axa Private Equity était alors devenue Ardian, tandis que les dirigeants et les collaborateurs prenaient le contrôle du groupe. Axa avait conservé 22,6 % du capital d’une société qui affichait à l’époque 36 milliards de dollars d’encours sous gestion ou conseil. Sa participation, ramenée depuis à 10 %, a radicalement changé d’ordre de grandeur à mesure qu’Ardian portait ses actifs à 200 milliards de dollars pour plus de 1 920 clients.

Le prix de la transaction n’est pas communiqué, mais les comptes consolidés 2025 des ACM en donnent une indication. Le bancassureur y valorisait sa participation de 20 % dans Ardian à 1,178 milliard d’euros à fin décembre. Cette valeur comptable faisait ressortir une valorisation implicite proche de 5,9 milliards d’euros pour l’ensemble du capital, sans permettre de connaître le prix effectivement retenu pour la cession des titres d’Axa.

 

Axa sort du capital, pas des fonds

 

Côté Axa, le mouvement peut être rapproché du recentrage qui a conduit le groupe à céder Axa Investment Managers à BNP Paribas en 2025. Dans les deux cas, l’assureur se défait d’une participation dans la gestion d’actifs tout en préservant une relation commerciale de long terme. Devenu client de BNP Paribas dans la gestion d’actifs, Axa « poursuivra son partenariat de long terme en tant que l’un des principaux investisseurs dans les fonds d’Ardian », précise le communiqué. Le groupe se retire ainsi du capital sans se priver de l’expertise du gestionnaire. « Je me réjouis de voir ce partenariat de près de 30 ans se poursuivre, avec la confiance renouvelée d’AXA dans notre stratégie à travers ses engagements en tant que client », souligne Dominique Senequier.

Les actions mises en vente ne manquent toutefois pas d’acheteurs place Vendôme. « Les occasions d’acquérir des actions Ardian sont rares, et la demande est systématiquement très forte », relève Mark Benedetti, co-directeur général du groupe. Présentes au capital depuis l’indépendance de 2013, les ACM franchissent ainsi un nouveau palier dans leur relation avec Ardian. Leur renforcement prolonge une relation ancienne, à la fois comme actionnaire institutionnel et comme investisseur dans les marchés privés.

 

Un tour de table plus international

 

Wafra confirme de son côté un intérêt plus récent. La société d’investissement américaine, adossée à la Public Institution for Social Security du Koweït, avait rejoint le tour de table d’Ardian en 2025 à travers une première participation minoritaire. Son investissement complémentaire « vient renforcer encore notre actionnariat international, tout en préservant le modèle de gouvernance et la culture de long terme qui constituent l’un des fondements du succès d’Ardian », estime Patrick Thomas, président du comité de surveillance.

L’équilibre général du capital ne s’en trouve pas bouleversé : « Les collaborateurs d’Ardian continuent de demeurer le principal groupe d’actionnaires de la société, avec environ 40% du capital », rappelle le gestionnaire.

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