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Eurazeo met fin à sa présidence à deux têtes / Christophe Bavière seul aux commandes

Le conseil de surveillance n’a pas attendu février 2027 pour trancher. Christophe Bavière prend seul la présidence du directoire, avec pour mission d’accélérer la croissance du groupe.
26/10/2026 - 14:00
Désormais seul à la tête du directoire, Christophe Bavière doit préparer une nouvelle organisation de la gouvernance d'Eurazeo. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)
Désormais seul à la tête du directoire, Christophe Bavière doit préparer une nouvelle organisation de la gouvernance d'Eurazeo. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)

Une gouvernance singulière prend fin chez Eurazeo. Le conseil de surveillance a nommé lundi Christophe Bavière président unique du directoire, avec effet immédiat, plus de trois mois avant l’échéance des mandats en cours, le 5 février 2027. Depuis 2023, il partageait les commandes du groupe avec William Kadouch-Chassaing, les deux hommes alternant chaque année entre la présidence du directoire et la direction générale. Le mandat de ce dernier ne sera pas renouvelé. Les raisons de cette décision anticipée ne sont pas précisées, mais la publication du chiffre d’affaires du troisième trimestre, le 4 novembre, pourrait apporter quelques éclaircissements.

Le tandem avait été constitué en février 2023, après le départ de Virginie Morgon. Le conseil avait alors associé deux profils complémentaires : Christophe Bavière, fondateur d’Idinvest Partners, intégré à Eurazeo après son rapprochement en 2018, qui pilotait les levées de fonds et les relations avec les investisseurs, et William Kadouch-Chassaing, ancien directeur financier de Société Générale. Ensemble, ils devaient accélérer la transformation d’Eurazeo, historiquement société d’investissement, en gestionnaire d’actifs pour compte de tiers.

« Il y a près de quatre ans, le Conseil de Surveillance a confié au Directoire un mandat clair : construire une plateforme d’asset manager diversifiée et leader en Europe », rappelle ainsi Jean-Charles Decaux, président du conseil de surveillance. Cette transformation se reflète dans les chiffres du groupe. Les actifs gérés pour compte de tiers ont progressé de 30 % et représentent désormais près de 80 % des 40 milliards d’euros d’encours. Par ailleurs, 70 % des levées de fonds sont réalisées à l’international, tandis que la marge sur les revenus de commissions récurrents (FRE) est passée de 30,7 % en 2022 à 36 % en 2025.


L'impératif d'accélération


La plateforme de gestion est désormais en place. Reste à en tirer davantage de croissance. « Eurazeo dispose aujourd’hui de bases solides : le Groupe doit maintenant accélérer pour continuer à gagner des parts de marché dans un environnement encore plus exigeant », poursuit Jean-Charles Decaux. Les deux profils complémentaires qui avaient accompagné la transformation du groupe cèdent ainsi la place à une présidence unique, destinée à faciliter et accélérer les décisions, au moment où la concurrence pour attirer les capitaux reste vive.

Cette réorganisation intervient sous le regard du premier actionnaire d’Eurazeo, la famille Decaux, dont Jean-Charles préside le conseil de surveillance. Entrée au capital en 2017 en reprenant pour 790,5 millions d’euros les 15,4 % détenus par Crédit Agricole, soit près de 70 euros par action, la famille Decaux détenait fin 2025, via JCDecaux Holding, 21,6 % du capital et près de 30 % des droits de vote. À un peu plus de 48 euros lundi en séance, le titre reste inférieur de près d’un quart au prix d’entrée de la famille, ramené à environ 63,50 euros après les distributions d’actions gratuites de 2018 et 2019, hors dividendes perçus depuis. Ne pas attendre février peut aussi se lire comme la volonté de clarifier sans délai la gouvernance d’un groupe dont l’actionnaire de référence attend que la transformation se traduise en création de valeur.

La réorganisation n’est toutefois pas achevée. Christophe Bavière doit désormais préparer la future gouvernance du groupe, dont la composition du directoire sera arrêtée par le conseil de surveillance à l’issue des mandats en cours. D’ici au 5 février, William Kadouch-Chassaing demeure membre du directoire.

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