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Start-up / Private Equity / Eurazeo / Miya Water / EPBF

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Eurazeo s'attaque aux fuites d'eau avec Miya Water / Le fonds d’impact EPBF signe sa quatrième opération

Avec Miya Water, Eurazeo donne une nouvelle traduction concrète à la stratégie multithématique d’EPBF. Le fonds d’impact veut faire de l’efficacité des réseaux d’eau un nouveau levier de croissance et de création de valeur.
Erwann Le Ligné, Managing Partner - Co-Head - Eurazeo Planetary Boundaries Fund © Eurazeo
Erwann Le Ligné, Managing Partner - Co-Head - Eurazeo Planetary Boundaries Fund © Eurazeo

Après les organismes de lutte biologique contre les nuisibles agricoles, la chaleur puisée à deux kilomètres sous terre et l'économie circulaire appliquée à l'informatique, voici les canalisations. Eurazeo Planetary Boundaries Fund (EPBF), le fonds de buy-out à impact d'Eurazeo, a signé un accord pour prendre une participation majoritaire dans Miya Water, spécialiste de la réduction des eaux non facturées, c'est-à-dire l'eau perdue avant d'atteindre le consommateur du fait de fuites, de vols ou d'erreurs de comptage. Ses fondateurs resteront co-investisseurs. Quatrième opération du fonds, ce deal donne corps à son pari de départ : ne pas réduire l'investissement environnemental au seul climat.


Un fonds thématique, pas monolithique


EPBF avait annoncé en mars 2025 un premier closing de 300 millions d'euros, pour un objectif de 750 millions. Le fonds sélectionne ses cibles à l'aune des neuf limites planétaires, et l'eau était dans son viseur dès l'origine. « Nous cherchions justement des solutions pour préserver l'eau à grande échelle », raconte à WanSquare Erwann Le Ligné, managing partner et co-head du fonds avec Wilfried Piskula. Toutes ces limites ne sont toutefois pas également investissables en buy-out, qui suppose de trouver des entreprises suffisamment matures. L'acidification des océans, par exemple, offre encore peu de cibles. « Le climat, l'eau, la pollution et la biodiversité sont les quatre grandes thématiques sur lesquelles nous avons aujourd'hui le plus grand nombre d'opportunités », précise-t-il. l'approche s'inscrit dans une réflexion plus large d'Eurazeo sur le financement des solutions environnementales. Dans un livre blanc publié début septembre, le groupe appelait justement à changer d'échelle dans la mobilisation des capitaux vers ces marchés.

Cette diversité répond autant à une logique de gestion du risque qu’à la conviction environnementale. Un fonds qui ne ferait que des investissements liés au carbone en France s'exposerait à un même facteur de risque : « La moindre évolution réglementaire sur le carbone peut affecter l'ensemble du portefeuille », explique Erwann Le Ligné. En étant paneuropéen et multithématique, EPBF entend sécuriser à la fois son déploiement et sa performance. « Nous sommes un fonds thématique consacré aux solutions environnementales, mais assez agnostiques sur les business models », résume-t-il.


Des fuites qui financent leur réparation


Miya illustre concrètement le type de sociétés recherché. Les réseaux d'eau, souvent centenaires, peuvent perdre 20 % à 40 % de leurs volumes en Europe, et jusqu'à 70 % dans certains cas dans le monde. « C'est une caractéristique intrinsèque des infrastructures de l'eau dans le monde », souligne le dirigeant. Selon Eurazeo, ces pertes atteignent environ 126 milliards de mètres cubes par an. Le groupe évalue à près de 50 milliards d'euros annuels le marché des solutions destinées à les réduire. Fondée en 2007, Miya a mené plus de 200 projets sur cinq continents.

Sa singularité tient à ses contrats de performance. Le client peut ne s'engager initialement que sur une partie du montant des travaux. Le complément est versé au fur et à mesure de la performance délivrée. « L'amélioration de la performance permet, d'une certaine manière, d'autofinancer une partie de travaux pourtant incompressibles », détaille Erwann Le Ligné. Impact et rentabilité avancent ainsi du même pas : « Plus Miya croît, plus les réseaux d'eau sont réhabilités et plus nous économisons des millions de mètres cubes d'eau. »


Le buy-and-build, version eau


Le plan de création de valeur reprend une mécanique classique du private equity. Eurazeo compte soutenir la croissance organique sur un marché qui progresse à deux chiffres. Le groupe veut aussi mener des acquisitions ciblées dans un secteur encore fragmenté. Au Brésil comme en Europe, les terrains ne manquent pas. Sur le continent, le fonds regarde le pourtour méditerranéen, du Portugal à la Grèce, mais aussi plus au nord, notamment en Angleterre et en Irlande, où Erwann Le Ligné pointe « ces réseaux d'eau qui peuvent être vétustes et donc innéficients ».

Le fonds a désormais déployé 33 % de ses capitaux, pour un rythme visé de deux à trois nouvelles participations par an. « Quatre investissements en 18 mois, nous sommes sur le bon rythme », juge Erwann Le Ligné. Il fait état de discussions très actives pour un cinquième dossier. L'équipe regarde notamment la transition énergétique et la circularité. Dans un registre plus technologique, elle s'intéresse aussi aux outils digitaux et logiciels de mesure environnementale destinés aux industriels, au-delà du simple reporting ESG, « puisqu'un plan d'action passe d'abord par la mesure ».

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