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exclusif Les grands patrons se livrent sur WanSquare

EXCLUSIF. Nous avons demandé aux plus grandes personnalités de la finance et de l’industrie, tels Frédéric Oudéa ou Jean-Charles Naouri, ce qui les avait le plus surpris en 2014 et comment ils voyaient 2015. Et ce, le plus synthétiquement possible. Le résultat est particulièrement intéressant.
Puits de pétrole
Puits de pétrole

2015 est proche. Afin de résumer l'année 2014 et de voir comment ils voyaient 2015, nous avons demandé à des grands patrons d’entreprise mais aussi à des financiers de renom et des banquiers, ce qui les avaient le plus surpris l’année passée et à quels challenges ils s’attendaient pour celle qui s’annonce. Avec une mission commune : nous livrer leur pensée de façon la plus synthétique possible. Exercice de style particulièrement difficile tant 2014 a été riche en rebondissements de toute nature, qu’ils soient boursiers, macro-économiques ou monétaires.

Leur réponse va ainsi droit au but et en dit long sur leurs principales préoccupations. De quoi nourrir les esprits avant la rentrée du 5 janvier. Les deux questions précises étaient les suivantes : 

1 /Quel événement vous a le plus surpris en 2014 ?

2/Comment voyez-vous 2015 ?

Benoit d’Angelin, fondateur et président d’Ondra Partners

1/ "L'événement qui m'a le plus surpris en 2014 est moins la décision de l'Arabie Saoudite de ne plus réguler sa production de pétrole que celle de ne pas 'fixer' un prix plancher au cours du baril, laissant ainsi libre cours au marché pour tester de nouveaux bas."

2/ "Depuis 2010 et les programmes massifs de 'quantitative easing' des Etats-Unis, du Royaume-Uni et récemment du Japon, la valeur des actifs financiers mondiaux n'est plus fixée par le marché mais par les banques centrales. Avec la fin du QE aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, 2015 va être l'année où les marchés vont devoir réessayer de fonctionner plus ou moins 'normalement' et 'découvrir' le prix d'équilibre de ces actifs. Si on y ajoute la fin de la régulation de la production de pétrole par l'OPEP, l'assèchement de la liquidité sur les marchés obligataires mondiaux, l'intensification de la purge des cadres du parti communiste chinois et plusieurs élections cruciales en Europe, on peut s'attendre en 2015 à une très forte volatilité qui sera le premier véritable test de la solidité des nouvelles règles prudentielles. Pas certain que le regain d'activité de 2014 sur le marché des IPO et des fusions et acquisitions y résiste."

Walter Butler, président de Butler Capital Partners

1/ "Le retour du risque géopolitique et la baisse du prix du pétrole."

2/ "Une année où il sera nécessaire de commencer à régler les problèmes structurels de certains pays émergents, à commencer par la Chine et le Brésil, et maîtriser le développement de nouvelles bulles, notamment immobilières dans certains pays, mais aussi dans le crédit."

Marc Fiorentino, président d'Euroland Corporate

1/ "L'effondrement du pétrole. Pour moi c'est un événement d'une importance extrême qui rebat totalement les cartes géopolitiques et économiques."

2/ "2015, l'année où tout est possible, le meilleur comme le pire. Nous sommes en équilibre totalement instable: politique, économique, géopolitique et nous allons vivre les conséquences positives et négatives de l'effondrement du pétrole. L' Europe reste une zone d'ombre comme la Chine ; le monde ne sera tiré que par un seul moteur: les Etats Unis et les marchés boursiers vont devoir se frayer un passage entre les icebergs."

Thierry Giami, conseiller à la CDC

1/ "2014 porte la marque d'une insoutenable inertie en matière politique, économique, financière et sociale, en France et en Europe".

2/ "2015 devrait voir monter une irrépressible impatience des populations saturées par la crise."

Olivier Klein, directeur général de la BRED

1/ "Le pape, sud-américain, enjoignant à l Europe de retrouver son dynamisme, sa curiosité, sa vitalité, pour éviter le déclin. Vu de l'extérieur de l'Europe, d'Asie comme d'Amérique latine, l'Union européenne se débat avec difficulté dans un mode de régulation institutionnel très peu efficace et dans une situation de croissance proche de zéro. Comme s'il lui manquait un instinct vital. Ensemble de pays fatigués? Ou va-t-on comprendre l'urgence d'une refondation et avoir l'énergie de la provoquer? Allier 'le pessimisme de l'intelligence et l'optimisme de la volonté'."

2/ "2015: dernière année d'action politique possible avant 2017. Enclencher tout de suite les réformes structurelles qui n'ont pas pour conséquence à court terme de conduire à un ralentissement de la croissance ou à des difficultés de certaines catégories déjà peu favorisées. Exemple non coûteux à court terme: le relèvement de seuils sociaux qui provoquerait un surcroît d'embauches. La confiance est le mot clé de l'économie française en 2015. Rétablir la confiance dans l'avenir des salariés comme des entrepreneurs est la clé de la croissance."

Christophe Lambert, directeur général d'EuropaCorp

1/ "La popularité du nouveau ministre de l'économie, Emmanuel Macron, dont le profil atypique et réformiste démontre la soif des Français d'un renouvellement profond de leur classe politique dont ils attendent qu'elle s'attelle à régler sérieusement les problèmes du pays, plutôt que de se prêter à des jeux politiques médiocres."

2/ "Le retour d'une domination sans partage de l'Amérique avec ses 5% de croissance qui contraste avec une Europe atone qui devra être capable de franchir un nouveau pallier dans sa consolidation pour éviter une nouvelle crise financière et monétaire dont l'épicentre pourrait être cette fois la France."

Bernard Michel, président du conseil d'administration de Gecina

1/ "Deux Français honorés par le prix Nobel: Patrick Modiano et Jean Tirole, deux bonnes nouvelles pour une France engluée dans les problèmes économiques."

2/ "Une année intermédiaire sur le plan économique avec des réformes qui s'engagent, un climat de confiance difficile à instaurer et une croissance faible."

Laurent Mignon, directeur général de Natixis :

1/ "Sans hésiter la chute rapide et très brutale du pétrole dont les conséquences positives et négatives ne sont pas encore connues, sauf impact immédiat sur les pays aux économies qui en sont très dépendantes: Russie et Vénézuela."

2/ "Des incertitudes économiques notamment dans les pays émergents, entraînant une grande volatilité potentielle et une opportunité de croissance en Europe à condition qu’elle soit accompagnée des mesures structurelles indispensables."

Frédéric Oudéa, président-directeur général de Société Générale :

1/ "La crise en Ukraine mais aussi la chute très brutale du prix du pétrole (baisse de 40% en deux ou trois mois quand même !)." 2/ "L'année du meilleur ou du pire. Difficile de savoir si les planètes seront alignées pour amorcer un début d’amélioration ou si au contraire les multiples risques économiques et géopolitiques se traduiront par de nouvelles turbulences inattendues. Restons vigilants !"

Jean-Charles Naouri, président-directeur général du groupe Casino.

1/ "L' élément le plus imprévu aura été la forte baisse des prix du pétrole".

2/ "Une économie boostée par la rare conjonction de taux d'intérêt bas, de prix du pétrole bas et d'un euro faible, mais accompagnée de crises brutales, intervenant dans des domaines variés (domestique et international ; économique et géopolitique)".

Colette Neuville, présidente de l'Adam

1/ "Le retour des nationalismes qui ont notamment poussé l'Etat français à s'immiscer dans la vie des entreprises privées comme on a pu le voir dans les dossiers SFR et Alstom, et ce, sans prendre aucun risque financier."

2/ "En 2015, les entreprises vont devoir gérer et prendre en compte de nouveaux risques liés à leur internationalisation: risques géopolitiques, financiers, de corruption. Un challenge majeur car celles qui ne prendront pas les mesures qui s'imposent verront leur développement compromis ou devront s'acquitter de lourdes amendes."

Georges Pauget, président d'Economie, finance et stratégie et administrateur d'Eurazeo, Valeo et Club Med

1/ "L'ampleur de la baisse du pétrole."

2/ "L'Europe est incapable de définir une politique. Elle accumule son retard par rapport aux autres économies."

Jean Rognetta, président de PME Finance

1/ "2014: nous avons été surpris que le gouvernement Valls n'accorde pas aux PME la même priorité que son prédécesseur: pas de ministre des PME, peu de soutien politique au développement du PEA-PME..."

2/ "Les entrepreneurs reprendront espoir si la conjoncture se redresse (contre-choc pétrolier, chute de l'euro...) et si les mesures PME sont renforcées et complétées. Seule cette persévérance politique pourra permettre au gouvernement et au Président de la République de commencer à tirer profit des réformes en cours."

Sophie Stabile, directrice générale finances d'Accor

1/ "Entre gel et dégel, de la Russie à Cuba: de grands équilibres géopolitiques ont été bouleversés jusqu’en ces derniers jours de 2014. Il est néanmoins difficile d’en mesurer toute la portée et les conséquences."

2/ "Dans la même veine que 2014. Des instabilités politiques en Europe de l’Est, des perspectives de croissance malmenées par l’épidémie d’Ebola en Afrique. On peut également craindre la poursuite de la montée de l’islamisme à travers de nouvelles formes de manifestations violentes… Une France empêtrée dans ses problèmes politiques avec la conférence Paris Climat 2015 très attendue en fin d’année."

Olivier Zarrouati, président du directoire de Zodiac Aerospace

1/ "Je dois avouer avoir été assez surpris de la rapidité de l'évolution de paramètres d'environnement importants comme le cours du brut, les parités de changes, et par l'évolution très 'construite' de la situation politico-économique chinoise. En France, en revanche, il n'y a malheureusement pas eu de divine surprise. L'enchaînement des événements était hélas si prévisible! Avec le recul, ceci n'est qu'une invitation de plus à penser vraiment notre développement de façon globale."

2/ "Comme une nouvelle année pleine de défis. L'E-fan, dont nous sommes partenaires, est là pour nous rappeler que les avions de demain ne ressembleront pas à ceux d'aujourd'hui. Il faudra soutenir l'innovation dans tous les domaines pour continuer à proposer au marché les produits les plus avancés. Notre profession aéronautique devra aussi rester mobilisée pour soutenir les formations spécialisées dans notre pays."

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