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Mario Draghi prudent devant le Parlement européen
Comme tous les trimestres, le président de la BCE avait rendez-vous cet après-midi avec la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen. Et, il avait cette fois-ci pour tâche d'aborder le rôle de l'innovation financière dans la zone euro, répondant à la requête des eurodéputés sur le sujet.
Sans surprise, le président a rappelé dans un premier temps, que l'inflation sous-jacente de la zone euro était encore trop basse pour envisager un resserrement monétaire, estimant que la hausse des prix récente résultait avant tout de celle de l'énergie. Si les économistes de la BCE devraient présenter, lors de la réunion des gouverneurs la semaine prochaine, leurs nouvelles prévisions macro-économiques, il est peu probable qu'elles modifient profondément la trajectoire adoptée par Draghi depuis le début de l'année. Comme l'a rappelé le président de la commission du Parlement en début de séance, la BCE "n'a pas modifié sa politique depuis la dernière audition du président devant le Parlement le 6 février". Et Draghi a de son côté réaffirmé qu'il demeurait convaincu que la politique accommodante menée par son institution et notamment la forward guidance, "étaient encore nécessaires, vu le niveau actuel des ressources non utilisées et non ré-absorbées et pour permettre le retour à une inflation durable proche de 2%".
Le président a ensuite rappelé que la faiblesse des taux ne résultait pas uniquement de la politique monétaire menée par la BCE. Si celle-ci a bien un impact sur les taux réels, la faiblesse des taux nominaux est en revanche la conséquence de la hausse du taux d'épargne liée au vieillissement de la population européenne, de la baisse des dépenses publiques et de celle de la productivité. Seules des réformes structurelles permettront d'y remédier, a martelé le président de la BCE.
Draghi a ensuite souligné comment l'innovation financière et en particulier les fintech, était en train de modifier le paysage monétaire et financier de la zone euro. Et de citer notamment l'exemple de la blockchain dont le développement très rapide exige un suivi important de la part de la BCE, afin d'assurer que les systèmes de paiement et de compensation continuent de bien fonctionner, et éviter une fragmentation du marché des bases de données distribuées (distributed ledger technologies) au sein de la zone euro. Les fintech permettent également de fournir des services financiers plus efficaces auprès des consommateurs, a souligné Mario Draghi, ou encore d'assurer des activités de prêts, en complément des banques traditionnelles.
Mais selon le président, ces innovations ne sont pas sans risque et nécessitent donc une supervision particulière, adaptée à ces nouveaux outils. Mario Draghi a donc tenu à souligner le rôle de régulateur de la BCE sur le sujet, et démontré que si l'innovation financière représentait des opportunités énormes pour les citoyens et entreprises européennes, elle nécessitait sans doute davantage de règles, vu la relative nouveauté des fintech sur le marché.
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