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La zone euro en pleine forme, mais...
Décidément la zone euro est sur une bonne lancée. Alors que l'OCDE a annoncé hier que son PIB progresserait de 1,8% cette année et la suivante, Eurostat vient de son côté de réviser à la hausse ses prévisions de croissance pour le premier trimestre. Le PIB de la zone a ainsi progressé de 0,6% entre janvier et mars, contre 0,5% initialement estimé, notamment grâce à une croissance meilleure que prévu en Italie et en France.
Eurostat a également dévoilé ce matin les composantes détaillées du PIB, qui soulignent plusieurs aspects positifs de la reprise de l'activité en zone euro. Ainsi, la consommation des ménages est restée soutenue (+0,3%), malgré la hausse des prix de l'énergie et de l'alimentation, et a ainsi contribué à hauteur de 0,2% au PIB, tandis que les investissements ont de leur côté continué de croître, de 1,3% sur le trimestre, contribuant à hauteur de 0,3% au PIB. La balance commerciale a eu un effet neutre sur la croissance, les exportations ayant augmenté de 1,2% compensées par une hausse des importations de 1,3%. Avec ce chiffre révisé à la hausse, la zone euro peut se targuer d'un rythme de croissance deux fois supérieur à celui des Etats-Unis, qui ont de leur côté affiché une hausse de 0,3% seulement au premier trimestre.
Si les Etats-Unis ont moins bien performé que la zone euro au premier trimestre, le pays reste en tête et devrait atteindre cette année une croissance de 2,1%, selon les prévisions de l'OCDE. Ce qui devrait permettre à la Fed de relever ses taux directeurs dès la semaine prochaine, tandis que la BCE devrait de son côté temporiser, lors de sa réunion de politique monétaire cet après-midi. Et pour cause : la zone euro va certes mieux, mais on ne peut pas encore considérer qu'elle va bien, estime Thibault Mercier, analyste chez Natixis. "Il faut distinguer la dynamique de croissance et le niveau d'activité", indique l'analyste. "Si la dynamique de croissance de la zone euro est bonne, le niveau d'activité est encore médiocre. La zone euro partait de loin".
Preuve que l'UEM a encore du chemin à parcourir, son niveau de chômage, situé à 9,3%, selon les chiffres d'Eurostat pour le mois d'avril. Le marché de l'emploi se reprend, si l'on considère que le taux de chômage était supérieur à 12% en 2013, mais le plein emploi est loin d'être atteint. Contrairement aux Etats-Unis où le taux de chômage est de 4,5%. Il faudra encore une amélioration significative du marché du travail pour que la BCE se décide à entamer le resserrement monétaire. Mario Draghi l'avait d'ailleurs déjà affirmé en janvier : pour relever les taux, il faudra attendre le retour de "l'inflation auto-entretenue". C'est à dire l'inflation entraînée par les hausses de salaires.
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