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Fusions, Acquisitions / M&A

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Les offres en titres, meilleur moyen de réussir un méga deal?

Les M&A à plus de 10 milliards de dollars ont établi un nouveau record depuis le début de l’année. A l’instar d’AB InBev, les acquéreurs sont de plus en plus nombreux à payer en titres mais les risques d’échec demeurent importants.
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Jamais deux sans trois. Ce matin, le brassier belgo-brésilien Anheuser Busch InBev a formulé une troisième offre, cette fois-ci publique, sur son concurrent britannique SABMiller, deuxième acteur mondial sur le marché de la bière. Il a offert 42 livres par titre, soit une prime de 44% sur le cours avant que l’acquéreur n’officialise ses intentions et une valorisation totale de 68 milliards de livres (92 milliards d’euros). Il a également formulé une proposition partielle en titres avec 2,32 livres en cash et 0,48 titre AB InBev, mais cela n’a pas suffi à amadouer la cible, qui l’a écarté au motif qu’elle la « sous-évaluait très substantiellement ». Si le groupe de tabac Altria, principal actionnaire avec 27% du capital, avait réagi en apportant son soutien à l’offre, le colombien Santo Domingo, avec 15% des titres, a opposé son refus. Le motif semble être que l’offre en titres, légèrement moins généreuse, n’est pas à la hauteur de ses attentes.

Or, c’est bien l’offre en papier qui tient le haut du pavé à l’heure actuelle pour financer un nombre toujours plus important de méga deals. Selon Dealogic, les opérations à plus de 10 milliards de dollars ont grimpé en flèche cette année, avec 45 transactions pour un total de 1 150 milliards de dollars, en hausse de 85% sur un an et le plus haut niveau jamais enregistré. La hausse atteindrait même 100% si l’on intègre l’offre du jour d’AB InBev.

Les Etats-Unis se taillent sans surprise la part du lion puisque les 33 cibles américaines de l’année ont représenté près de 75% des montants en question. Plusieurs secteurs ont été à l’honneur comme les télécoms bien sûr (rachat de Time Warner Cable par Charter Communications pour 79 milliards de dollars), l’agroalimentaire (offre de Heinz sur Kraft Foods pour 62 milliards de dollars), la santé (Signa repris par Anthem pour 55 milliards de dollars) ou encore le pétrole (One Transfer Equity qui s’est offert Williams pour 55 milliards de dollars). A noter que tous ces méga deals se sont conclus entre américains, ce qui montre la volonté des corporates de favoriser leurs compatriotes pour faire grimper leurs parts de marché.

Dans un contexte favorable où leurs cours ont grimpé depuis plusieurs mois, les corporates ont également choisi de multiplier les offres en titres, qui glanent 80% du marché des méga deals M&A depuis le début de l’année, soit plus du double par rapport à l’an passé, notamment portés par les américains. Amundi, qui a détaillé les conditions de son introduction en Bourse ce matin, a lui-même précisé que cette cotation serait susceptible de l'aider à payer des acquisitions en titres.

Mais les opérations de cette envergure ne manquent pas de risques et les acquéreurs doivent en tenir compte. Tout d’abord, les refus de la cible, qui les obligent à renoncer, comme cela a été le cas cette année pour Comcast dans son approche de Time Warner Cable, de Teva sur Mylan dans la santé ou encore de Monsanto sur Syngenta dans l’agribusiness. Mais il faut également ne pas consentir une prime trop importante, sous peine de voir réduites à néant les synergies et la possibilité de créer de la valeur. AB InBev est de ce point de vue sur le fil du rasoir : il ne doit pas sous-estimer le temps et le coût de l’intégration avant que les synergies entrent en œuvre. Et selon l’analyste de RBC, une offre à plus de 42 livres par titre serait automatiquement destructrice de valeur. Il est donc essentiel à un moment donné de savoir se raisonner et renoncer à une cible qui aurait certes permis de créer un géant mondial de la brasserie.


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