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Tikehau Capital cherche un allié pour changer d’échelle / Le gestionnaire sonde des investisseurs internationaux
Vingt-deux ans après sa fondation par Antoine Flamarion et Mathieu Chabran, Tikehau Capital se cherche un nouvel actionnaire de poids. Selon Bloomberg, le gestionnaire d’actifs alternatifs a engagé des discussions avec plusieurs entreprises et investisseurs internationaux pour leur céder une participation, afin d’« alimenter sa prochaine phase de croissance ». Une banque d’affaires a été mandatée pour conduire ce processus, en cours depuis plusieurs mois. Interrogé, le groupe ne commente pas.
La course à la taille
Pour Tikehau, la question est d’abord celle de la taille. Le groupe gérait 53,5 milliards d’euros à fin juin, pour une clientèle majoritairement européenne, dans un secteur où la consolidation ne cesse de creuser l’écart avec les géants américains. En février, il a ramené son objectif d’encours pour 2026 à « au moins » 60 milliards d’euros, contre plus de 65 milliards visés lors de sa journée investisseurs de 2022. Il a surtout changé de priorité : après la construction de la plateforme, place à la rentabilité, avec une marge de résultat récurrent tiré des commissions de gestion attendue entre 45 % et 50 % en 2029, contre 41 % en 2025, et plus de 34 milliards d’euros de collecte nette cumulée entre 2026 et 2029. Pour y parvenir, la direction mise notamment sur les investisseurs institutionnels d’Asie, du Moyen-Orient et d’Amérique du Nord. Un partenaire doté d’un réseau mondial pourrait accélérer cette conquête.
Mais cette ambition ne dissipe pas toutes les interrogations. « Tikehau ne se réinvente plus », estime un connaisseur du dossier interrogé par WanSquare, qui juge la recherche d'un investisseur « tout à fait plausible ». La piste d'un rapprochement ne serait d'ailleurs pas nouvelle. Selon cet interlocuteur, Tikehau aurait déjà discuté avec Ardian il y a environ un an, sans que ces échanges aboutissent.
La liquidité, l'autre enjeu
L’opération pose aussi la question du tour de table. Le management et les salariés contrôlent 56 % du capital, et le statut de société en commandite par actions garantit aux fondateurs la maîtrise du groupe. Autour d’eux gravitent des partenaires historiques, dont un véhicule détenu par des institutions financières françaises, la MACSF et Temasek. Le fonds singapourien a toutefois montré combien il était difficile de sortir d’un titre peu liquide. En novembre 2025, il avait cédé 1,25 million d’actions à 15,25 euros, soit avec une décote de 12,45 %, et le cours avait perdu près de 16 % sur la semaine. Le fonds n’était d’ailleurs pas totalement sorti, conservant environ 4,4 % du capital.
Cette vente a été « très mal vécue », rapporte le même connaisseur du dossier. Une question de liquidité qui, à plus long terme, pourrait également se poser pour les actionnaires historiques, dans la perspective d’une succession à un horizon d’une vingtaine d’années, selon lui. Malgré la croissance des encours, l'action Tikehau vaut moins qu'à son introduction en Bourse en 2017. Le groupe avait déjà envisagé une cotation américaine, selon des informations du Financial Times en 2024, autre piste pour accroître sa visibilité et accéder à un marché plus profond. Une piste restée sans suite à ce jour.
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