Taux - Dette Souveraine / Japon / investisseurs
Taux - Dette Souveraine
Japon / investisseurs
Les investisseurs japonais devraient peu à peu se tourner vers leurs obligations domestiques / Ils ne vont pas abandonner leurs placements à l’étranger pour autant
Un virage moins rapide qu’il n’y paraît. Les portefeuilles institutionnels japonais ne vont pas être redessinés brusquement à en croire Fitch Ratings. Pour l’heure, malgré la hausse des rendements, seul un choc stagflationniste est vu comme pouvant bouleverser l’arbitrage actuel. Il pourrait faire baisser les obligations d'Etat japonaises (JGB) et les actions, poussant les assureurs détenant des JGB dans le cadre de la gestion actif-passif et de l’adossement des provisions techniques à devoir constater des moins-values latentes selon les règles comptables.
Pour l’heure, ils ne sont, d’une part, pas tenus de le faire, et ce, même lorsque celles-ci dépassent 50 % de la valeur comptable et peuvent compter sur les plus-values réalisées via les actions pour compenser les pertes encaissées ailleurs. Le tournant serait plutôt à apprécier sur le plus long terme avec des marchés nationaux évoluant à mesure que les taux augmentent, l’offre s’ajustant naturellement à la demande avec le temps. Pour l’heure, les équipes de Fitch Ratings soulignent surtout que « la pénurie d’actifs nationaux à longue duration fait que les obligations d’entreprises notées « investment grade » n’offrent qu’un rendement à peine supérieur à celui des JGB de même duration. »
Pas à pas
A ce jour, ce seraient essentiellement les assureurs japonais qui opèrent des cessions de JGB à faible coupon et ce afin de « réinvestir le produit de ces ventes dans des titres nouvellement émis à coupon plus élevé, ce qui accroîtra les revenus de coupons futurs ». Ils disposeraient ainsi d’une marge de manœuvre plus importante afin d’augmenter les bénéfices versés aux assurés. Les investissements placés à l’étranger par les acteurs japonais pourraient quant à eux ne pas s’éroder pour une raison bien précise.
Les coûts de la couverture contre le change seraient passés de 3,5 % à la fin du premier semestre 2025 à uniquement 2,8 % actuellement. Chez Fitch Ratings, on s’attend donc à ce que ces acteurs « continuent d’acheter des obligations d’entreprises américaines notées ‘investment grade’, couvertes en devises, dans une logique de recherche de rendement, avec une certaine migration vers le bas de l’échelle de crédit, vers la catégorie « BBB », pour bénéficier d’un supplément de rendement. »
Rêve américain
Loin d’être anodin lorsqu’on sait que les investisseurs japonais sont les premiers détenteurs étrangers (1 100 milliards de dollars) de bons du Trésor américains. Une moindre attractivité de ces actifs ainsi que de l’ensemble des titres d’État étrangers aurait d’autant plus pu faire craindre une réallocation massive qu’il est anticipé par le géant américain « que les taux directeurs augmenteront plus rapidement que ne le laissent entendre les anticipations de marché sur la période 2026-2027, ce qui devrait soutenir le yen et renforcer encore l’attrait relatif des obligations d’État japonaises. »
Pourtant, s’il est effectivement question d’une hausse significative des achats de JGB par le secteur privé, les mégabanques reconstitueraient plus « prudemment leurs portefeuilles via un rééquilibrage entre titres détenus jusqu’à l’échéance et titres disponibles à la vente, plutôt que par des transactions actives. »
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