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Pasqal prend ses quartiers sur le Nasdaq / Un board sur mesure pour l'entreprise nouvellement cotée
Pasqal débarque sur le Nasdaq. La pépite française de l’informatique quantique, qui avait annoncé au mois de mars son intention de s’installer à Wall Street, va faire ses débuts en Bourse ce vendredi à l’ouverture des marchés new-yorkais, à 15h30, heure de Paris. Jeudi dans la soirée, l’entreprise, cofondée en 2019 par plusieurs physiciens, dont le prix Nobel Alain Aspect, a fait savoir que sa fusion avec la société d’acquisition à vocation spécifique (SPAC) Bleichroeder avait été finalisée. Ce SPAC étant déjà coté sur le Nasdaq, ce rapprochement donne naissance à Pasqal Holding SA, qui continuera d’exercer ses activités sous son nom d’origine. Les actions ordinaires de l’entreprise, sous le symbole "PSQL", devraient ainsi commencer à être négociées lors de la séance du jour. Sur cette opération, Lazard Frères SAS est intervenu en qualité de conseiller auprès du conseil d’administration de Pasqal, et le cabinet Orrick, Herrington & Sutcliffe en tant que conseil juridique de l’entreprise.
L’ensemble de la transaction va permettre à Pasqal de lever 280 millions de dollars (240 millions d’euros). Avec 80 millions de dollars (69 millions d’euros) de cash en réserve, issus de ses précédentes levées de fonds, la clôture de l’opération dote ainsi l’entreprise d’environ 360 millions de dollars (309 millions d’euros) de trésorerie disponible. La société s’installera en Bourse avec une capitalisation de 2 milliards de dollars, soit 1,7 milliard d’euros. Les travaux préparatoires visant une double cotation sur Euronext Paris ont été lancés en parallèle. Selon le calendrier précédemment communiqué par l’entreprise, celle-ci devrait intervenir à la fin de l’année 2026 ou au début de l’année 2027.
La feuille de route
Pasqal compte parmi les start-ups françaises de premier plan dans le quantique, dont font notamment aussi partie Alice & Bob, Quandela, C12 ou Quobly. À la suite de son introduction en Bourse, elle compte déployer ses capitaux frais afin d’accroître la production et le déploiement de ses unités de traitement quantique (QPU), de poursuivre l’exécution de sa feuille de route technologique vers l’informatique quantique tolérant aux fautes, d’élargir l’accès à sa plateforme cloud et à ses logiciels, d’approfondir l’intégration avec les infrastructures classiques de calcul haute performance, ou encore de renforcer ses activités commerciales à l’échelle mondiale, explique Pasqal par voie de communiqué. Lors de l’annonce de son projet de cotation, elle avait indiqué vouloir investir principalement dans ses infrastructures françaises, à Palaiseau.
« Ce jour n’est pas un aboutissement, c’est un accélérateur », a souligné Wasiq Bokhari, directeur général de Pasqal, à l’occasion de l’annonce. « Pasqal a été créée pour faire passer l’informatique quantique à atomes neutres de la recherche fondamentale au déploiement à l’échelle industrielle. Nous avons installé des systèmes quantiques dans des environnements d’exploitation réels, connecté nos processeurs aux infrastructures informatiques déjà utilisées par nos clients et établi une feuille de route reposant sur une plateforme matérielle unique. Celle-ci offre aujourd’hui un calcul quantique analogique de pointe et est conçue pour permettre, à terme, un calcul quantique tolérant aux fautes de premier plan », a-t-il poursuivi.
Si Pasqal est basée en France, ses activités, elles, sont internationales. L’entreprise est présente en Amérique du Nord, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie. Parmi ses clients figurent Saudi Aramco, Crédit Agricole CIB ou LG Electronics. Elle collabore également avec Microsoft et s’appuie sur des partenariats avec Nvidia et IBM. Elle compte aujourd’hui sept QPU déployés dans le monde, tandis que trois autres sont en cours de production. « Accessible dans le monde entier via le cloud, sa flotte croissante de QPU alimente déjà plus de 25 applications commerciales et de recherche dans des secteurs comme l’énergie, les services financiers et la science des matériaux », indique l’entreprise.
Une gouvernance adaptée
Pour préparer et mener à bien sa cotation, Pasqal a également renforcé sa gouvernance. À la fin du mois de juin, elle a notamment annoncé l’arrivée de Stéphane Rougeot au poste de directeur financier. Celui-ci pilotait d’ailleurs les finances de Deezer lors de son introduction en Bourse à Paris, en 2022, elle aussi réalisée sous la forme d’une fusion avec un SPAC. La société nouvellement cotée, Pasqal Holding SA, s’appuiera sur un conseil d’administration constitué à cette occasion. Il sera présidé, à titre non exécutif, par Alain Aspect. Parmi ses neuf membres figure notamment Nicolas Berdou, qui représentera Bpifrance, actionnaire de l’entreprise depuis 2021.
D’autres profils viendront apporter des expertises spécifiques. C’est par exemple le cas de Barbara Dalibard, présidente du conseil de surveillance de Michelin – l’industrie représentant un débouché de choix pour le quantique –, qui siège également au conseil d’administration de Rexel et fut auparavant, notamment, directrice générale d’Orange Business Services. Michel Combes, directeur général de Lambda et président exécutif et directeur général de Brightspeed, qui a précédemment dirigé SoftBank Group International ou Altice, compte également parmi ses membres. Tout comme Jean Raby, associé et directeur du développement et de la relation clients d’Astorg, désigné par le fonds du Conseil européen de l’innovation. Ancien directeur général de Natixis Investment Managers, il a également été directeur général adjoint, directeur financier et juridique d’Alcatel-Lucent, ainsi qu’associé chez Goldman Sachs.
Georges-Olivier Reymond, cofondateur et directeur des alliances stratégiques de Pasqal, Andrew Gundlach, président-directeur général de Bleichroeder LP, Wasiq Bokhari, directeur général de Pasqal, et Michael Blitzer, fondateur et président du fonds d’investissement spécialisé dans les actifs stratégiques Point Asset Management, viennent compléter le conseil d’administration de l’entreprise cotée. La majorité de ses membres sont indépendants au sens des règles de la Securities and Exchange Commission.
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