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Mistral et ses modèles mettent le cap sur l’Arabie saoudite / Une collaboration stratégique à plusieurs centaines de millions d'euros
Un été fructueux pour Mistral. La visite à Paris du prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, s’est traduite par l’annonce de plusieurs contrats entre la France et le royaume. Un mois après avoir décroché un contrat d’envergure avec Microsoft, la pépite française de l’intelligence artificielle prend elle aussi sa part. Humain, une start-up du fonds souverain saoudien Public Investment Fund (PIF), et la start-up parisienne ont en effet signé un accord de collaboration stratégique à « plusieurs centaines de millions d’euros ». Il porte sur l’infrastructure d’IA, le développement de modèles avancés et le déploiement de solutions d’IA en Arabie saoudite et dans toute la région.
Humain, qui a été lancée en mai 2025 dans le cadre du PIF, est présidée par le prince Mohammed ben Salmane. L’entreprise a « pour mission de développer l’ensemble de la chaîne de valeur de l’IA », est-il indiqué dans sa présentation. Des centres de données aux infrastructures cloud, en passant par les modèles et les applications, elle joue ainsi un rôle central dans « Vision 2030 », la stratégie nationale de transformation de la monarchie. Ici, dans le cadre de ce contrat, "les deux entreprises s’emploieront à développer et à localiser des modèles d’IA de pointe, en se concentrant dans un premier temps sur des domaines tels que la cybersécurité et la reconnaissance vocale. Les entreprises prévoient également de développer des modèles de pointe particulièrement performants en langue arabe afin de contribuer à prendre en charge l’ensemble de la région", indiquent-elles.
Mistral, qui collabore déjà avec d’autres États du Golfe (notamment au travers de son projet de campus d’IA porté aux côtés de plusieurs acteurs, dont le fonds souverain émirati MGX), étudiera de son côté la possibilité d’utiliser l’infrastructure de centres de données d’Humain. Une stratégie commune de commercialisation en Arabie saoudite, axée sur la mise à disposition de solutions d’IA destinées aux secteurs réglementés, sera aussi à l’ordre du jour.
Mistral tire ainsi son épingle du jeu grâce à sa capacité à adapter ses modèles aux langues de ses interlocuteurs : en février 2025, Mistral avait notamment dévoilé un modèle spécialisé pour les langues régionales du Moyen-Orient et d’Asie, prenant en charge l’arabe et plusieurs langues d’origine indienne.
Cette collaboration, indiquent les deux sociétés, vise à répondre à la demande d’IA souveraine : celle qui permet au client de garder le contrôle sur ses données, ses capacités d’intelligence, sa puissance de calcul et ses opérations. « Cela signifie que les données peuvent rester dans les limites définies par le client, que les modèles peuvent être adaptés et détenus en « openweights », que l’entraînement et l’inférence peuvent s’effectuer sur l’infrastructure et dans les pays et territoires choisis par le client, et que les systèmes d’IA peuvent être déployés, régis, surveillés et améliorés au fil du temps sans céder le contrôle de la boucle d’apprentissage à une plateforme externe », précise leur communiqué. Un aspect particulièrement important, donc, dans les services financiers, l’industrie manufacturière, les télécommunications, la cybersécurité et le secteur public.
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