WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux

Macro-économie / Taux

Hydrogène : passer de la parole aux actes / Des centaines de projets annoncés pour trop peu de décisions finales d’investissement

L’Europe veut faire de l’hydrogène renouvelable un pilier de la décarbonation de l’industrie lourde. Reste que, selon un rapport de l’Energy Industry Council, le marché européen reste en retard sur les objectifs fixés pour 2030, faute de projets suffisamment mûrs, de débouchés sécurisés et d’infrastructures disponibles.
Photo par RUSLANAS BARANAUSKAS/SCIENCE PHO / RBU / SCIENCE PHOTO LIBRARY VIA AFP
Photo par RUSLANAS BARANAUSKAS/SCIENCE PHO / RBU / SCIENCE PHOTO LIBRARY VIA AFP

Une trajectoire trop ambitieuse ? L’Union européenne vise 40 GW d’électrolyseurs et 20 millions de tonnes par an d’hydrogène renouvelable en 2030, dont 10 millions produits sur le continent et 10 millions importés. Pourtant, "le marché européen de l’hydrogène ne progresse pas assez rapidement pour atteindre ces objectifs", constate un rapport de l’Energy Industry Council. Des centaines de projets ont été annoncés depuis 2020, mais la plupart restent au stade de la faisabilité. Peu ont atteint la décision finale d’investissement ou la mise en service. Les coûts de production, la faiblesse de la demande, les incertitudes réglementaires et le manque d’électricité renouvelable freinent les investissements.

L’Allemagne apparaît comme le marché le plus avancé, avec un objectif de 10 GW d’électrolyseurs et un réseau hydrogène de 9 000 km. Mais ses ambitions d’importation dépendent de la construction d’infrastructures transfrontalières et de fournisseurs étrangers. L’Espagne dispose, elle, d’un fort potentiel renouvelable et vise 12 GW d’électrolyseurs. Mais "la plupart des projets restent au stade de la faisabilité", souligne le rapport. Au Royaume-Uni, les retards réglementaires et dans l’attribution des projets "sapent la confiance".

Pour le rapport, "les infrastructures sont un facteur déterminant du développement du marché". Les futurs réseaux européens doivent relier les sites de production aux grands consommateurs industriels. Mais nombre de ces projets sont encore au stade des études.

L’Europe dispose pourtant d’une solide industrie de l’électrolyse, avec une capacité de fabrication estimée à 8,49 GW par an. Le problème se situe donc moins dans la production des équipements que dans le passage des projets à l’investissement. La priorité est désormais de « transformer les projets en propositions susceptibles d’être financées », pointe ainsi le rapport, qui juge que cela passe par une demande mieux sécurisée, des autorisations plus rapides, une réglementation claire, des financements ciblés et un développement coordonné des infrastructures.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article