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Ingenico tourne la page Apollo / PIMCO conduit la remise à plat du capital
PIMCO était entré dans le dossier Ingenico en rachetant la dette du LBO d’Apollo. Quatre ans plus tard, le gestionnaire d’actifs revient cette fois avec 150 millions d’euros d’argent frais. Le fabricant français de terminaux de paiement a annoncé dimanche un accord visant à « remettre à plat sa structure du capital », grâce à un investissement apporté par un groupe d’investisseurs conduit par PIMCO. L’opération marque également la sortie d’Apollo du capital d’Ingenico, quatre ans après son acquisition auprès de Worldline.
Soit le nouvel épisode d’une histoire financière mouvementée depuis la sortie d’Ingenico du giron de Worldline. En 2022, Apollo avait repris les activités Terminals, Solutions & Services du spécialiste français des paiements, redevenues ensuite Ingenico, sur la base d’une valeur d’entreprise d’environ 2,3 milliards d’euros. Worldline avait cédé environ 85 % du capital à la clôture de l’opération, avant le transfert du solde début 2023.
Un LBO sous pression dès l’origine
Le calendrier du LBO s’était toutefois révélé particulièrement défavorable. Entre l’engagement pris par les banques pour financer l’acquisition et le placement de cette dette auprès des investisseurs, la remontée des taux avait brutalement fermé le marché du financement à effet de levier. PIMCO avait alors racheté aux banques plus d’un milliard d’euros de prêts ayant servi au rachat d’Ingenico, selon le Financial Times. Le gestionnaire obligataire devenait ainsi, dès 2022, un acteur central du montage financier d’Apollo, mais en qualité de créancier.
Le sursis de 2024
Deux ans plus tard, Apollo avait profité de la réouverture du marché du crédit pour refinancer le groupe. Ingenico avait lancé en février 2024 un prêt à terme de 1,1 milliard d’euros à échéance 2030. L’opération devait remplacer la dette issue du LBO, mais aussi permettre un paiement à son propriétaire Apollo, selon Bloomberg. Une classique « dividend recap », par laquelle l’endettement de la société sert en partie à faire remonter des liquidités à son actionnaire.
La capacité du groupe à supporter cette dette s’est ensuite fortement dégradée. En 2025, le chiffre d’affaires d’Ingenico a reculé de 10,7 %, à 815 millions d’euros, tandis que son EBITDA ajusté par la société s’établissait à 164 millions. Surtout, le flux de trésorerie opérationnel libre est ressorti négatif de 98 millions d’euros, selon S&P Global Ratings. L’agence faisait encore état au printemps d’un prêt à terme de 1,1 milliard d’euros arrivant à échéance en mars 2030 et d’une facilité de crédit renouvelable de 278 millions expirant en mars 2028.
PIMCO change de rôle
C’est dans ce contexte que les 150 millions annoncés aujourd’hui prennent leur véritable dimension. La remise à plat du bilan doit notamment passer par la conversion d’une partie de la dette en actions, les créanciers concernés recevant en contrepartie une participation dans Ingenico. Le montant de dette concerné et la nouvelle répartition du capital ne sont toutefois pas précisés, ce qui ne permet pas de déterminer le poids exact que détiendront PIMCO et les autres investisseurs à l’issue de l’opération. Le communiqué se borne à indiquer que le nouvel investissement doit permettre au groupe de repartir avec « un bilan solide et de nouveaux capitaux ».
« Cet accord donne à Ingenico les moyens d’avancer plus vite sur les priorités qui comptent le plus : construire d’excellents produits, simplifier les opérations de paiement et répondre aux attentes de nos clients et partenaires », souligne Floris de Kort, récemment nommé directeur général. « Avec un bilan solide et de nouveaux capitaux en place, nous pouvons mieux exécuter notre stratégie et investir dans les domaines qui définiront notre prochaine phase. »
L’argent frais doit notamment financer l’innovation produits et le développement commercial. Ingenico veut poursuivre le déploiement de sa gamme de terminaux Android AXIUM et de sa plateforme cloud Ingenico 360, qui réunit gestion des appareils, services de transaction, applications et analyse de données. Le groupe prévoit également de renforcer ses équipes dédiées aux clients et son implantation internationale, avec de nouvelles localisations à Londres, San Francisco et Istanbul.
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