Feuilleton de l'été
Feuilleton de l'été
Série d’été - ces jeunes leaders qui construisent la France de demain /
Benjamin Carantino, directeur de cabinet de la ministre déléguée à l’Energie
« Je ne me suis jamais complètement senti chez moi parmi les scientifiques. » Les jurys des concours de l’École normale supérieure (ENS) de la rue d’Ulm et de l’École Polytechnique étaient manifestement d’un autre avis. Benjamin Carantino y a été respectivement reçu premier et quatrième. « Mes inclinations profondes allaient davantage vers l’histoire et la littérature », explique-t-il dans un entretien accordé à WanSquare. Ce fils de profs, qui a fait de la physique sa discipline de prédilection durant ses années de classe préparatoire, vit son entourage l’inciter vertement à intégrer l’ENS à l’issue de maths spé. Le jeune homme lui préférera l’X, moins par esprit de contradiction que par attrait pour une école dont la structure, les traditions et la vocation à former des serviteurs de l’Etat correspondaient davantage à ses ambitions. « Avec le recul, je me dis que j’aurais sans doute été plus heureux à l’ENS à étudier les sciences humaines », confesse-t-il.
Stars de l'X
Et pour cause, Benjamin Carantino estime que ses années à Palaiseau auront été une désillusion. « L’école ne savait pas du tout ce qu’elle voulait faire de nous. On prétendait former des responsables de l’action publique tout en proposant un enseignement largement centré sur des disciplines très théoriques », souligne-t-il. Malgré tout, il retient de son passage à l’X, les enseignements de professeurs « exceptionnels ». L’un d’eux est Alain Aspect. « Une oasis intellectuelle et un conteur incroyable », décrit Benjamin Carantino. En cours, le cofondateur de Pasqal relate à ses élèves les expériences d’optique quantique qu’il mène à quelques centaines de mètres de la salle de classe et qui lui vaudront le prix Nobel de physique.
Benjamin Carantino cite également les physiciens David Quéré, avec lequel « on faisait de la physique amusante, de la belle science », et Jean-Philippe Bouchaud. Ce dernier, médaille d’argent du CNRS, est devenu une vedette de la finance de marché comme patron de Capital Fund Management (plus de 20 milliards de dollars d’actifs sous gestion). Un jour, le spécialiste de la physique statistique - comment des interactions microscopiques simples peuvent donner naissance à des comportements collectifs complexes à l’échelle macroscopique - déchire une feuille de papier avant de dévoiler la trace de son méfait à ses étudiants. « Si vous trouvez que cela ressemble à un cours boursier, c’est normal, et je vais vous expliquer pourquoi », leur lance-t-il. « C’est le cours qui m’a le plus marqué à l’X », se remémore Benjamin Carantino.
Des lois aux régularités
Après avoir intégré le Corps des Ponts, le trentenaire juge indispensable de se perfectionner en économie. « Je ne pouvais pas prétendre vouloir servir l’État sans maîtriser les sciences économiques, qui sont l’une des deux langues de l’administration avec le droit », justifie celui qui obtiendra un master à l’ENS. Benjamin Carantino aura du mal à s’acclimater à cette discipline. « En physique, la démarche consiste généralement à partir de lois fondamentales solides, puis à construire progressivement des modèles plus complexes sur ces bases. La difficulté réside alors dans le fait de comprendre comment ces lois produisent des systèmes complexes », explique-t-il. « En économie, il n’y a pas de lois fondamentales, on part du système complexe et on essaie d’identifier des régularités dans les données, de démêler la complexité pour établir des liens de causalité, et le décrire de manière adéquate. C’est une science sociale finalement, donc pour quelqu’un qui venait des sciences dures comme moi, la transition n’était pas évidente », souligne-t-il. En physique, trois lois expliquent 99% des phénomènes, en économie c'est l'inverse, a un jour déclaré le chercheur au MIT, Andrew Lo.
Il fera siennes ces arcanes et, désirant savoir s’il est capable de repousser les frontières de la connaissance, se lancera dans une thèse à Paris School of Economics (PSE) sous la direction de Laurent Gobillon et Miren Lafourcade. Le thème ? L’économie spatiale. « Jamais les individus n’ont autant changé de ville au cours de leur vie. Les études, le travail et les trajectoires professionnelles conduisent désormais à une forte mobilité géographique. Pourtant, cette mobilité ne fait pas disparaître les attentes vis-à-vis des territoires. Les habitants continuent d’exiger un accès équitable aux services publics, aux infrastructures et aux opportunités économiques, quel que soit l’endroit où ils vivent », explique Benjamin Carantino, qui s’appuiera sur les émeutes de 2005, les Bonnets rouges de 2013 et les Gilets jaunes de 2019 pour mener ses travaux. Il s’attachera à déterminer dans quelle mesure l’investissement public doit intégrer les enjeux d’équité spatiale et à identifier les leviers susceptibles de favoriser l’acceptabilité de la taxe carbone.
Thuriféraire du doute
Se posera alors la question de continuer ou non dans la recherche. « Je me suis facilement rendu compte que je n’étais pas l’un des grands esprits scientifiques de ma génération », sourit-il. « Je pense que la vie de chercheur est la plus belle de toutes, mais à condition d’avoir des choses à dire », ajoute Benjamin Carantino. « Ceux de mes camarades qui ont percé dans le monde académique n’étaient pas juste brillants, ils savaient dans quelles directions il leur fallait chercher », souligne-t-il. Toujours est-il que Benjamin Carantino décrit la thèse comme une expérience profondément formatrice, bien au-delà de l’acquisition de connaissances académiques, constituant un apprentissage de la liberté intellectuelle.
Là où les grandes écoles transmettent des savoirs établis et forment des ingénieurs capables de résoudre des problèmes clairement définis, la recherche apprend à remettre en question les évidences, estime-t-il. « C’est extrêmement précieux lorsque vous travaillez en cabinet ministériel et que vous êtes face à un lobbyiste avec son dossier au cordeau ou à une administration avec ses habitudes de pensée. Il faut toujours se dire : “Est-ce que c’est vrai ce qu’il me raconte là ?” Il faut apprendre à démonter les rouages et à les remonter », détaille le polytechnicien.
Le Trésor se met au vert
Après son périple dans la recherche, Benjamin Carantino fera cap vers le ministère de l’Économie et des Finances. Friande d’ingénieurs docteurs, la direction générale du Trésor l’accueillera en son sein, « une très belle administration, rigoureuse, exigeante et méthodique ». Il rejoint le bureau « climat » à un moment singulier de l’histoire de la politique publique française. « C’est la période où la transition écologique cesse progressivement d’être uniquement un sujet environnemental pour devenir un axe central de la stratégie économique et industrielle du pays », souligne-t-il.
Selon lui, le Trésor joue alors un rôle fondamental dans ce contexte. « C’est vraiment le think tank de l’État », pointe-t-il. Benjamin Carantino se voit rapidement confier des responsabilités importantes, notamment la direction du projet de « budget vert », exercice inédit visant à évaluer l’ensemble des dépenses publiques selon leur contribution positive ou négative à la transition écologique. Parallèlement, il participe à l’élaboration du plan de relance post-Covid piloté par le Trésor sous l’autorité du ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire. L’objectif fixé est de consacrer 30 % des financements à la transition écologique. Il contribue ainsi à définir les priorités d’investissement, notamment les premières aides à la décarbonation de l’industrie.
Son expérience se poursuit au niveau européen, où il participe directement aux négociations de plusieurs dossiers stratégiques. Il évoque notamment son rôle dans les discussions autour de la taxonomie européenne et de la place du nucléaire dans les investissements durables. Bien qu’encore relativement jeune dans la haute administration, il raconte avoir vu ces négociations techniques remonter jusqu’aux conseillers de l’Élysée, découvrant ainsi la manière dont un texte réglementaire européen de second niveau (un acte délégué) peut devenir un enjeu politique de premier plan. Il occupe ensuite un poste consacré à la négociation du règlement européen Solvabilité II, régissant les exigences en fonds propres des compagnies d’assurance selon les risques associés à leurs investissements. « À Bruxelles, je me retrouve face à un Allemand, docteur en économie, qui avait consacré sa thèse au sujet ; cela faisait dix ans qu’il était sur le dossier. C’était coton », relève-t-il, pointant l’excellente formation à la négociation que constitue cette expérience.
L’Europe, nouveau front climatique
À la fin du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, il est recruté au cabinet de Barbara Pompili, alors ministre de la Transition écologique, par son directeur de cabinet, Jack Azoulay. Son profil répond aux besoins de l’exécutif au moment où la Commission européenne présente le paquet législatif « Fit for 55 » (objectif de réduction des émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici 2030 par rapport à 1990), ensemble de quatorze textes constituant l’architecture économique et industrielle de la transition énergétique européenne. Ces textes couvrent notamment les normes automobiles, la rénovation énergétique des bâtiments, le système européen d’échange de quotas d’émission, les carburants de synthèse ou encore les infrastructures de recharge électrique.
Au cabinet, Benjamin Carantino devient l’un des principaux coordinateurs français des négociations européennes sur cet ensemble législatif. « La France a eu un rôle moteur durant cette période, grâce à la présidence française du Conseil de l’Union européenne, à l’investissement politique d’Emmanuel Macron sur les questions climatiques et à l’influence de responsables français comme Pascal Canfin au Parlement européen », analyse-t-il. Les anecdotes fourmillent pour décrire le changement de logiciel français sur la question climatique. Un jour, Benjamin Carantino tombe sur un article du Peterson Institute signé de la main de Jean Pisani-Ferry, estimant qu’il manque une politique macroéconomique pour réussir la transition écologique. « Je me dis que c’est très malin et qu’il est vrai que nous ne sommes pas outillés. J’en fais une note pour la ministre et j’en parle à Charles Weymuller, conseiller macroéconomie d’Emmanuel Macron », rapporte-t-il. L’Elysée jugera que personne n’est mieux placé que Jean Pisani-Ferry pour mener ce travail séminal. Cela donnera naissance plus tard au célèbre rapport Pisani-Ferry-Mahfouz.
À l’assaut des émissions industrielles
Benjamin Carantino intègre ensuite le cabinet de Roland Lescure, ministre de l’Industrie, où il occupe pendant plus de deux ans les fonctions de conseiller chargé de la décarbonation. L’un des enjeux de l’équipe dirigée par Adrienne Brotons sera de prendre à bras-le-corps l’avenir des cinquante plus grands sites industriels émetteurs de CO₂, responsables de plus de la moitié des émissions industrielles nationales (l’industrie représentant 18 % du total des émissions françaises), à qui les règles européennes demandent de réduire de moitié leurs émissions en dix ans. « Très vite, il est apparu qu’ils avaient besoin d’un accompagnement public : des aides à l’innovation pour développer de nouveaux procédés, mais aussi une planification industrielle des infrastructures de décarbonation : raccordements accélérés au réseau électrique, réseaux d’hydrogène, de chaleur, de transport du CO₂, ainsi que des capacités de captage et de stockage du carbone. C’était une nouvelle politique publique à créer de zéro », explique-t-il.
Une métamorphose octroyant un double dividende : en plus du gain climatique, Benjamin Carantino met en avant l’avantage comparatif en matière industrielle. « Les trajectoires climatiques que nous nous sommes fixées sont extrêmement ambitieuses : il faut réduire les émissions d’environ 5 % par an. Si nous y parvenons, le premier acteur maîtrisant les procédés de production bas carbone bénéficiera d’une avance déterminante. La même logique vaut pour le recyclage chimique des plastiques, les métaux critiques ou encore les matériaux de batteries - les précurseurs (pCAM), les matériaux actifs de cathode (CAM), etc. », résume l’ingénieur, qui parle d’une révolution industrielle.
Candeur réglementaire
Benjamin Carantino poursuivra son parcours à Bercy en devenant directeur adjoint de cabinet de Marc Ferracci, ministre de l’Industrie, dans le gouvernement de Michel Barnier, puis de l’Énergie dans celui de François Bayrou. Cela marquera son retour au cœur des affaires européennes. À cette époque, côté français, on estime que les instruments mis en place jusqu’alors par l’Union européenne (marché carbone, objectifs climatiques et interdiction programmée des véhicules thermiques à partir de 2035) sont insuffisants en matière de politique industrielle. Oui, cela crée des signaux, mais ils ne garantissent pas que les investissements se fassent ni que les capacités industrielles indispensables à la transition resteront implantées en Europe. « Avec Marc Ferracci, on défend une approche plus interventionniste reposant sur des mécanismes de soutien à l’investissement, une politique de la demande orientée vers les productions européennes et des protections commerciales temporaires destinées à permettre aux industries en transition de faire face à la concurrence internationale », indique-t-il.
Une évolution directement liée au changement du contexte géopolitique. Benjamin Carantino explique qu’au début des années 2020, les politiques européennes avaient été conçues dans l’hypothèse où le reste du monde ferait le même choix d’une transition écologique pilotée par la réglementation. Or, cette hypothèse s’est révélée erronée. Les États-Unis ont déployé l’Inflation Reduction Act, un choc macroéconomique de crédits d’impôt aux industries vertes, tandis que la Chine a massivement accéléré ses subventions dans les technologies bas-carbone après la crise sanitaire.
Plutôt que des interdictions réglementaires, ces concurrents ont ainsi choisi un choc de subventions. « Ces stratégies créent une concurrence déloyale qui menace les investissements européens dans les batteries, l’automobile électrique ou la sidérurgie décarbonée », soutient-il. Face à cette nouvelle situation, Benjamin Carantino participe à la promotion d’un agenda européen centré sur le « Made in Europe ». Dans cette perspective, il pilote notamment la création d’une alliance de l’industrie lourde chargée de défendre les intérêts de la sidérurgie européenne et de promouvoir un renforcement des mécanismes de protection commerciale.
Montrer les crocs
En février 2025, en lien avec les difficultés croissantes du secteur, son équipe organise en urgence un sommet consacré à l’acier à Paris afin d’alerter les autorités européennes sur la nécessité d’adopter rapidement des mesures de sauvegarde. À la suite de cela, les Vingt-Sept ont décidé de doubler les droits de douane sur l’acier à 50 % au-delà des quotas d’importation fixés, tout en divisant ces derniers par deux. À cela s’ajoute la taxe carbone aux frontières (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières - MACF), dispositif destiné à soumettre certains produits importés dans l’Union européenne à une tarification du carbone équivalente à celle supportée par les industriels européens.
Benjamin Carantino estime que cela a contribué directement au lancement de nouveaux investissements industriels, notamment à Fos-sur-Mer, où plus d’un milliard d’euros sont engagés lors de Choose France 2026 par l’industriel italien Marcegaglia pour développer une nouvelle capacité de production d’acier décarboné. « C’est la première création d’un laminoir en France depuis près d’un demi-siècle », pointe-t-il.
Peser à Bruxelles
Sur un plan plus personnel, il nous raconte la satisfaction particulière qu’il a éprouvée lors de l’installation de la nouvelle Commission européenne fin 2024. Convaincu que celle-ci allait élaborer une nouvelle initiative législative industrielle, il mobilise l’ensemble des administrations concernées afin de produire une contribution française. Pendant près de deux mois, le cabinet de Marc Ferracci coordonne un travail interministériel visant à rédiger une « note des autorités françaises » (document présentant la position de l’Hexagone à la Commission) contenant un ensemble de mesures inspirées des enseignements de la planification écologique, des travaux sur la décarbonation industrielle et du rapport Draghi sur la compétitivité européenne.
« Cette contribution est transmise à Bruxelles dès le début du mois de décembre, bien avant celles de plusieurs autres États membres. Et lorsque la Commission publie quelques mois plus tard son “Clean Industrial Deal”, je constate avec joie que nombre des propositions françaises ont été reprises, parfois dans une formulation très proche de celle initialement proposée par Paris », explique-t-il, y voyant la reconnaissance de la qualité du travail intellectuel réalisé par l’administration française, qu’il juge alors parmi les plus avancées sur les questions de transition industrielle. « Être aux prises avec la politique européenne, cela peut être extrêmement gratifiant parce que c’est à ce niveau que beaucoup de décisions structurantes sont prises. Les politiques industrielles et commerciales s’y décident », indique-t-il. « C’est moins vrai pour la politique énergétique, heureusement », glisse Benjamin Carantino.
Maîtrise d'oeuvre & régime sec
Après un passage comme directeur adjoint de cabinet de Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, dans le gouvernement de Sébastien Lecornu, le polytechnicien sera choisi pour diriger celui de Maud Bregeon, lors de sa nomination comme ministre déléguée à l’Énergie. « La ministre connaît parfaitement le secteur de l’énergie et porte un plan d’électrification ambitieux. Cela rend le travail particulièrement motivant, et a permis de rassembler une équipe très expérimentée ; tous les conseillers du cabinet ont déjà fait du cab’, ce qui est rare en fin de quinquennat », pointe-t-il.
Au cours de notre échange, Benjamin Carantino fait valoir que les fondations de la transition énergétique française sont solidement établies. « L’appareil industriel est là. Nous sommes parmi les mieux dotés en Europe en usines de voitures électriques, de batteries, de pompes à chaleur, nous avons une production électrique excédentaire, à un prix parmi les plus faibles d’Europe. Il y a 90 térawattheures d’électricité bas-carbone qu’on exporte chaque année, que l’on peut mobiliser au service de l’électrification et du pouvoir d’achat des Français », estime-t-il. D’autre part, « nous avons affiné les politiques publiques pendant tout ce quinquennat et nous avons désormais des outils efficaces, je pense entre autres au bonus automobile et au leasing social », déclare-t-il. « L’enjeu est maintenant de mettre en œuvre et d’accélérer », conclut l’ingénieur, qui voit dans la guerre en Iran, et la hausse associée du prix du pétrole et du gaz, une piqûre de rappel de la dépendance de la France aux hydrocarbures importés.
Toutefois, il ne cache pas que le contexte est difficile. « La situation budgétaire est délicate. Nous n’avons pas les moyens que nous avions envisagés en début de quinquennat », reconnaît-il. Le Secrétariat général à la planification écologique (SGPE) prévoyait que la transition nécessitait 20 milliards d’euros d’investissements publics supplémentaires ; les finances ne le permettent pas. « Il faut prioriser les politiques publiques », indique-t-il.
Celui qui se voit en chef d’orchestre prend beaucoup de plaisir à sa mission. « Je coordonne le travail du cabinet avec l’administration : je m’assure que les orientations politiques de la ministre sont mises en œuvre rapidement, que les dossiers qu’elle porte avancent dans le bon tempo », décrit-il. Néanmoins, le travail de fond lui manque. « Comme dircab’, vous perdez le plaisir de concevoir et d’écrire », confie-t-il. « Bon après, je ne dis pas que, certaines nuits, il ne m’arrive pas d’apporter mon écot à une ’note des autorités françaises’…», sourit Benjamin Carantino.
À l’issue de son aventure rue de Grenelle, lors de l’élection présidentielle de 2027, ce père de deux enfants se verrait bien remettre les mains dans le cambouis. « Quand je vois les administrations centrales avec qui je travaille, je me dis qu’elles ont des postes passionnants et contribuent à façonner l’avenir du pays », considère-t-il, précisant qu’intégrer le privé ne serait pas inimaginable. « À ce stade, je n’ai pas le temps de penser à cela, nous verrons à la fin du quinquennat », conclut-il.
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