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Xavier Niel prend la tête du capital de Vodafone / Un pari à 5,1 milliards d’euros
Il aura fallu quatre ans à Xavier Niel pour passer du strapontin au fauteuil de premier actionnaire. En 2022, le fondateur d'Iliad était entré au capital de Vodafone par une porte dérobée, avec 2,5 % du capital et un appel du pied à peine voilé en faveur de la consolidation des télécoms européennes. Après avoir échoué entretemps à rapprocher Iliad Italia de Vodafone Italia, finalement cédée à Swisscom, l'homme d'affaires change d'échelle et de méthode.
Via Vega, un véhicule créé exclusivement pour détenir les actions Vodafone et intégralement contrôlé par le groupe familial Niel, il a conclu un accord contraignant avec l’opérateur émirati e&. Ce dernier lui cédera l’intégralité de sa participation, soit 16,2 % du capital et 17,1 % des droits de vote, pour 4,4 milliards de livres, l’équivalent de 5,1 milliards d’euros. À l’issue de l’opération, Vega deviendra le premier actionnaire de Vodafone.
Le modèle de l’actionnaire industriel minoritaire
L’investissement sera « intégralement financé par Xavier Niel et des institutions financières, sans recours et sans impact sur le levier » des entités contrôlées par le groupe familial, d’Iliad et Iliad Holding à NJJ, en passant par Eircom.
Cette montée au capital ne préfigure pas pour autant une prise de contrôle du groupe britannique. Vega a formellement indiqué, au titre du code britannique des offres publiques, ne pas avoir l’intention de lancer une offre sur la totalité du capital. La participation est présentée comme stratégique, minoritaire et destinée à être conservée sur le long terme.
Elle doit installer la famille Niel dans le rôle d’actionnaire industriel de référence, capable d’apporter son expérience opérationnelle sans intégrer Vodafone à l’un de ses groupes. « En tant qu’investisseur de référence basé en Europe, nous sommes prêts à apporter notre connaissance approfondie du secteur et notre savoir-faire opérationnel à sa réussite future », assure Xavier Niel
De la sorte, Xavier Niel reproduit le modèle d'actionnaire industriel minoritaire qu'il a éprouvé en Scandinavie et en Amérique latine. « Comme le démontrent nos investissements passés, y compris en tant qu'investisseurs minoritaires dans des sociétés cotées comme Tele2 et Millicom, nous avons un historique avéré d'accompagnement des entreprises pour améliorer leurs performances et créer une valeur actionnariale substantielle », insiste celui qui se positionne en « investisseur d'ancrage basé en Europe ».
Le pari sur un groupe recentré
Le pari repose sur un Vodafone profondément remanié. L’opérateur britannique « est une opportunité d'investissement convaincante, portée par des actifs de qualité, des marques fortes, des positions de leader et une empreinte géographique diversifiée », fait valoir l’homme d’affaires. Le groupe sort d'un vaste recentrage qui l'a vu céder sa filiale espagnole puis son unité italienne, que le fondateur d'Iliad avait lui-même convoitée, et reprendre le contrôle intégral de sa coentreprise britannique. « Devenue une entreprise plus simple et plus recentrée, Vodafone est prête pour une nouvelle phase de croissance et bien placée pour libérer un important potentiel de valeur inexploité dans ses activités européennes et africaines », poursuit l'intéressé. La thèse d’investissement tient dans cette conviction : le marché n’a pas encore pris toute la mesure du nouveau Vodafone.
La réalisation interviendra en deux temps. Des établissements financiers acquerront les titres e& par blocs hors marché afin de couvrir les instruments financiers conclus avec Vega. La livraison physique des actions à ce dernier n’aura lieu qu’après l’obtention des autorisations réglementaires requises. Vega doit engager rapidement des discussions avec le gouvernement britannique et prévoit une finalisation de l’opération d’ici à la fin de l’année.
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