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Feuilleton de l'été / Weinberg Capital Partners

Feuilleton de l'été
Weinberg Capital Partners

exclusif Série d’été - ces jeunes leaders qui construisent la France de demain / Paul Cordahi, directeur associé - LBO chez Weinberg Capital Partners

EXCLUSIF. Chez Weinberg Capital Partners, où il est entré il y a désormais dix ans et dont il est devenu directeur associé - LBO en 2025, Paul Cordahi s’attache à pratiquer son métier d’investisseur au travers d’une approche pragmatique, fondée sur la proximité et la compréhension fine d’un dossier et de son écosystème. Une logique au travers de laquelle il a notamment contribué à développer l’expertise de la société de gestion présidée par Serge Weinberg dans la beauté, et qu’il entend mettre au service d’une vision résolument européenne du développement des PME et ETI qu’il accompagne.
Paul Cordahi. Crédits : weinberg capital partners
Paul Cordahi. Crédits : weinberg capital partners

Avoir le goût de l’économie et des entreprises peut se traduire de mille et une manières. C’est par l’investissement que Paul Cordahi, directeur associé - LBO chez Weinberg Capital Partners, a choisi d’exprimer le sien. Parce qu’il y a trouvé un moyen d’être au contact des entreprises, de leurs patrons et des décisions qui façonnent leur développement. Étudier un marché, rencontrer des dirigeants, analyser une entreprise, challenger un business plan… un travail qui se cristallise au moment de trancher. « Ce qui m’anime tous les jours en tant qu’investisseur, c’est de comprendre et d’analyser, mais tout cela dans une finalité claire : celle de faire un choix en l’ayant bien appréhendé, d’acter une décision, d’investir ou non, à quel prix et à quelles conditions », résume-t-il à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.

Son intérêt pour l’économie remonte au collège et les différentes facettes de la matière ont motivé son parcours jusqu’à présent, pour finir par se décliner vers le financement des entreprises. « Quand on investit, il faut avoir une curiosité macroéconomique pour pouvoir être en veille des grandes tendances, puis comprendre comment elles se déclinent au niveau microéconomique d’une entreprise », observe-t-il. C’est assez naturellement qu’il entamera son cursus universitaire à l’Université Paris-Dauphine, avant de rejoindre l’EDHEC en finance. Entre les deux, un détour en échange par l’Université Catholique de Milan, viendra prolonger son histoire personnelle : enfant, Paul Cordahi a en effet grandi à Rome pendant une dizaine d’années. Une période lui ayant laissé une parfaite maîtrise de l’italien ainsi qu’une ouverture culturelle, qui prendront plus tard une dimension professionnelle.

 

Ses débuts dans le financement de LBO

 

En attendant, fraîchement diplômé, il rejoint HSBC en financement de LBO. D’abord à Londres, dans le cadre du graduate program de la banque, après un premier stage effectué dans la maison lors d’une année de césure, puis en revenant exercer dans la capitale française. Une école qui nourrira aussi la réflexion sur la suite de son parcours. « J’ai ainsi été confronté aux fonds d’investissement que nous financions sur leurs opérations. C’est comme cela que j’ai découvert le métier d’investisseur et c’est cela qui m’a donné envie de rejoindre ce monde-là », se rappelle-t-il. Chez HSBC, Paul Cordahi couvrait par ailleurs principalement le segment des large-caps. Mais lui, aspirait à entrer sur un autre terrain de jeu. « J’avais envie de m’installer sur le segment des PME, car je voulais être plus proche des entreprises et des entrepreneurs », remarque-t-il.

Son arrivée chez Weinberg Capital Partners s’opérera ainsi à la suite de ces près de trois années passées chez HSBC. Sûr de sa décision de rejoindre un fonds d’investissement spécialiste des PME et ETI, il découvrira au fil de ses entretiens et de ses rencontres avec ses dirigeants un ADN et une culture « assez unique », observe-t-il, « qui nous différencie sur le marché français ». Une culture qui s’explique par le parcours des fondateurs de la maison, créée en 2005 : Serge Weinberg et Philippe Klocanas, anciens dirigeants de chez Pinault-Printemps-Redoute, qui deviendra Kering par la suite. Et donc issus du monde de l’entreprise. « Cet ADN est omniprésent dans notre manière d’aborder notre métier et je pense qu’il est d’ailleurs essentiel sur notre segment de marché, puisque nous faisons un certain nombre d’opérations primaires où nous devenons le premier actionnaire financier de sociétés qui ouvrent leur capital », estime Paul Cordahi.

 

Une approche taillée sur-mesure

 

Ceci nécessite de savoir s’adapter à des cultures différentes d’une entreprise à l’autre et de les comprendre, pour être bien en capacité de les accompagner dans la structuration de leur organisation ou le pilotage d’opérations de croissance externe, qu’elles n’ont souvent jamais connu. Ce qui implique de ne pas limiter la relation à un suivi financier. « Nous voulons être un véritable partenaire pour les entrepreneurs, pas seulement un actionnaire qui est là pour compter les chiffres à la fin du mois », explique-t-il. Pour s’inscrire dans ce rôle de partenaire capable d’épauler et de saisir les problématiques des entrepreneurs, Weinberg Capital Partners se repose sur une méthode éprouvée, visant notamment à étoffer avec précision son expertise dans certains secteurs. « Cette approche focalisée nous permet de créer des écosystèmes et des partages de savoir-faire entre des sociétés de nos portefeuilles du même secteur. Cela crée un environnement vertueux pour tout le monde : nous, car nous avançons plus vite dans l’analyse des dossiers et des opportunités, pour les entrepreneurs, car ils ont face à eux des financiers qui ont une certaine connaissance et compréhension de leurs enjeux, et pour nos clients, évidemment, qui nous confient leurs fonds et pour qui nous devons créer de la valeur », explique-t-il.

Au fil des années, Paul Cordahi a d’ailleurs lui-même contribué à développer l’expertise de Weinberg Capital Partners dans l’univers de la beauté. Lorsque la société commence à s’intéresser au secteur, elle bénéficiait déjà des contacts historiques de ses fondateurs, mais n’y avait encore jamais réalisé d’investissement. Paul Cordahi entreprendra alors un travail de fond. Il rencontre des dirigeants, cartographie la chaîne de valeur, en amont et en aval des marques. Il conduira ainsi deux opérations de LBO dans le secteur : sur la marque de parfums de niche Juliette Has a Gun, en 2023, avant de choisir de miser sur Cosmogen, un spécialiste des packaging primaires pour les marques cosmétiques en 2024 – et qui vient d’ailleurs de signer sa première acquisition. « Comme nous avons acquis une conviction sur ce marché, cela nous permet de nous démarquer sur des processus concurrentiels et d’apporter des idées utiles aux dirigeants », détaille Paul Cordahi.

Cette proximité avec les dirigeants se traduit aussi dans d’autres secteurs, à l’instar d’un autre dossier marquant récemment piloté par Paul Cordahi : un LBO sur Summa, un groupe d’expertise-comptable créé en 2025 issu du rapprochement de six cabinets, aux côtés d’un entrepreneur lui-même expert-comptable. Et qui cherchait ainsi un partenaire financier pour anticiper la vague de consolidation dans le secteur. « C’est une opération qui a été menée de gré à gré, comme nous le faisons souvent. Nous sommes partis d’une feuille blanche. La clé de la réussite, c’est la bonne intégration des acquisitions. L’enjeu n’est pas seulement d’empiler du chiffre d’affaires », indique Paul Cordahi.

 

Penser Europe

 

Cette logique d’investissement ne se cantonne d’ailleurs pas aux frontières françaises. Au sein de la société, Paul Cordahi contribue par exemple activement au développement de ses activités en Italie, un pays qu’il connaît donc bien pour y avoir grandi pendant plusieurs années. Et qui représente un potentiel certain pour la stratégie d’investissement de Weinberg Capital Partners. Au-delà de la langue partagée qui permet de créer de la proximité lors d’un deal, Paul Cordahi y trouve un tissu économique de PME performantes dans leur niche - notamment dans la beauté et la cosmétique -, confrontées elles aussi à des enjeux de transmission ou de passage à l’échelle sur des marchés fragmentés.

Et puis, un certain nombre d’entreprises italiennes sont tournées vers l’export, rencontrent des clients français et ont des enjeux transfrontaliers. Un terrain donc riche en opportunités de cibles d’acquisitions pour les participations existantes de la société de gestion, tout en n’excluant pas de potentiels investissements directs à l’avenir. L’intuition de Paul Cordahi ? « Nous avons tendance à raisonner de manière trop nationale. Dans un monde qui se crée autour de blocs, je suis convaincu que les fonds d’investissement ont un rôle à jouer dans l’européanisation de notre tissu de PME et la création de champions européens. Il n’est pas nécessaire d’attendre que les entreprises aient atteint une certaine taille avant de s’ouvrir à l’international », observe-t-il.

 

Une trajectoire ascendante

 

En dix ans d’évolution dans la maison, Paul Cordahi aura successivement occupé des fonctions de chargé d’affaires, lors de son arrivée en 2016, puis de directeur adjoint, de directeur, et enfin de directeur associé à compter de 2025, poste qu’il occupe donc actuellement. Une progression qu’il raconte avec humilité et sans emphase, l’attribuant autant à l’architecture de la société qu’à son exposition rapide aux dirigeants des participations, ainsi qu’aux investisseurs pour les levées de fonds : « Si l’on prend la place qu’on nous donne et que l’on répond aux attentes, il y a toutes les raisons d’avoir une belle évolution ». Ce fonctionnement repose sur des équipes resserrées ainsi qu’une culture de la décision collective, explique-t-il, tous les niveaux d’expérience étant par exemple invités à participer aux comités d’investissement. « Plus on a des points de vue, et plus cela enrichit la réflexion. Il n’y a pas de vérité absolue dans notre métier. Il faut avoir de la discipline, savoir se remettre en cause. Ce qui a marché hier ne garantira pas forcément les succès de demain ».

Car Paul Cordahi le rappelle : « On peut passer des journées à étudier des opportunités. À la fin, ce qu’on nous demande de faire, c’est d’investir et surtout de bien investir. Le seul objectif reste la performance de nos participations et cela dans l’intérêt de nos clients, institutionnels et particuliers, qui nous confient leur épargne lorsque nous levons des fonds. Ils sont au centre de nos décisions. Il ne faut jamais le perdre de vue ». De quoi rappeler que dans son métier, la clé ne réside pas dans l’analyse seule, mais bien dans la capacité à transformer l’essai grâce à des investissements qui donneront raison à ce choix et contribueront, ainsi, aux finalités de son métier qui lui importent.

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