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Eurazeo double la mise dans le secondaire / Le cinquième millésime ESF V bouclé à 2,3 milliards d’euros
Le robinet des distributions a beau rester grippé dans le private equity, certaines stratégies font toujours le plein. Eurazeo annonce ce lundi le closing final de son cinquième programme secondaire à 2,3 milliards d'euros, au-delà de l'objectif initial fixé à 2 milliards. Surtout, Eurazeo Secondary Fund V (ESF V) et ses véhicules associés font plus que doubler la mise par rapport au millésime précédent, bouclé à 1 milliard d'euros en 2021. Un changement d'échelle pour une activité qui pèse désormais 6,4 milliards d'euros d'actifs sous gestion, soit 17 % des encours totaux du groupe.
Le paradoxe n'est qu'apparent : c'est précisément le tarissement de la liquidité dans le non coté qui nourrit l'appétit pour le secondaire. « L’attrait pour le marché secondaire est aujourd’hui extrêmement prononcé. Dans un environnement où les distributions se sont raréfiées et où les LPs récupèrent moins de liquidité, ils se tournent vers des stratégies capables de continuer à distribuer de façon régulière et stable. », explique à WanSquare Christophe Simon, Managing Partner au sein de l'équipe Secondaries & Mandates d'Eurazeo. La stratégie répond aussi à une exigence de qualité : « Le secondaire est l'une des activités qui permet justement de faire son cherry-picking parmi un ensemble d'actifs », poursuit-il, pour construire « des portefeuilles qui sont extrêmement diversifiés, mais aussi composés d'actifs robustes qui traversent correctement les crises ».
Un positionnement européen assumé
La levée s’est pourtant déroulée dans un marché de la collecte nettement moins porteur. Après un premier closing à l’été 2024, ESF V a atteint puis dépassé sa cible dans un environnement où « les distributions reçues par les LPs étaient plus basses », rappelle Christophe Simon. Le programme a réuni une base internationale et institutionnelle, composée de fonds souverains, fonds de pension, caisses de retraite, banques et assureurs, avec « une petite moitié » d’Européens et le solde venant du Moyen-Orient, d’Asie et d’Amérique du Nord.
Présent sur le marché secondaire depuis 2003, avec un premier fonds lancé en 2008 qui pesait alors une centaine de millions d'euros, Eurazeo revendique la constance de son positionnement : exclusivement des actifs de buyout européens, dans la droite ligne de la spécialisation mid-market du groupe. Un choix assumé par Christophe Simon, qui rappelle que « le nombre de sociétés non cotées en Europe de l'Ouest excède celui du nombre de sociétés non cotées sur d'autres géographies, notamment les US ».
En portefeuille, l’essentiel des sociétés affiche un Ebitda compris entre 25 et 75 millions d’euros, avec un levier moyen « aux alentours de 4 fois l’EBITDA ». Christophe Simon y voit la marque de fabrique de la stratégie : sélectionner des actifs de qualité, en croissance, mais déjà matures, « qui ont déjà plusieurs années d’historique et réduit une partie de leur endettement ». De quoi entrer, selon lui, sur « un profil de risque plus encadré ». La stabilité de l’équipe, forte d’une trentaine de professionnels, complète l’argumentaire : « Le track record qu’on présente est attribuable aux gens qui constituent aujourd’hui l’équipe. »
Un fonds déjà à moitié déployé
Le style d’investissement reste lui aussi inchangé d’un millésime à l’autre. « On déploie à peu près 75 % de nos fonds sur du GP-led, où l’on intervient essentiellement comme lead buyer, et 25 % sur des deals de parts de fonds », détaille Christophe Simon, une répartition identique à celle des fonds 2, 3 et 4. Le rythme de déploiement témoigne aussi d’un marché particulièrement actif. ESF V est déjà investi à près de 50 % au travers de 22 transactions secondaires, et devrait au final compter entre 30 et 40 opérations pour une exposition à 200 à 300 sociétés. « L’environnement actuel est assez propice au secondaire, avec un volume de transactions extrêmement important, y compris en Europe », observe le managing partner.
Pour Eurazeo, ce closing s'inscrit enfin dans une séquence plus large qui illustre la profondeur de sa plateforme. Il s'agit du cinquième closing, initial ou final, annoncé par le groupe cette année, après le fonds maritime ESMI II, le véhicule de buyout PME V, le fonds de dette privée EPD VII, bouclé à 5,5 milliards d'euros et devenu le plus gros fonds du groupe, et le fonds biotech Kurma, dans la foulée d'une année 2025 déjà record en matière de levées.
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