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Feuilleton de l'été

Feuilleton de l'été

exclusif Série d'été - ces jeunes leaders qui construisent la France de demain / Laurent Suster, directeur de cabinet du ministre délégué à l'Industrie

EXCLUSIF. Auprès de Sébastien Martin, cet énarque ayant fait ses armes à l’Agence des participations de l’État et au Ciri s’emploie à créer les conditions de l’épanouissement d’un secteur industriel hexagonal plus stratégique que jamais, mais en proie à des menaces multidimensionnelles.
Laurent Suster - crédits : Sébastien Tanguy
Laurent Suster - crédits : Sébastien Tanguy

Tout commence à Versailles. Laurent Suster y a passé sa jeunesse et il n’est, à ce titre, guère surprenant qu’il ait nourri, durant cette période, une fascination pour les grandes figures ayant façonné l’histoire du pays des Lumières. Reste que ce ne sont pas les rois de France qu’il évoque lorsqu’il se réfère à ces influences fondatrices. Peut-être convient-il d’y voir une manière d’affirmer une sensibilité républicaine. « Napoléon et Charles de Gaulle suscitent mon admiration », déclare-t-il dans un entretien accordé à WanSquare, non sans mentionner également son attachement pour Nicolas Sarkozy. « En 2007, au sein de mon cercle d’amis, nous étions davantage obsédés par son élection que par l’obtention de notre baccalauréat », confesse ce petit-fils d’immigrés hongrois et polonais.

Percevant très tôt son attrait pour cet univers de « grands fauves », il intègre Sciences Po, où il découvre un cadre intellectuel qui élargit sensiblement ses horizons. À ce stade, son intérêt pour l’action publique est déjà présent, mais demeure encore relativement diffus. Un tournant intervient lorsqu’il choisit de partir un an en Inde dans le cadre de sa scolarité. Il expliquera par la suite que cette expérience a joué un rôle déterminant, éveillant en lui un intérêt profond pour les civilisations orientales, les religions et les systèmes de pensée non occidentaux. À son retour, il s’oriente vers le master d’Affaires publiques de Sciences Po. C’est sous l’effet conjugué de plusieurs facteurs tels que les encouragements de certains enseignants, l’environnement stimulant de la rue Saint-Guillaume ou encore l’influence d’une ex-compagne engagée dans la préparation du concours de l’École nationale de la magistrature, qu’il se résout à présenter le concours de l’École nationale d’administration (ENA), auquel il est reçu.

 

De l'Indonésie aux territoires

 

 A l’ENA, l’un de ses stages le conduit en Indonésie, pays dont il souligne l’importance géopolitique largement sous-estimée. Première démocratie musulmane au monde, puissance démographique majeure, l’archipel constitue pour lui une nouvelle ouverture sur l’Asie. « C’est un pays où l’aventure est encore un possible», estime-t-il. En travaillant aux côtés de l’ambassadeur de France, il prend également la mesure du poids symbolique et politique de la présence française à l’étranger et des enjeux de puissance associés. Cette expérience l’amène également à participer aux intenses démarches diplomatiques qui ont visé à éviter, avec succès, l’exécution de Serge Atlaoui, qui était alors condamné à mort en Indonésie : « Chaque lundi matin, nous redoutions de le voir figurer dans la liste des exécutions ».

Un second stage, réalisé cette fois auprès du préfet de l’Aude Jean-Marc Sabathé, produit un effet tout aussi marquant. « C’est le département le plus pauvre de France métropolitaine après la Seine-Saint-Denis », souligne-t-il. La période est alors jalonnée par les attentats terroristes, qui impriment fortement l’action administrative. Laurent Suster y travaille sur des problématiques de laïcité, de cohésion sociale et de gestion des tensions locales. Il participe également à des négociations complexes relatives à la protection du canal du Midi et aux exigences de l’UNESCO en matière de préservation patrimoniale. Enfin, son passage chez Veolia lui offre l’opportunité de travailler aux côtés de son président-directeur général, Antoine Frérot, décrit comme « une personnalité marquante du capitalisme français », et de sa directrice de cabinet Claire Falzone.

 

La fabrique des réformes

 

À sa sortie de l’ENA, il rejoint le ministère du Travail, alors même que la campagne présidentielle bat son plein. S’ouvre ensuite une période particulièrement intense à la suite de l’élection d’Emmanuel Macron. L’administration est alors fortement mobilisée pour concevoir et mettre en œuvre les réformes du marché du travail, de l’apprentissage, de l’assurance chômage et de la formation professionnelle.

 Il est notamment aux prises avec les politiques d’insertion professionnelle et fait à cette occasion la connaissance de Marc Ferracci, alors conseiller spécial de Muriel Pénicaud, ministre du Travail, lequel exercera une influence notable sur la suite de son parcours. Il met également en avant la figure iconoclaste issue du secteur privé, Thibaut Guilluy, aujourd’hui à la tête de France Travail, venu prêter son concours. « Pour un jeune énarque, c’était très intéressant, car il s’agissait d’une période de profonds changements, avec des acteurs nouvellement arrivés, porteurs de fortes convictions et apportant des méthodes nouvelles, audacieuses, qui bousculaient les conservatismes de la vie politique ou administrative », explique Laurent Suster.

C’est un peu par hasard, à l’occasion d’un concert d’Alain Souchon, qu’un ancien condisciple de l’ENA lui parle du Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), organisme créé en 1982 et rattaché au ministère de l’Économie et des Finances, chargé d’accompagner les entreprises de plus de 400 salariés dans l’élaboration et le financement de leurs plans de retournement. Intéressé par la nature de cette mission à la fois technique et stratégique, il décide de candidater et est finalement retenu comme rapporteur à l’orée du second confinement.

 

Au cœur des restructurations

 

Il rejoint alors une structure extrêmement réduite, mais confrontée à des enjeux considérables, dans une atmosphère qu’il décrit comme quasi commando. Du jour au lendemain, il se retrouve face à des avocats d’affaires, des banquiers et des dirigeants d’entreprise chevronnés, souvent dotés de plusieurs décennies d’expérience, tandis qu’il incarne, autour de la table, la seule représentation directe de l’intérêt général. Sa fonction consiste à la fois à orchestrer les négociations, à structurer les échanges et à en apprendre les codes implicites. « C’était très stressant au début », se souvient-il. « Louis Margueritte, alors patron du Ciri, nous intimait de ne jamais abandonner, d’être en possession du plus grand nombre possible de contacts téléphoniques, et, si nécessaire, de passer par la fenêtre lorsque la porte était fermée », rapporte Laurent Suster.

Cette expérience lui apporte une connaissance fine du fonctionnement du monde des affaires français, tout en lui révélant une dimension plus humaine des situations de faillite et de restructuration. Derrière les bilans comptables, il découvre des entrepreneurs, des salariés et parfois des territoires entiers fragilisés. Il évoque notamment le souvenir de dirigeants en larmes, confrontés à l’effondrement en quelques semaines de l’œuvre d’une vie.

Un an plus tard, il est promu secrétaire général adjoint du Ciri. À ce titre, il est amené à traiter des dossiers particulièrement sensibles, notamment celui de Gefco, entreprise de logistique industrielle dont le principal actionnaire est la Compagnie des chemins de fer russes. Dans le contexte des sanctions internationales, se multiplient les réunions dans les bunkers de Bercy en visioconférence avec le Trésor américain afin d’ajuster les dispositifs relatifs aux restrictions visant la Russie. «Nous n'avions parfois que 72 heures pour trouver des solutions et éviter des faillites considérables. », précise-t-il.

 

Dossiers à hauts risques

 

Vient ensuite l’épisode Cnim, plus important employeur privé du Var et acteur présent dans les secteurs de la défense et de l’énergie qui traverse alors une crise profonde. « Chaque mois, la direction venait me voir en me faisant part d’une nouvelle dégradation de la trésorerie de plusieurs dizaines de millions d’euros. De l’autre côté, les ministres me demandaient de trouver une solution le plus vite possible », estime Laurent Suster. La restructuration est conduite de manière à protéger les activités stratégiques tout en limitant au maximum les conséquences sociales. L’entreprise est progressivement cédée par blocs à des acteurs français et européens. Les prêts publics accordés par l’État, qui avaient atteint environ 120 millions d’euros, sont finalement quasiment intégralement remboursés grâce aux produits de cession des actifs. « On critique souvent l’État, mais c’est typiquement le genre de situation dont on peut être collectivement fiers. Sauver une entreprise, ce n’est pas nécessairement en préserver à l’identique la structure initiale ; c’est parfois la repenser, identifier les bons repreneurs pour les bons actifs et privilégier des solutions cohérentes », témoigne-t-il.

Son dernier grand dossier au Ciri concerne le groupe Casino, « impressionnant par les montants en jeu ». Il sera confronté à la personnalité de son dirigeant, Jean-Charles Naouri, qui ne manquera pas de l’intriguer. « Un homme à l’intelligence supérieure, surprenant et qui n’a jamais tenté de nous séduire », décrit-il.

 

Nucléaire nickel

 

Il rejoint ensuite une autre institution centrale de Bercy : l’Agence des participations de l’État (APE). Laurent Suster y exerce les fonctions de directeur de participations adjoint en charge du secteur de l’énergie. Cette nouvelle étape lui permet de se familiariser avec les responsabilités de l’État actionnaire dans des domaines stratégiques tels que l’énergie, les métaux critiques ou encore la santé, à travers des groupes comme Engie, Orano, Eramet ou encore le groupe biopharmaceutique LFB, au sein desquels il siège aux conseils d’administration.

Parmi les expériences les plus marquantes de cette période figure l’affaire du nickel en Nouvelle-Calédonie. Il se rend alors sur place pour participer à des négociations visant à élaborer un « pacte nickel » associant l’État, les industriels et les collectivités locales pour sauver et restructurer la filière. Les discussions, menées avec des responsables politiques loyalistes d’un côté et indépendantistes de l’autre, lui permettent de mesurer l’ampleur des clivages politiques, sociaux et culturels traversant la société calédonienne. Malgré plusieurs mois de travail, le projet de pacte n’aboutit finalement pas, les émeutes de 2024 venant profondément bouleverser la situation et en redistribuer les équilibres.

Il évoque également sa participation à l’inauguration de la centrale EPR finlandaise d’Olkiluoto, chantier devenu emblématique en raison de ses retards considérables et de ses surcoûts massifs. Cette installation incarne à ses yeux à la fois l’excellence technologique française et les limites d’un modèle industriel dont les difficultés ont contribué à l’effondrement d’Areva. Plusieurs générations de hauts fonctionnaires ont consacré une partie de leur carrière à traiter ce dossier complexe, lui rappellera Alexis Zajdenweber, patron de l’APE. « Il était envieux, je me rendais à l’inauguration seulement deux semaines après mon arrivée, venant récolter les fruits d’une lignée de prédécesseurs», plaisante-t-il.

 

L'Europe face au défi industriel

 

Son parcours au sein de l’incarnation de l’État actionnaire s’achève avec l’arrivée de Michel Barnier à Matignon. Il devient alors directeur adjoint de cabinet de Marc Ferracci, ministre de l’Industrie, avec lequel il avait conservé des liens depuis son passage au ministère du Travail. Tous deux partagent la conviction qu’il est nécessaire de donner un nouvel élan à la politique de l’offre afin de renforcer la compétitivité du secteur manufacturier français. Dans cette perspective, ils s’efforcent, sans succès, lors de la discussion budgétaire de l’automne 2024, de faire évoluer l’architecture du financement de la protection sociale. Celle-ci repose, selon eux, de manière excessive sur le travail, ce qui plombe le salaire et la compétitivité de l’industrie française. « L’idée est de transférer une part de cette charge sur d’autres ressources comme la TVA, le foncier et l’héritage », explique Laurent Suster, déplorant de fortes résistances politiques.

À la suite de la censure du gouvernement de Michel Barnier, Marc Ferracci est maintenu lorsque François Bayrou est nommé Premier ministre. Laurent Suster se trouve alors confronté aux difficultés d’un marché de l’acier en Europe, marqué par un affaiblissement structurel. Cette période constitue pour le jeune homme l’occasion de mesurer les limites du jeu institutionnel européen. Il estime que la perception de l’Union européenne par l’opinion publique est en réalité assez juste. « Non seulement les procédures sont très longues, trop souvent déconnectées de la réalité économique des entreprises et laissent l’Europe impuissante face à la rapidité des dynamiques du monde. Mais en plus, nous avons laissé se créer une complexité normative incommensurable. De sorte qu’en réalité, il n’y a plus qu’une poignée d'experts qui maitrisent le détail technique de chaque dossier, et qui nous font perdre de vue les enjeux politiques que l’on doit servir », analyse-t-il. « Tout cela a besoin d’être radicalement bousculé », souligne-t-il.

Dans ce contexte, les Vingt-Sept ont décidé de doubler les droits de douane sur l’acier à 50 % au-delà des quotas d’importation fixés, tout en divisant ces derniers par deux. À cela s’ajoute la taxe carbone aux frontières (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières - MACF), dispositif destiné à soumettre certains produits importés dans l’Union européenne à une tarification du carbone équivalente à celle supportée par les industriels européens. Laurent Suster considère que la France commence à récolter les effets de cette politique économique. « ArcelorMittal a annoncé un investissement de 1,2 milliard d’euros dans la construction d’un four à arc électrique à Dunkerque, et Marcegaglia va engager le même montant à Fos-sur-Mer pour créer une nouvelle aciérie », argue-t-il.

 

Arbitrer

 

Son expérience aux côtés de Marc Ferracci prend fin à l’été 2025, avec la chute du gouvernement de François Bayrou. Roland Lescure est alors nommé ministre de l’Économie et des Finances, et il se voit proposer de devenir son directeur adjoint de cabinet, tout en devenant, en parallèle, directeur de cabinet de Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie nommé quelques jours après.

Dans ces nouvelles responsabilités, l’exposition aux dossiers et aux acteurs devient plus directe encore, et la fonction implique une réelle capacité d’arbitrage politique. Il y assure un rôle d’interface permanent entre les équipes techniques, l’administration et le ministre, avec une responsabilité de formulation et de mise en cohérence des positions politiques. Son travail consiste à prendre au quotidien des décisions tout en s’assurant de la bonne mise en œuvre, par les administrations, des orientations fixées par les ministres. Ce qui suppose de savoir traduire des sujets extrêmement techniques en éléments intelligibles et opérationnels pour le ministre, à l’image de la réglementation européenne CAFE (Corporate Average Fuel Economy), relative aux normes d’émissions des véhicules et à l’électrification du secteur automobile.

 

Choc chinois

 

Évoquant ses travaux quotidiens, il insiste sur la place centrale qu’occupent les enjeux liés à la déferlante manufacturière chinoise, et plus largement à la progression rapide, presque vertigineuse, de l’Empire du Milieu sur les plans technique et scientifique. Dans ce contexte, l’énarque a récemment organisé, en présence de Sébastien Martin, un dîner consacré à cette question, réunissant notamment des chercheurs et Jean-Dominique Senard, président de Renault. Au cours des agapes, l’ancien patron de Michelin confie qu’il lui arrive de ne plus en dormir la nuit. « Il a fait une description claire, nette et sans concession du problème. C’est exactement ce que je voulais : confronter le ministre à des témoignages sans filtre de chefs d’entreprise en première ligne », explique Laurent Suster.

Le directeur de cabinet plaide d’ailleurs pour une approche plus offensive à l’égard de la Chine. Accroître les droits de douane ? "Une des limites est que la Chine dispose de moyens de rétorsion : elle maîtrise environ 85 % du raffinage des terres rares. C’est d’ailleurs en partie pour cela que Trump a échoué dans son rapport de force », observe-t-il.

La stratégie qu’il défend consiste d’abord à reconstruire une filière française et européenne des terres rares. « À horizon de trois ans, j’espère que nous aurons atteint notre objectif d’autonomie. À ce moment-là, nous serons plus forts pour négocier », estime-t-il. Reste toutefois à convaincre la majorité des États membres de l’Union européenne, dont plusieurs demeurent réticents à tout relèvement des barrières tarifaires. « C’est vrai que nous passons beaucoup de temps dans les différentes capitales européennes pour convaincre et construire des coalitions sur ces sujets », précise-t-il, tout en constatant une prise de conscience progressive, notamment en Allemagne, au sein des sous-traitants et des entreprises de taille intermédiaire, de la nécessité d’assumer un rapport de force avec le reste du monde.

 

La géopolitique entre dans l'usine

 

Les autres dossiers qui rythment son quotidien sont également liés aux conséquences économiques des tensions géopolitiques, notamment celles découlant du conflit entre la coalition américano-israélienne et l’Iran. Une situation qui le touche aussi personnellement, son épouse étant d’origine iranienne, issue d’une famille de réfugiés. « D’un côté, j’ai l’enthousiasme et l’espoir de mon épouse et de ma belle-famille de voir tomber le régime des mollahs ; de l’autre, des réunions de crise pour préparer l’économie française à une éventuelle dégradation majeure de la situation », résume-t-il.

Au plus fort de la crise, parmi les enjeux concrets, a figuré notamment la sécurisation des approvisionnements, perturbés par les tensions autour du détroit d’Ormuz. Le sujet des engrais a fait l’objet d’un suivi attentif de la part du président de la République et de plusieurs membres du gouvernement, au même titre que celui de l’hélium, gaz indispensable au refroidissement de certaines installations, utilisé aussi bien dans l’électronique que dans les centres de données ou le secteur médical. « Notre objectif était de mettre en place un suivi des risques : évaluer les probabilités de rupture, comprendre les flux commerciaux et identifier les quelques molécules ou composants critiques sans lesquels certaines usines s’arrêtent complètement », rapporte Laurent Suster, qui souligne avoir été particulièrement marqué par la crise des semi-conducteurs en 2022, laquelle avait contraint l’industrie automobile à ralentir, voire interrompre sa production.

À l’approche du projet de loi de finances pour 2027, Laurent Suster affirme son intention de continuer à porter certaines réformes, tout en étant pleinement conscient des marges de manœuvre limitées dont dispose l’exécutif, dans un contexte de majorité relative et de finances publiques dégradées. « Ma conviction est assez simple : ce que nous n’arriverons pas à faire adopter aujourd’hui, faute de majorité ou de moyens financiers, il faut malgré tout le faire vivre dans le débat public », estime-t-il. « Il faut diffuser ces idées auprès de ceux qui construiront les programmes de 2027, auprès des différentes équipes qui travaillent déjà autour des futurs candidats », ajoute-t-il. Et après 2027 justement, où se voit-il ? « J’ai plusieurs envies mais n'ai pas de projet encore arrêté » déclare Laurent Suster, ajoutant qu’il cherchera à aller là où il aura les moyens d’agir, de créer de la valeur et de défendre ses convictions.

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