Macro-économie / Taux
Macro-économie / Taux
France : l’OCDE rabote sa prévision de croissance / Et les aléas sont de nature baissière
C’est au tour de l’OCDE de dévoiler des prévisions assombries pour l’économie française. L’institution internationale a indiqué s’attendre à une progression de 0,7 % du produit intérieur brut (PIB) de la France pour cette année, soit 0,2 point de moins que ce qu’elle escomptait en mars.
Une révision directement en lien avec les retombées économiques du conflit au Moyen-Orient ayant provoqué un bond du prix des hydrocarbures. « Bien que la France soit moins exposée que la plupart des pays comparables - environ 95 % de sa production d’électricité provient du nucléaire et des énergies renouvelables -, son économie reste vulnérable aux chocs pétroliers et aux pénuries dans les secteurs très consommateurs de combustibles fossiles », souligne l’OCDE.
Tant et si bien que « la hausse de l’inflation érodera le pouvoir d’achat et pèsera sur la consommation privée à court terme, car les salaires ne s’ajusteront que progressivement », explique l’organisation, dans son rapport, où l’on peut lire que la consommation privée devrait croître de 0,3 % en 2026 après 0,5 % en 2025. L’inflation devrait atteindre en moyenne 2,1 %, après 0,9 % l’année passée.
De son côté, l’investissement des entreprises devrait également ralentir dans un contexte d’incertitude en hausse, « tandis que le relèvement prévu des taux d’intérêt directeurs dans la zone euro à la mi-2026 constituera un élément défavorable supplémentaire », indique le rapport. Selon toute vraisemblance, la Banque centrale européenne (BCE) devrait augmenter son taux d’intérêt de la facilité de dépôt de 25 points de base la semaine prochaine, le portant à 2,25 %.
Enfin, l’OCDE estime qu’au cours des mois à venir, la probabilité est plus forte que la révision de la croissance soit à la baisse plutôt qu’à la hausse. « Une période prolongée de perturbation des voies d’approvisionnement du pétrole et du gaz pèserait plus lourdement sur l’activité et accentuerait les tensions inflationnistes », indique-t-elle, ajoutant qu’un regain d’incertitude à propos de l’action publique en 2026, faute d’une majorité claire au Parlement, « pourrait entraîner une nouvelle hausse des taux d’intérêt à long terme et entraver la prise de décisions d’investissement par les entreprises et les ménages, au moins jusqu’aux élections présidentielles prévues au printemps 2027 ».
Elle note en revanche que l’accroissement des dépenses de défense en Europe pourrait en revanche bénéficier aux producteurs français plus tôt que prévu et stimuler les exportations.
Malgré tout cela, la France devrait être en mesure de tenir son objectif de déficit public à 5 % du PIB pour 2026, ce à condition que « les efforts d’assainissement se poursuivent et que les aides liées à l’énergie restent limitées », prévient l’OCDE.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

