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Alice & Bob accueille un (nouveau) poids lourd à son capital / Nvidia y signe son arrivée dans le cadre d'une extension de sa série B

Alice & Bob et le géant des puces d'IA, qui collaborent déjà sur le plan industriel, voient leurs liens se renforcer. La branche de capital-risque de Nvidia investit dans la start-up, dans le cadre d'une extension de sa série B. Elle est l’une des figures de proue du quantique dans l’Hexagone, pouvant compter sur un écosystème de jeunes entreprises prometteuses ou déjà bien installées dans cette industrie en développement, mais hautement stratégique, qui va d'ailleurs bénéficier d’un nouveau plan de soutien de la part de l’Etat français.
Des ingénieurs inspectent un processeur d'informatique quantique. (Photo : GORODENKOFF PRODUCTIONS/SCIENCE / GPR / Science Photo Library via AFP)
Des ingénieurs inspectent un processeur d'informatique quantique. (Photo : GORODENKOFF PRODUCTIONS/SCIENCE / GPR / Science Photo Library via AFP)

Un calendrier bien organisé. Alors que le président de la République, Emmanuel Macron, annonce ce vendredi une enveloppe supplémentaire d’un milliard d’euros sur cinq ans pour la stratégie nationale quantique, issue du programme d’investissements France 2030, l’une des pépites françaises du secteur fait valoir ses atouts auprès d’un géant de la Tech. Alice & Bob, le spécialiste de l’informatique quantique qui ambitionne de créer le premier ordinateur universel et tolérant aux pannes, annonce en effet l’arrivée de NVentures à son capital, la branche de capital-risque de Nvidia. L'opération est une extension de la série B de la start-up, pour un montant d’investissement non communiqué.

 

Déjà partenaires

 

Pour mémoire, sa dernière opération de financement avait été annoncée au mois de janvier 2025. Cette série B de 100 millions d’euros avait été menée par Future French Champions (FFC, joint-venture d’investissement entre Bpifrance et le fonds souverain qatari Qatar Investment Authority), Axa Venture Partners ainsi que Bpifrance, qui avait déjà participé à sa série A. Les fonds de capital-risque Elaia Partners, Breega et Supernova Invest avaient également remis au pot. Ce panel d’investisseurs avait été complété par le Conseil européen de l’innovation et la Région Ile-de-France.

« Nous collaborons avec Nvidia pour intégrer notre architecture de qubits-chats à son écosystème complet de calcul accéléré, du matériel au logiciel, afin de soutenir les premiers ordinateurs quantiques tolérants aux pannes », a souligné Théau Peronnin, CEO et co-fondateur d’Alice & Bob, à l’occasion de l’annonce. Les deux entreprises travaillent en effet ensemble depuis 2024. Parmi les projets, l’on y retrouve NVQLink, qui est l’architecture ouverte de la société dirigée par Jensen Huang pour le calcul hybride quantique et classique, ou bien Dynamiqs, la bibliothèque de simulation quantique open-source la start-up. « L’investissement de NVentures marque une nouvelle étape dans cette collaboration et conforte notre conviction que l’avenir du quantique sera hybride, combinant informatique quantique et classique pour résoudre des problèmes concrets », a poursuivi Théau Peronnin. De quoi, au-delà de l’aspect financier, renforcer donc une collaboration industrielle.

 

Un écosystème tricolore étoffé, mais en concurrence

 

La France compte plusieurs jeunes entreprises qui s’illustrent dans le domaine du quantique, comme Quandela, qui vient d’annoncer le lancement de projet de recherche et développement avec le centre de R & D de Safran. On y retrouve aussi Quobly, C12 ou encore Pasqal, dont le prix Nobel de physique Alain Aspect fait partie des co-fondateurs et qui vise à s’introduire prochainement sur le Nasdaq, puis à la Bourse de Paris.

Si l’Hexagone peut donc compter sur ses talents en la matière ainsi que sur un certain soutien public à la filière, notamment grâce à la commande publique – l’annonce d’une nouvelle enveloppe d’investissements du jour vient compléter le premier plan quantique français, qui s’est étalé entre 2021 et 2025 pour 1,8 milliard d’euros -, la concurrence internationale reste féroce dans ce domaine hautement stratégique. Ce que les Etats ont bien compris. Hier, l’administration de Donald Trump annonçait par exemple qu’elle allait déployer 2 milliards de dollars d’investissements dans un certain nombre d’entreprises du secteur, dont le géant IBM.

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