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Start-up / Private Equity / Eurazeo / Pierre Meignen

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Eurazeo / Pierre Meignen

Le nouveau fonds lower midcap d’Eurazeo démarre très fort / PME V dépasse déjà son prédécesseur

Le lower midcap européen retrouve des couleurs, et Eurazeo entend bien en capter la dynamique. Son fonds PME V franchit dès son premier closing le seuil atteint par le précédent millésime à la fin de sa levée, porté par un positionnement centré sur des actifs technologiques de croissance, rentables et appelés à s’internationaliser.
Pierre Meignen, Managing Partner et directeur de la stratégie Elevate chez Eurazeo.
Pierre Meignen, Managing Partner et directeur de la stratégie Elevate chez Eurazeo.

Le premier closing suffit déjà à dépasser le closing final du millésime précédent. Eurazeo, via son équipe Elevate, a annoncé ce mercredi un premier tour de table de plus d'un milliard d'euros pour son fonds PME V, alors que PME IV avait atteint ce niveau en 2022 à l’issue de l’ensemble du processus de levée. Le signe d'une dynamique de marché qui joue en faveur du segment lower midcap européen, et d'une franchise qui a su en tirer parti.

Pour Pierre Meignen, Managing Partner et directeur de l'équipe Elevate, ce démarrage s’inscrit dans un environnement de marché redevenu plus favorable au Vieux Continent. « L'Europe revient un peu en odeur de sainteté », observe ce professionnel de l'investissement qui officie dans cette équipe depuis 2005, d'abord chez OFI Asset Management avant de rejoindre Eurazeo en 2011. Selon lui, deux mouvements structurels se combinent. Le premier est géopolitique : la volatilité américaine pousse les institutionnels internationaux, très exposés aux États-Unis, à recalibrer leur allocation vers l'Europe, « de quelques pourcents probablement ». Le second est lié à la taille des cibles : « Les très grosses entreprises ont aujourd’hui du mal à se vendre, ce qui réduit fortement les distributions aux investisseurs institutionnels. À l’inverse, le mid-cap reste liquide et affiche, ces dernières années, des performances supérieures au large-cap. » Cette convergence explique en partie les 60 % d'investisseurs internationaux désormais engagés dans PME V.

 

Elevate mise sur les « premium assets »

 

Le positionnement d'Elevate, lower midcap, européen et sectoriel, est précisément calibré pour capter ce double mouvement. L'équipe cible des entreprises valorisées entre 100 et 500 millions d'euros à l'entrée, avec un ticket d'investissement autour de 100 millions. À la sortie, les participations atteignent des tailles de 500 millions à un milliard, « digestes par le marché des acquéreurs », notamment parce qu'elles restent finançables par la dette privée, sans dépendre des marchés obligataires.

La sélection sectorielle obéit à une logique de fly-to-quality assumée. « Les fonds comme nous ont tendance à privilégier des actifs qui ont des qualités intrinsèques fortes, et à s'affranchir des actifs dans des secteurs plus cycliques », résume Pierre Meignen. Elevate opère ainsi sur six sous-segments : software, hardware, services digitaux, services financiers, business services et plateformes de services. Le critère d'entrée est non négociable : « Des premium assets, ça veut dire une croissance organique à deux chiffres, minimum 10 % de croissance organique » pour des entreprises « qui ont souvent des rentabilités élevées, des barrières à l'entrée fortes », portées par des dirigeants, fondateurs ou managers professionnels, ayant « envie de trouver le bon partenaire pour conjuguer croissance organique avec de la croissance externe ».

 

Des champions domestiques appelés à changer d’échelle

 

Les deux premiers investissements illustrent cette grille de lecture. OMMAX, acquis en 2025, est un cabinet allemand de conseil en data et intelligence artificielle. Son rapprochement avec Singulier, cabinet français spécialisé en tech, data et IA, donne déjà corps à la thèse de buy-and-build. Le nouvel ensemble réunit plus de 400 professionnels présents à Amsterdam, Berlin, Hambourg, Londres, Milan, Munich et Paris, avec l’ambition de créer une plateforme européenne de référence dans la transformation par l’IA. Pour Eurazeo, OMMAX coche la case de l’acteur domestique appelé à changer d’échelle. « Ils nous ont choisis parce qu’ils ont vu en nous l’acteur capable et avec la bonne taille pour transformer Ommax, un acteur domestique, en un des leaders européens dans quelques années », explique Pierre Meignen.

Cette internationalisation est au cœur de la création de valeur recherchée. « Après 3 à 5 ans, en combinant croissance organique et croissance externe, réussir à faire évoluer ces entreprises pour qu’elles soient considérées à la sortie, non pas comme des entreprises allemandes ou domestiques ou françaises, mais comme des entreprises européennes avec un bon positionnement », détaille le dirigeant.

Nextron Systems, deuxième investissement de PME V, relève d’une autre facette de la même stratégie. Eurazeo a signé un accord pour acquérir une participation majoritaire dans cet éditeur allemand de logiciels de cybersécurité, spécialisé dans la détection et l’analyse de cyberattaques avancées. La société revendique plus de 550 clients dans plus de 25 pays, notamment dans la défense, les infrastructures critiques, les services aux collectivités et les services financiers. « L’entreprise se distingue par sa capacité à détecter avec une très forte fiabilité les cyberattaques, qu’elles soient déjà survenues ou toujours actives dans les systèmes des entreprises. », explique Pierre Meignen.

 

Le sourcing local comme avantage concurrentiel

 

Là encore, Eurazeo met en avant un profil de croissance rentable, avec des revenus récurrents et une exposition directe à l’essor de l’IA, cette fois par le prisme de la sophistication croissante des menaces cyber. « Dans notre jargon, c’est ce qu’on appelle l’entreprise Rule of 65 », indique Pierre Meignen, en référence à la somme de la croissance et de la profitabilité. Il y voit « typiquement un super premium asset, extrêmement bien positionné dans un secteur porteur ».

Le démarrage allemand du fonds n’est pas fortuit, même si Eurazeo continue de placer la France au premier rang de ses zones prioritaires, devant l’Espagne, l’Italie, la zone DACH et le Benelux. « Le deuxième deal a été sourcé par Jan Haase - qui nous a rejoint l'an dernier et a ouvert le bureau de Munich - en deal propriétaire, c’est-à-dire en négociant directement avec les vendeurs », souligne Pierre Meignen. Avec OMMAX et Nextron, PME V est déjà investi à plus de 10 % et vise un portefeuille de plus de 15 participations.

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