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UniCredit signe un trimestre record et lance son offre sur Commerzbank / Une opération guidée par la création de valeur

Des résultats nettement supérieurs aux attentes et un objectif de bénéfice net pour 2026 relevé à plus de 11 milliards d’euros : UniCredit confirme la puissance de son modèle. Dans le même temps, la banque a lancé une offre publique d’échange sur Commerzbank, structurée pour éviter une prise de contrôle immédiate et soumise à une exigence stricte de création de valeur, dans un contexte d’opposition politique persistante en Allemagne.
Andrea Orcel, le président-directeur général d'UniCredit (Photo by TASOS KATOPODIS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)2
Andrea Orcel, le président-directeur général d'UniCredit (Photo by TASOS KATOPODIS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)2

Double journée pour UniCredit. Ce mardi 5 mai, la banque italienne publiait ses résultats du premier trimestre 2026 et lançait simultanément son offre publique d’achat sur Commerzbank, dont les actionnaires pouvaient commencer à apporter leurs titres dès le même jour. Deux agendas en un, et deux récits distincts qu’Andrea Orcel, le président-directeur général d’UniCredit, s’est attaché à mettre en cohérence aux yeux des marchés.

Sur le premier trimestre, les chiffres parlent d’eux-mêmes. UniCredit signe un bénéfice net de 3,2 milliards d’euros, en hausse de 16,1 % sur un an, pour un retour sur fonds propres tangibles (RoTE) de 25,8 %. C’est le vingt et unième trimestre consécutif de croissance rentable du groupe et le meilleur trimestre tout court de son histoire. Surtout, ce résultat dépasse d’environ 20 % les attentes du consensus, porté notamment par une croissance des crédits d’environ 6 % sur un an. « Le dépassement est généralisé sur l’ensemble des lignes du compte de résultat », notent les analystes de Bank of America.

 

Le bénéfice net 2026 attendu au-delà de 11 milliards

 

Les revenus totaux progressent de 5 % en rythme annuel, à 6,9 milliards d’euros, portés par une hausse de 8 % des commissions et revenus d’assurance, qui représentent désormais 38 % des revenus nets, niveau correspondant à la cible stratégique fixée à horizon 2028. Le revenu net d’intérêt résiste mieux qu’attendu, à 3,6 milliards, malgré la normalisation des taux et la compression accélérée de la contribution russe. Les coûts continuent de baisser, à 2,3 milliards, ce qui propulse le ratio coûts-revenus à 33,4 %, au meilleur niveau sectoriel selon le groupe. Face à l’ensemble de ces éléments, UniCredit relève son objectif de bénéfice net pour l’exercice 2026 à au moins 11 milliards d’euros et réaffirme ses ambitions pour 2028 et 2030.

 

Rester sous le seuil de contrôle de Commerzbank

 

La lecture est tout aussi rassurante sur le front du risque. « La qualité des actifs s’améliore, avec un coût du risque de 17 points de base en ligne avec les attentes, des créances douteuses en recul et un taux de couverture en hausse autour de 46 %, les réserves restant stables », souligne la banque d’investissement américaine Keefe Bruyette & Woods.


Côté capital, le ratio CET1 ressort à 14,2 %, en retrait de 55 points de base sur le trimestre, sous l’effet notamment d’un impact temporaire lié à la revalorisation des participations dans Commerzbank et Alpha Bank. Mais en vision ajustée, il « ressort à environ 16,4 %, avec un impact de + 57 points de base lié au compromis danois et en incluant le rachat d’actions de 4,75 milliards d’euros », poursuit Bank of America. Ce mécanisme réglementaire permet, en cas de prise de contrôle, de traiter plus favorablement les participations dans des banques, en réduisant leur consommation de capital.

Interrogé sur l’usage de ce capital, Andrea Orcel maintient une ligne de conduite inchangée : toute opération externe devra strictement dépasser le coût du capital. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’offre sur Commerzbank, lancée ce 5 mai. Structurée comme une offre d’échange, elle prévoit environ 0,485 action UniCredit pour une action de la banque allemande, soit une valorisation implicite d’un peu plus de 34 euros par titre. L’opération ne vise pas une prise de contrôle immédiate. « Notre attente est d’atterrir en dessous du seuil de contrôle compte tenu de ce que nous observons », a indiqué Andrea Orcel aux analystes.

 

L’Allemagne reste vent debout

 

Le contexte politique et industriel continue toutefois de compliquer l’équation. L’opposition allemande ne s’est jamais démentie depuis les premières approches en 2024, qualifiées d’« hostiles » à Berlin, et s’est encore durcie depuis l’annonce de l’offre en mars. Syndicats, direction de Commerzbank et autorités publiques dénoncent un projet perçu comme non coordonné, porteur de risques sociaux et contraire à l’objectif de souveraineté financière. UniCredit oppose à ces critiques une lecture industrielle du dossier.
Devant les actionnaires réunis lundi en assemblée générale, le président Pietro Carlo Padoan a insisté sur le potentiel inexploité de Commerzbank et sur la capacité du modèle UniCredit à le révéler. Le groupe met en avant l’exemple de HVB, transformée au sein de son réseau sans perdre son ancrage local, pour illustrer une approche fondée sur la combinaison d’une plateforme paneuropéenne et d’entités nationales autonomes.

En attendant, la participation se révèle déjà créatrice de valeur. Andrea Orcel a indiqué aux analystes que 100 points de base de capital mobilisés génèrent aujourd’hui « plus de 20 % » de rendement, un niveau appelé à progresser avec l’amélioration des performances de Commerzbank. « Pour nos actionnaires, c’est une asymétrie avec un plein potentiel haussier et un risque baissier limité », a-t-il plaidé.

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