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Rexel bute sur les volumes, porté par les prix / Le groupe confirme ses ambitions 2026

Début d’année contrasté pour Rexel. Les volumes ont déçu au premier trimestre, freinés par la météo et certains décalages de projets, mais la hausse des prix et une croissance désormais partagée entre les trois régions permettent au groupe de confirmer ses objectifs 2026.
Guillaume Texier, le directeur général de Rexel. © Rexel.
Guillaume Texier, le directeur général de Rexel. © Rexel.

Un début d’année solide n’exclut pas quelques turbulences. Le distributeur de matériel électrique a ouvert 2026 sur une croissance organique de 3,4 % à nombre de jours constant, mais avec un chiffre d’affaires publié de 4,74 milliards d’euros en recul de 1,8 %, pénalisé par un effet de change négatif de 4,3 %, principalement lié à la faiblesse du dollar. Surtout, les volumes n’ont progressé que modestement. Une faiblesse « temporaire », a expliqué Guillaume Texier, le directeur général de Rexel, en présentant les ventes du premier trimestre aux analystes, évoquant notamment les effets météo, le calendrier de certains projets et une sélectivité commerciale accrue dans plusieurs pays. À la Bourse de Paris, l’action Rexel cédait près de 4 % mercredi matin, à 35,3 euros, dans le sillage de cette publication.

Dans le détail, les volumes n'ont contribué qu'à hauteur de 60 points de base à la croissance organique. Les intempéries en Amérique du Nord et en Europe ont amputé l'activité d'environ 50 points de base selon l'estimation de Guillaume Texier, un chiffre qu'il juge lui-même « difficile à quantifier précisément ». Le décalage d'exécution de certains grands projets a également pesé, tout comme la discipline commerciale du groupe sur les marges, visible notamment au Royaume-Uni, où les ventes reculent de 5,4 %.

 

La croissance gagne en profondeur géographique

 

En sens inverse, l'effet prix a agréablement surpris, à +280 points de base, en amélioration séquentielle par rapport au quatrième trimestre 2025 : les câbles bénéficient d'un effet cuivre favorable, le métal rouge ayant atteint en moyenne 12 878 dollars la tonne au premier trimestre 2026 (+37 % sur un an), tandis que les produits hors câbles profitent d'une seconde vague de hausses tarifaires, notamment en Amérique du Nord et au Moyen-Orient.

Au-delà du mix prix volumes, la géographie du trimestre mérite aussi attention. Pour la première fois depuis onze trimestres, les trois grandes régions du groupe affichent simultanément une croissance organique positive. L'Amérique du Nord reste le moteur principal, avec une progression de 5,8 % à jours constants, portée par les datacenters et les infrastructures à haut débit, segments où Rexel a progressivement renforcé son offre. L'Asie-Pacifique affiche la plus forte croissance du groupe, à +11,4 %, tirée notamment par l'Australie (+16,7 %), où la demande solaire soutenue par les subventions aux batteries accélère fortement. L'Europe, enfin, repasse en territoire positif à +0,6 %, en amélioration séquentielle par rapport à un quatrième trimestre 2025 à l'équilibre, mais dans un marché encore atone.

 

Le conflit iranien renchérit l’équation

 

Le conflit au Moyen-Orient, déclenché fin février, irrigue désormais tout le discours stratégique de Rexel. Guillaume Texier en a longuement détaillé les effets, à double tranchant.

D’un côté, les risques. La hausse des prix de l’énergie renchérit directement les coûts du groupe. Transport et énergie représentent environ 10% de la marge brute ajustée selon Guillaume Texier, soit près de 1% du chiffre d’affaires. « Nous avons pris des mesures pour compenser l'impact de ces hausses sur nos charges opérationnelles, notamment en ajoutant des suppléments carburant lorsque c'est possible, en développant l'usage des énergies vertes et en maintenant une discipline stricte sur la marge brute », a indiqué le directeur général. Il signale aussi une pression supplémentaire chez les fournisseurs, avec « un second cycle de hausses de prix de l'ordre de 3 % à 5 % pour de nombreux fournisseurs, notamment en Amérique du Nord ».

 

La crise nourrit aussi la demande

 

De l’autre, les opportunités. La crise énergétique ravive l’intérêt pour les solutions d’électrification et d’efficacité énergétique, cœur de métier de Rexel. En France, le gouvernement a annoncé en avril un plan portant le soutien à l’électrification à 10 milliards d’euros par an, centré sur les pompes à chaleur et les véhicules électriques. En Belgique, le solaire a bondi de près de 50 % au premier trimestre, avec une nette accélération en mars. « Ces catégories d'électrification, historiquement portées par les enjeux de durabilité, reprennent vie pour des raisons d'indépendance énergétique. C'est la deuxième fois en cinq ans que les ménages et les entreprises font face à de fortes hausses de leur facture d'énergie. Cela devient un sujet de gestion du risque », analyse Guillaume Texier, qui évoque de premiers signaux encore loin de l’ampleur observée en 2022.

Dans ce contexte, Rexel a confirmé ses objectifs 2026 : croissance des ventes à jours constants de 3 % à 5 %, marge d'EBITA courant ajusté d'environ 6,2 % et conversion du free cash-flow supérieure à 65 %. Des prévisions qui ne paraissent pas menacées. « Nous ne pensons pas que les objectifs 2026 soient à risque », soulignent les analystes d’Oddo BHF, rappelant qu’ils reposent sur une hypothèse de cuivre à 11 000 dollars la tonne, très inférieure à la moyenne d’environ 12 880 dollars observée au premier trimestre.

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