WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Rexel

Entreprises / Actions
Rexel

Rexel s’appuie sur sa force américaine / Des data centers à la 5G, les relais de croissance donnent le tempo

Rexel confirme sa solidité opérationnelle au troisième trimestre, porté par la vigueur de l’Amérique du Nord et la stabilisation progressive de l’Europe. Une performance au-dessus des attentes, qui traduit le succès d’une stratégie désormais bien ancrée dans les grands courants de l’électrification mondiale.
Guillaume Texier, le directeur général de Rexel
Guillaume Texier, le directeur général de Rexel

Rexel a coché les cases attendues et un peu plus au troisième trimestre. Le distributeur de matériel électrique publie des ventes de 4,76 milliards d’euros, en légère baisse publiée mais en hausse de 3 % à jours constants, sixième amélioration séquentielle d’affilée. La progression s’appuie sur l’Amérique du Nord, de nouveau locomotive, tandis que l’Europe reste en convalescence. Au-delà du constat, la photographie dit quelque chose d’un groupe qui a su se placer sur les bons vecteurs de croissance et qui déroule sa feuille de route sans surréagir aux soubresauts conjoncturels.

La dynamique est nette outre-Atlantique : les ventes y gagnent 7,4 % à jours constants, portées par des segments devenus structurants, data centers et infrastructures haut débit en tête. Ces activités représentent environ 12 à 12,5 % du chiffre d’affaires américain et comptent pour plus de la moitié de la croissance de la zone. Les carnets restent fournis, et Rexel investit pour suivre le rythme, avec des capacités logistiques renforcées à Atlanta et Reno afin de mieux servir la "salle grise" des centres de données. "Quand je suis arrivé, l’Amérique du Nord pesait 35 % de notre chiffre d’affaires. Aujourd’hui, c’est 47 %. C’est le fruit d’un renforcement stratégique mené à la fois par croissance organique et par acquisitions", explique à WanSquare Guillaume Texier, directeur général de Rexel. Cette bascule assumée, désormais visible dans les chiffres, éclaire l’écart de trajectoire avec l’Europe.

 

En Europe, les signes d’un léger mieux

 

Sur le Vieux Continent, le tableau reste contrasté mais s’améliore en marge. Les ventes reculent encore de 0,5 % à jours constants, avec une France bien orientée à + 3,8 % et un Benelux qui repasse en positif, quand Royaume-Uni-Irlande ou la région DACH demeurent sous pression. "En Europe, nous restons dans un creux de cycle de la construction, avec une confiance encore fragile, mais la situation s’améliore trimestre après trimestre, notamment en France et au Benelux", souligne le dirigeant. Ce constat colle à l’évolution des indicateurs de chantier et de transactions mentionnés par le groupe, et à l’effet ponctuel de la demande de climatisation cet été, qui a soutenu l’artisanat en France et aux Pays-Bas.

Le trimestre est aussi un test réussi sur l’exécution commerciale. La croissance organique de 3 % dépasse un consensus autour de 2,5 %, sans accélération particulière des prix sur les produits hors câbles, restés à environ + 0,9 % comme au deuxième trimestre. La contribution volume est, elle, positive, ce qui consolide l’idée d’une reprise davantage tirée par l’activité que par le pricing pur, dans un environnement américain demeuré concurrentiel. Les analystes d’Oddo BHF relèvent en ce sens un mouvement "solide s’agissant des volumes", tout en notant que l’effet prix n’accélère pas.

 

Un modèle à l’abri des droits de douane

 

Rexel ne semble pas handicapé par la question des droits de douane américains qui inquiète une partie des industriels. Le modèle, largement localisé, limite les flux importés sur les marchés nord-américains. "Nous sommes dans un métier largement local, dans lequel les produits que nous vendons sont très généralement fabriqués dans le pays où ils sont commercialisés ou à proximité", précise Guillaume Texier. "Nous sommes donc très peu impactés par les droits de douane aux États-Unis."

Le trimestre valide, plus profondément, des choix de portefeuille. "Ces résultats traduisent le succès de notre stratégie : il y a cinq ans, nous n’étions pas présents dans les data centers ; aujourd’hui, ils représentent 5 % de notre activité aux États-Unis, avec une croissance très dynamique", observe le directeur général. Cette percée, comme l’extension de l’offre haut débit après l’acquisition de Talley et son déploiement au Canada, illustre une méthode : identifier tôt les poches d’accélération, y adosser une organisation dédiée et investir dans l’outil logistique. "Dans le monde d’aujourd’hui, tout ce qui émerge est électrique. Être au cœur de cette transformation est une vraie force pour Rexel", poursuit Guillaume Texier.

 

Axelerate 28, cap maintenu sur la rentabilité

 

La feuille de route s’exécute avec constance. Le groupe affine ses objectifs pour 2025 : une croissance des ventes désormais attendue légèrement positive à jours constants, une marge d’EBITA courant ajusté autour de 6 % et une conversion de free cash-flow proche de 65 %. "Notre feuille de route repose sur le plan Axelerate 28, qui vise à déployer les actions nécessaires pour porter notre rentabilité au-delà de 7 % à moyen terme, contre environ 6 % cette année", rappelle le dirigeant. "L’environnement économique est sans doute un peu moins favorable que prévu, mais les actions engagées ont été menées plus rapidement et avec plus d’intensité que nous ne l’avions imaginé."

En Bourse, la réception est favorable : l’action gagnait environ 2,2 % à 29,1 euros mercredi matin, soutenue par des chiffres solides et une trajectoire perçue comme maîtrisée.

Le rendez-vous du 16 octobre, à l’occasion de la Rexel Expo à Paris, permettra de détailler la manière dont les plans d’action s’articulent pour atteindre les objectifs à moyen terme. Ce sera aussi l’occasion pour le groupe de préciser comment ses piliers de croissance, de l’Amérique du Nord à l’Europe, peuvent continuer à s’alimenter mutuellement

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article