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Publications, Résultats / Sodexo

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Sodexo face au doute des marchés après un coup de frein sur ses perspectives / L'Amérique du Nord toujours en difficulté

La publication des résultats semestriels du géant français de la restauration collective s’est accompagnée d’une révision, à la baisse, de ses perspectives annuelles - tant sur le plan du rythme de la croissance que de la rentabilité. Des annonces sanctionnées à la Bourse de Paris. La direction, désormais emmenée par Thierry Delaporte, a mené une revue de ses contrats et de ses actifs et entend présenter une nouvelle feuille de route stratégique aux investisseurs au mois de juillet.
(Photo : Lionel Bonaventure / AFP)
(Photo : Lionel Bonaventure / AFP)

La séance s’annonce chahutée pour Sodexo. Le géant français de la restauration collective a dévissé de près de 19 % dès l’ouverture de la Bourse de Paris, après avoir publié ses résultats semestriels, avant de limiter le recul à 11 % en fin de matinée. En cause : la révision de ses perspectives pour l’exercice 2025-2026, qu’il anticipait déjà comme une année de transition, tant sur le plan de la croissance que de la rentabilité.

Désormais, le groupe vise une progression interne de son chiffre d’affaires comprise entre 0,5 % et 1 % et une marge d’exploitation située dans une fourchette de 3,2 % à 3,4 %. Il était auparavant prévu que la première évolue entre 1,5 % et 2,5 %, tandis que sa marge devait être « légèrement inférieure à celle de 2025 ». Elle s’était alors affichée à 4,7 %. Nul doute que les investisseurs seront attentifs aux précisions qui seront apportées le 16 juillet, lors d’une journée dédiée à la feuille de route stratégique et aux ambitions de moyen terme du groupe.

 

Des éléments de réponse apportés

 

Thierry Delaporte, directeur général de l’entreprise depuis novembre dernier, après la décision prise d’opter pour une gouvernance dissociée, a apporté plusieurs éléments d’explication à l’occasion de la publication. Il a reconnu, qu’en dépit d’atouts structurels solides dans un secteur attractif et résilient, le groupe avait manifestement sous-performé son marché et ses principaux concurrents. « Cette situation résulte de causes installées de longue date, liées principalement à un niveau d’investissement insuffisant et à des enjeux d’exécution, notamment en matière d’intensité commerciale, de responsabilité dans la prise de décision, de gestion des priorités et de cohérence dans la mise en œuvre », a-t-il évoqué. Une revue approfondie des contrats et des actifs a ainsi été menée, ce qui se répercute sur les nouvelles perspectives de Sodexo, ainsi que sur ses résultats semestriels.

Le chiffre d’affaires consolidé du groupe, sur les six premiers mois de son exercice (soit pour la période s’étalant de septembre 2025 à février 2026) a ainsi été de 12 milliards d’euros. La croissance interne est de 1,7 %, contrastée en fonction des régions d’activité. Si l’activité en Europe et dans le reste du monde est restée orientée à la hausse, l’Amérique du Nord - premier marché du groupe que Thierry Delaporte a d’ailleurs directement repris sous sa coupe - apparaît toujours en difficulté. L’activité y a reculé de 1,8 %, pour atterrir à 5,4 milliards d’euros. Ceci résultant principalement de pertes de contrats sur le segment « éducation », ainsi que dans les « entreprises et administrations ».

Dans une moindre mesure, elle a aussi été touchée par un changement de périmètre sur certains contrats. Pour mémoire, la dynamique plus faible qu’attendu de l’activité du groupe dans la région avait été à l’origine d’une révision de ses perspectives lors de son exercice précédent. Au-delà de la lecture par géographie, la croissance interne a principalement été portée par des ajustements tarifaires (+ 2,4 %), puisque celle des volumes à périmètre constant est d’environ 0,2 %, tandis que la contribution nette des nouveaux contrats ressort négative, à hauteur de 0,6 %.

 

Des changements déjà engagés

 

Le résultat d’exploitation, de son côté, accuse une chute de 32,1 %, à 442 millions d’euros, entraînant une baisse de la marge de 140 points de base à taux de change constants, pour s’établir à 3,7 %. Cette dégradation reflète des enjeux opérationnels et des effets de mix, explique Sodexo, ainsi qu’un levier opérationnel plus limité lié à une moindre croissance et à l’accélération des investissements. Les effets de la revue des contrats et des actifs, précédemment citée, y ont aussi mis son grain de sable, incluant des provisions spécifiques liées à certains contrats, eu égard à leur performance effective et aux conditions de marché actuelles. Ajouté à des impacts de change, le plus faible niveau du résultat d’exploitation a entraîné une baisse de 36,7 % du bénéfice net ajusté semestriel, à 285 millions d’euros. À noter, par ailleurs, que la révision des perspectives annuelles entraînera aussi un ratio d’endettement net sur EBITDA supérieur à la fourchette cible d’une fois à deux fois.

« Conscients que ce redressement ne se fera pas du jour au lendemain, nous avançons avec un fort sens de l’urgence dans la mise en œuvre de notre plan d’actions pour renouer avec la croissance », a indiqué Thierry Delaporte, soulignant que certains changements avaient déjà été engagés dans l’organisation afin d’accélérer la prise de décision. À la fin du mois de février, le directeur général avait notamment annoncé un nouveau comité exécutif pour le groupe, afin d’adopter un modèle de gouvernance plus allégé et ciblé, réunissant les six directeurs régionaux et les principaux responsables du groupe.

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