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Sodexo / thierry delaporte / shift and grow 2030

Sodexo prévoit d’accélérer en deux temps d’ici à 2030 / Trois piliers pour viser plus de 5 % de croissance interne

Le groupe de services de restauration collective et de facility management a présenté sa nouvelle feuille de route stratégique, "Shift & Grow 2030". Misant sur une approche centrée sur les clients et accompagnée d’un programme d’investissements significatif, elle doit permettre à Sodexo d’atteindre une croissance interne de son chiffre d’affaires de plus de 5 % d’ici la fin de la décennie, ainsi qu’une marge d’exploitation supérieure à 5 % également.
(Photo : Lionel Bonaventure / AFP)
(Photo : Lionel Bonaventure / AFP)

Sodexo met le cap sur 2030 avec de nouvelles ambitions. Ce jeudi, Thierry Delaporte, directeur général du géant français des services de restauration et de facility management, a présenté à la communauté financière la mise à jour de ses objectifs stratégiques pour les prochaines années. Le plan « Shift & Grow 2030 » visera ainsi à accélérer sa croissance et à rétablir sa compétitivité. Le tout au travers d’une approche axée sur le client, soutenue par des choix adaptés aux géographies, aux segments de clientèle et aux types de services, avec l’Amérique du Nord comme priorité. « Les clients recherchent des partenaires capables d’opérer à grande échelle, d’exécuter de manière constante et de fournir des services de haute qualité dans plusieurs géographies », a résumé le dirigeant lors de la présentation.

Cette présentation avait été annoncée il y a quelques mois, alors que le groupe avait révisé à la baisse ses objectifs annuels de croissance interne. S’ils ont été relevés par la suite, à la faveur d’un troisième trimestre meilleur qu’anticipé et alors même que les premières actions mises en place commençaient à porter leurs fruits, la direction se fixe désormais des objectifs clairs pour la fin de la décennie : atteindre une croissance interne supérieure à 5 % et une marge d’exploitation supérieure à 5 % également d’ici l’exercice 2030.

 

Un palier, puis un autre

 

L’accélération se fera en deux temps. Les exercices 2026 et 2027 seront dédiés au renforcement des capacités commerciales, à la simplification des opérations et à l’accélération des investissements (avec une croissance interne des revenus prévue entre 2 % et 3 %, et une marge d’exploitation en ligne avec les perspectives en place pour 2026, soit entre 3,2 % et 3,4 %). Les objectifs finaux seront ensuite atteints d’ici 2030, grâce à une phase plus dynamique anticipée dès 2028, portée par les effets positifs des actions entreprises, qui joueront sur la croissance, la rentabilité et le retour sur investissement.

Ce plan s’articule autour de trois piliers, pensés pour pallier les écarts ayant jusqu’ici freiné la trajectoire visée. D’abord, reconstruire le moteur de la croissance en renforçant la proximité avec les clients, la gestion proactive des comptes clients et du développement commercial, la compétitivité-prix et une approche dédiée aux grands comptes. Ensuite, simplifier et standardiser le modèle opérationnel afin de gagner en efficacité, en cohérence et en capacité de déploiement. Et, enfin, relancer la culture de la performance en interne.

 

Le point de départ

 

En effet, lors de la présentation aux investisseurs, Thierry Delaporte a souhaité dresser un état des lieux. Il a d’abord souligné que l’organisation était devenue « trop averse au risque », ce qui s’est reflété par une moindre intensité commerciale, davantage de prudence dans la relation client et moins de volonté d’y investir avec un temps d’avance. « Trop souvent, nous n’étions pas assez proches de nos clients. Notre focalisation sur la protection des marges à court terme nous a finalement rendus moins compétitifs, car nous fixions nos prix à partir de notre base de coûts plutôt qu’à partir du marché. Et, à mesure que notre base de coûts devenait moins compétitive, nos offres le devenaient aussi. Dans notre industrie, intensive en main-d’œuvre, une marge durable vient de la croissance, de l’échelle et de la rétention », a indiqué le directeur général de Sodexo.

Le deuxième sujet identifié aura été celui de la complexité, de l’autonomie et de la capacité de décision, ce qui a freiné la cohérence d’exécution. À ce sujet, des mesures ont déjà été mises en place pour rendre la gouvernance plus lisible et ciblée.

Troisièmement, le manque d’investissement dans les capacités nécessaires pour opérer à l’échelle. « Cela commence par les talents », a précisé Thierry Delaporte, suivis par les investissements dans la force de vente, la gestion des comptes, les opérations, le pilotage des effectifs ainsi que les systèmes technologiques et de données. « Enfin, cela est devenu particulièrement visible en Amérique du Nord. Les États-Unis ne peuvent pas être gérés comme un pays parmi d’autres. Nous y affrontons des leaders mondiaux sur leur marché domestique. Cela exige un autre niveau d’intensité, de leadership, d’investissement et de rapidité », a ainsi expliqué Thierry Delaporte, qui a d’ailleurs lui-même repris la direction de cette région, premier marché du groupe.

 

Une enveloppe prévue

 

Pour mettre ses ambitions en œuvre, Sodexo prévoit d’augmenter les investissements nécessaires au fonctionnement quotidien de l’entreprise, incluant environ 100 millions d’euros de charges opérationnelles annuelles récurrentes pour renforcer ses capacités commerciales dans la durée, ainsi qu’environ 1 milliard d’euros d’investissements non récurrents, qui seront consacrés à la Tech, aux achats et à la transformation des organisations entre 2026 et 2030.

D’un autre côté, des dépenses d’investissement de long terme, représentant environ 2,5 % à 3 % du chiffre d’affaires, seront engagées pour soutenir les ambitions commerciales du groupe et ses gains de productivité, « tout en préservant un modèle peu capitalistique », a indiqué Sodexo dans sa présentation. Des acquisitions ciblées et complémentaires ne sont pas exclues afin de renforcer des expertises ou de développer des marchés prioritaires. La politique de retour aux actionnaires sera maintenue, avec un taux de distribution du dividende fixé à 50 %.

 

Un marché en croissance

 

« Ce qui est enthousiasmant, c’est que nous opérons sur des marchés vastes et en croissance, avec de solides fondamentaux de long terme. La restauration et le facility management représentent ensemble un marché de plus de 1 000 milliards d’euros, en croissance d’environ 4 % par an », a précisé Thierry Delaporte. Ce qui a changé, ce sont les attentes des clients, a-t-il ajouté, au regard de plusieurs tendances structurelles. Parmi elles, des attentes plus élevées, une tendance à la simplification impliquant pour les entreprises et les organisations de réduire leur nombre de fournisseurs, tout en attendant que ces derniers puissent opérer à l’échelle, ou encore l’importance croissante accordée à l’expérience sur le lieu de travail.

« Enfin, la technologie, et l’IA en particulier, est en train de redéfinir les attentes en matière de productivité, de transparence et de qualité de service dans tous les segments. Elle crée également de nouvelles opportunités dans le secteur technologique, notamment dans des environnements comme les centres de données », a indiqué Thierry Delaporte. En témoigne l’annonce faite ce jour d’un contrat majeur de restauration remporté auprès de Meta, l’un des plus importants jamais gagnés par Sodexo, attribué à l’issue d’un appel d’offres mondial. Il couvrira plus de 130 sites dans une trentaine de pays et englobe une diversité d’environnements tels que des sièges sociaux, des campus, des centres de conférences ou encore des data centers.

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