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France : une réindustrialisation qui s’érode / Un solde net d’ouvertures d’usines en chute libre
Le moteur industriel français ralentit. Publié par la Direction générale des Entreprises (DGE), le dernier Baromètre industriel de l’État dresse un constat contrasté pour 2025 : si la France continue d’ouvrir plus d’usines qu’elle n’en ferme, l’élan de réindustrialisation amorcé ces dernières années marque nettement le pas. Le solde net d’ouvertures et d’extensions s’établit à + 19, loin des + 88 enregistrés en 2024.
L’indicateur, fondé sur le nombre effectif de mises en production, mesure « le nombre net d’ouvertures de sites industriels, c’est-à-dire le nombre total d’ouvertures auquel on soustrait le nombre de fermetures ». Il prend également en compte les évolutions majeures d’activité sur des sites existants, dès lors que leur impact territorial équivaut à une création ou une disparition d’usine.
Dans le détail, la dynamique de création résiste. Le nombre d’ouvertures et d’extensions se maintient au niveau de 2024, porté par des dispositifs publics comme le crédit d’impôt industrie verte ou le plan France 2030. Les perspectives restent orientées positivement, avec de nombreux projets en cours. Le baromètre souligne ainsi que « 150 usines sont en cours de création, soutenues par différents dispositifs publics ou annoncées lors d’événements d’attractivité ».
Mais ce socle est fragilisé par une hausse marquée des fermetures. En cause : un environnement international de plus en plus tendu, entre concurrence accrue, pressions énergétiques et barrières commerciales. « La dégradation du contexte international pèse fortement sur la dynamique des fermetures d’usines », note le document, qui observe également une progression des défaillances d’entreprises industrielles.
Les contrastes sectoriels sont également marqués. Les filières innovantes tirent leur épingle du jeu, à commencer par l’industrie verte (+ 26), suivie de la défense, de l’aéronautique et du spatial (+ 19) ainsi que de l’électronique (+ 12). À l’inverse, les secteurs industriels traditionnels (chimie, métallurgie ou mécanique) restent en difficulté, pénalisés notamment par les coûts énergétiques et la concurrence internationale.
Sur le plan territorial, la dynamique reste hétérogène. La Nouvelle-Aquitaine arrive en tête (+ 19), devant l’Occitanie (+ 10) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (+ 6). Les régions historiquement industrielles du nord du pays continuent en revanche de décrocher, à l’image des Hauts-de-France (-5).
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