Macro-économie / Taux / Apprentissage / Etat / coûts
Macro-économie / Taux
Apprentissage / Etat / coûts
L’apprentissage n’a pas tenu toutes ses promesses / Un financement conséquent qui produit des effets très hétérogènes
Un succès pour le moins cher payé. L’apprentissage a été plébiscité ces dernières années et la hausse du recours à ce dispositif est loin d’être indolore pour les finances publiques tricolores. Chaque apprenti coûte près de 14 700 euros par an à l’État, une somme non négligeable qui a logiquement attiré les regards lors des discussions portant sur le déficit public hexagonal. La moindre dépense y est examinée de près pour permettre de redresser les comptes de la nation.
Le bilan du dispositif de l’apprentissage dressé par plusieurs membres de la direction générale du Trésor - dans un document élaboré sous la responsabilité de l’institution – ne contient pas que des louanges. Notamment par rapport aux fonds alloués comparativement à d’autres pays où l’apprentissage est pourtant durablement implanté à l’image de l’Allemagne, il est considéré par leurs soins que le soutien public est "nettement supérieur" en France que dans ces autres économies. Il faut dire que le succès dans l’Hexagone est tel qu’il a profondément modifié le profil des apprentis à travers le temps. Les volumes engagés n’ont rien à voir . Au titre de l’année 2023, les employeurs d’apprentis français "ont bénéficié de subventions publiques d’un montant total de 4,3 milliards d’euros soit 4 200 € par apprenti, alors que leurs homologues allemands ont bénéficié de 0,1 milliard d’euros soit 76 € par apprenti et élève du système de transition vers l’apprentissage". Le poids plus conséquent des apprentis dans le secondaire en Allemagne et le moins grand nombre de cursus concernés outre-Rhin expliqueraient que le coût de la formation hors entreprises à la charge de la puissance publique ne soit que de 4 350 euros en Allemagne contre 8 381 euros en France.
Bouleverser
La bonne allocation des deniers publics ne se mesure en effet pas uniquement à l’aune du coût de l’apprentissage mais également en regardant les effets sur l’emploi. Il apparaît que les apprentis sont aujourd’hui plus souvent étudiants de l’enseignement supérieur que du secondaire, et leurs employeurs sont devenus de plus en plus nombreux à être du secteur des services. Loin de l’image d’un mécanisme favorisant l’accès à l’emploi de travail relativement peu qualifié dans des secteurs ayant trait à l’industrie ou encore à des métiers manuels.
Les résultats tendent pourtant à démontrer que "l’apprentissage facilite globalement l’insertion professionnelle en début de carrière par rapport à la voie scolaire", un effet qui disparaît à mesure que le niveau de diplôme des apprentis augmente. Pour les jeunes au niveau du CAP, ceux ayant emprunté la voie de l’apprentissage ne sont pas moins de 63 % à être en emploi 18 mois après celui-ci contre 36 % pour ceux ayant suivi la voie scolaire. Les facteurs ayant fait exploser le recours à ce mécanisme en dehors des cas les plus pertinents seraient plutôt à chercher du côté de la " libéralisation de l’offre de formation des centres de formation des apprentis et du cadre réglementaire des contrats" et dans l’aide étatique à destination des employeurs d’apprentis.
Distinguer
La meilleure insertion sur le marché de l’emploi n’est pas non plus uniquement le fait de l’apprentissage dans certains cas, il est ainsi possible par exemple que bien que les apprentis du supérieur "occupent plus souvent un emploi de meilleure qualité que leurs homologues de la voie scolaire, cela pourrait ne pas s’expliquer par leur passage par une formation en apprentissage, mais par d’autres différences avec les étudiants" tels que le secteur de formation. La réticence des entreprises à supporter le coût de formation d’un nouvel employé peut également expliquer qu’il leur soit parfois plus facile d’être embauché et ce pourtant sans que le taux d’emploi agrégé de l’économie n’en bénéficie.
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