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IPO : les ressorts d’une préparation réussie au cœur des ateliers d’Euronext / Investisseurs et entreprises livrent leurs conseils

Dans le cadre de l’édition 2026 de son programme "IPOready", visant à donner aux sociétés non cotées des clés de préparation d’une introduction en Bourse, l’opérateur boursier paneuropéen a organisé un nouvel atelier destiné à en démystifier le processus. Objectif : partager des retours de terrain et distiller des conseils opérationnels afin d’être en mesure de les réussir, et d’y gagner dans le temps.
(Photo par ERIC LALMAND / BELGA MAG / Belga via AFP)
(Photo par ERIC LALMAND / BELGA MAG / Belga via AFP)

Euronext fait dans le concret pour accompagner les entreprises qui ont le potentiel de s’introduire en Bourse. L’opérateur boursier paneuropéen organisait, ce mercredi, dans le cadre de son programme « IPOready », la deuxième journée d’ateliers dédiés aux entreprises y participant cette année, aux côtés de ses partenaires et de certains de ses alumni. De quoi recevoir, pour d’éventuels aspirants, des conseils opérationnels : la matinée par exemple, était animée par Portzamparc (groupe BNP Paribas) dans l’idée de donner un certain nombre de clés et retours d’expérience utiles à toute société qui souhaiterait se préparer à toquer à la porte des marchés publics, et d’éclaircir ainsi les étapes nécessaires pour ce faire.

 

Construire son equity story

 

Au programme : structurer et organiser la gouvernance interne du projet en amont, trouver les bons partenaires de conseil, construire son "equity story", organiser son placement, anticiper la sortie des investisseurs historiques et, bien évidemment, en attirer de nouveaux. Portzamparc est un interlocuteur tout trouvé pour expliciter les ressorts de la préparation d’une introduction en Bourse (IPO), puisque la société propose, entre autres, un service d’accompagnement aux entreprises sur ses différentes étapes : évaluation, rédaction du prospectus, présentation à l’Autorité des marchés financiers (AMF) et à Euronext, coordination des parties prenantes, placement auprès des investisseurs…

Un parcours jalonné d'échelons, pouvant aussi permettre l’identification d’investisseurs susceptibles de jouer un rôle de « cornerstone », plus activement impliqués dans le processus en amont. Et de les convaincre de s’associer à l’opération, dans la mesure où leur présence représente plusieurs avantages, ont rappelé les équipes de Portzamparc : ils en allègent par exemple considérablement le risque, en s’engageant par avance et de manière irrévocable à souscrire à un certain montant de l’augmentation de capital, à un prix donné. Au-delà de cet aspect de sécurité, d’autant plus bienvenu dans une période où les marchés financiers évoluent au gré de nombreuses incertitudes, leur signature peut aussi créer un effet d’entraînement.

« Sur un processus d’IPO classique, la fenêtre de tir peut être courte, de quelques semaines, pour rencontrer le management, se familiariser avec les comptes et approfondir le cas d’investissement. Être “cornerstone” donne l’avantage d’avoir ce processus long, où le dialogue peut se créer afin d’approfondir des éléments peut-être mal compris et de faire évoluer certains biais de communication importants pour le succès de l’IPO. C’est positif pour une entreprise, afin de lui permettre d’affiner sa communication, mais aussi pour les investisseurs, afin de se familiariser. C’est gagnant-gagnant », a de son côté expliqué Alexis Bossard, gérant chez Edmond de Rothschild AM. « Un processus d’IPO, c’est avant tout une rencontre entre des investisseurs et des entrepreneurs », a-t-il ajouté.

 

Créer de la confiance avant tout

 

Annabelle Vinatier, analyste chez Lazard Frères Gestion, a de son côté corroboré, estimant qu’une entreprise pouvait être prête à se lancer dans une IPO à partir du moment où elle était prête à donner confiance aux marchés. « Lorsqu’un investisseur n’est pas dans le processus "cornerstone", il ne dispose que d’un document avec deux années de comptes et d’une courte rencontre. Il y a une asymétrie d’information, puisque vous connaissez votre marché, votre clientèle, votre plan de développement ; nous avons donc besoin de confiance. Elle peut se construire de différentes façons. Mais il faut tout d’abord que le projet soit clair : sur les montants dont vous avez besoin, pour quelle raison et à quelle échéance. Il faut être capable d’expliquer son métier et de se fixer des objectifs à trois ou cinq ans », a-t-elle poursuivi.

Les entreprises conviées à partager leur retour d’expérience ont aussi pu en attester : s’introduire en Bourse reste avant tout une question de vision de long terme. « L’IPO, ce n’est pas une fin en soi, c’est plutôt le démarrage d’une nouvelle phase de développement et d’un nouveau plan stratégique », a rappelé Mélissa Anglade, secrétaire générale de Rising Stone. L’entreprise spécialisée dans l’immobilier de luxe, vient tout juste de s’introduire sur Euronext Growth et levé, à cette occasion, 35,5 millions d’euros (18,9 millions d’euros avaient par ailleurs déjà été sécurisés par 16 investisseurs).

Jacques Le Mancq, directeur général de Broadpeak, passé par le programme IPOready d’Euronext avant de se lancer en Bourse (l’IPO a été réalisée en 2022 sur Euronext Growth, où le groupe a levé 23 millions d’euros), a lui aussi rappelé qu’une IPO devait coïncider avec une phase précise de développement. Et que les axes de croissance, d’investissement et d’amélioration de la rentabilité devaient être bien explicités aux marchés, tout en sachant qu’il faudra être à la hauteur des promesses. « Nous avions un plan. Ces fonds devaient nous permettre de faire trois choses : accélérer notre feuille de route technologique, accélérer sur le SaaS et développer notre force commerciale », a expliqué le dirigeant du spécialiste des solutions logicielles et matérielles, visant à optimiser la performance du streaming.

 

Intégrer les risques, mais se saisir des avantages

 

L’environnement de marché était alors favorable et les actionnaires existants une fois convaincus, l’envie de ne pas reporter à plus tard une IPO vouée à se réaliser aura finalement pris le pas sur la décision de réaliser une nouvelle levée de fonds privée. Certes, a tenu à rappeler le dirigeant, les fluctuations de marché et les fortes variations pouvant affecter un cours, après une mauvaise annonce, ou parfois pour des raisons exogènes, restent des facteurs à prendre en compte. Mais il identifie en tout cas trois grands avantages à être coté à la Bourse de Paris : le fait d’avoir désormais une gouvernance réellement structurée, la transparence qu’elle exige - représentant un gage de sérieux pour ses clients et partenaires - et l’obligation de résultat qui en découle. « Avec le rythme des publications financières, on sait que si l’on souhaite tirer les bénéfices d’un nouveau produit, il y a tout intérêt à développer rapidement ses projets », a souligné Jacques Le Mancq.

Car de fait, au-delà d’une préparation réussie, la trajectoire qui suivra reste le plus important. « Le succès d’une IPO ne se fait pas lorsque l’on sonne la cloche, mais vraiment dans le temps long », a indiqué Alexis Bossard.

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