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Avec 6,3 milliards d'euros déployés en 2025, le plan climat de Bpifrance poursuit son exécution / Des retombées concrètes pour les entreprises s'engageant dans la transition

La banque publique d’investissement a déployé 6,3 milliards d’euros au service des enjeux environnementaux en 2025, dans le cadre de son "plan climat", grâce à la mobilisation de l’ensemble de ses métiers. À rebours de certains arguments pouvant être évoqués pour illustrer un manque de volonté des entreprises françaises à s’engager dans une transition énergétique et environnementale, les remontées de terrain font finalement apparaître un certain nombre de logiques "business" à s’inscrire dans cette démarche. Cela peut aussi se mesurer par les chiffres, notamment en ce qui concerne des dispositifs de conseil de Bpifrance.
(Photo de Jean-Michel Delage / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
(Photo de Jean-Michel Delage / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Un retour en arrière sur les sujets ayant trait à la transition écologique et énergétique (TEE) s’opère-t-il réellement dans le tissu productif français ? Le contexte ambiant, mouvant et incertain sur le plan international et empreint d’une croissance morose, ainsi que d’un certain nombre d’autres difficultés pour les TPE, PME et ETI françaises, pourrait laisser penser que leurs dirigeants cherchent à se concentrer sur d’autres priorités. Coût de cette transition, temps qu’elle prend à organiser ou le fait de ne pas se sentir concerné par la thématique : certains arguments restent souvent évoqués pour soutenir cette thèse.

Mais pourraient finalement davantage émaner d’une minorité vocale, plutôt que de refléter une tendance de fond. "Ce n’est pas ce que nous observons sur le terrain", a en effet expliqué mardi Isabelle Albertalli, directrice climat de Bpifrance, en présentant le bilan annuel du plan climat de la banque publique d’investissement. Et notamment car les entrepreneurs observent bien le lien entre la TEE et la bonne santé de leurs affaires. D’abord parce qu’elle peut permettre de réduire les dépenses et les coûts – électrification, circuit fermé d’eau, moins de déchets, donc moins de taxes, etc. Ensuite, parce qu’elle peut aussi amoindrir les risques et les dépendances, grâce à l’adaptation, une meilleure gestion des approvisionnements, ou une amélioration de sa conformité réglementaire. Enfin, pour les entreprises les plus matures, elle peut aussi ouvrir aussi la voie à de nouveaux revenus : l’innovation sur un modèle d’affaires peut permettre de vendre plus de services que de produits, par exemple, avec davantage de marge et moins de maintenance.

 

Entretenir la dynamique

 

Le cap, pour Bpifrance, est en tout cas clair : mobiliser 35 milliards d’euros d’ici à 2030 sur la thématique climatique, avec une montée en puissance progressive. Et en 2025, la banque aura tenu ses promesses, en déployant 6,3 milliards d’euros dans le cadre de son « Plan Climat », en faveur de la TEE de plus de 3 000 entreprises. Ceci au travers de ses différents métiers : financement, investissement (innovation, capital-développement, fonds de fonds), conseil (accélérateurs, diagnostics, missions de conseil ou volontariat territorial en entreprises vert), garantie ou export. "Pour le faire, il a fallu travailler", a rappelé Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance. La banque s’appuie en effet notamment sur un mécanisme de porte-à-porte de masse, grâce à ses agences régionales, afin d’inciter les PME françaises à s’engager dans cette dynamique.

Le plan climat de Bpifrance se structure, pour mémoire, autour de trois piliers, traduisant ses grands objectifs. Le verdissement des entreprises (1,7 milliard d’euros en 2025) tout d’abord, par exemple grâce à des prêts verts sans garantie ou des solutions d’accompagnement. Ensuite, s’assurer de la croissance des porteurs de solutions de demain, comme les greentechs. Une catégorie d’entreprises qui se trouve à la croisée des chemins des priorités de Bpifrance : elles sont aussi souvent des créatrices d’innovations de rupture, autrement dit des deeptechs (22 %, plus précisément) et 57 % d’entre elles ont des enjeux industriels. Quelque 2,5 milliards d’euros auront ainsi été dédiés à ces sociétés l’année dernière. Enfin, le dernier pilier correspond au soutien à la production d’énergie décarbonée, qui a représenté 2,1 milliards d’euros en 2025. Il s’agit ici du financement à long terme d’infrastructures photovoltaïques, éoliennes ou de biomasse, par exemple, sur laquelle Bpifrance agit de concert avec les autres banques françaises de la place.

Pour entretenir cet élan et s’ajuster aux besoins des entreprises, Bpifrance a lancé plusieurs dispositifs en 2025. Par exemple, elle a inauguré deux nouveaux prêts destinés à financer l’achat d’équipements plus durables par les PME et ETI, avec le soutien financier de la Banque européenne d’investissement. De même, le « Diag Impact Environnemental » a été lancé afin d’accompagner les entreprises innovantes dans l’identification et l’évaluation de leurs impacts environnementaux. Une verticale de l’activité de conseil de Bpifrance, dont la banque publique s’est d’ailleurs attachée à quantifier les impacts.

 

Des chiffres évocateurs

 

Les « Diags Climat », en partenariat avec l’Ademe, opérés par la banque, sont en effet ouverts aux entreprises de moins de 500 salariés. Ils reposent sur la réalisation d’un diagnostic environnemental (comme un bilan des émissions carbone pour le Diag Décarbon’Action, ou l’analyse des flux de matière, d’eau et d’énergie pour le Diag Eco Flux) et débouchent sur un plan d’action opérationnel destiné à réduire les impacts environnementaux d’une société. Ils sont déployés depuis 2021 et ont rencontré une progression rapide : le Diag Décarbon’action comptait par exemple 2 500 bénéficiaires en 2024. Le Diag Eco Flux, avait attesté d'un fort démarrage avant que son nombre ne se replie, pour 200 dossiers en 2024.

L’étude fait en tout cas ressortir plusieurs constats nets : d’abord, 25 % des ETI françaises industrielles ont déjà souscrit à un diagnostic. "L’étude montre en outre que les diagnostics touchent davantage des entreprises de secteurs relativement émissifs, ce qui est cohérent avec les enjeux environnementaux associés au dispositif. La couverture apparaît ainsi légèrement plus forte dans les secteurs à intensité carbone élevée ou très élevée, notamment du fait du poids de l’industrie parmi les bénéficiaires", explique la banque. Pour les entreprises industrielles de plus de 20 salariés (par rapport à des établissements comparables n’ayant pas bénéficié du dispositif), elles enregistrent une baisse moyenne de 17 % de leur consommation énergétique, à un horizon de 18 mois. Ce qui se traduit par une réduction moyenne d’environ 23 000 euros de leur facture énergétique annuelle. Par ailleurs, l’étude met aussi en lumière un effet positif sur l’investissement environnemental, puisque les entreprises bénéficiaires sont 7,5 points de pourcentage plus susceptibles d’investir dans la dépollution, par rapport à la probabilité de base, qui est de 42 %.

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