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Entre le climat, l’industrie et la deeptech, Bpifrance suit ses priorités de près / Un niveau d'activité record en 2025
Bpifrance ne réduit pas la voilure. En 2025, la banque publique d’investissement a injecté 72 milliards d’euros dans l’économie française, traduisant un nouveau sommet d’activité, en progression de 12 milliards d’euros sur un an. Une dynamique lui ayant permis de signer plusieurs records. Parmi eux : un volume de crédits historique, avec 21 milliards de liquidités diffusées dans les entreprises françaises. Ou encore, plus de 30 milliards d’euros pris en garantie par Bpifrance Assurance Export et 1 500 entreprises ainsi accompagnées dans leurs projets internationaux. Mais aussi 2,5 milliards d’euros d’investissements réalisés au travers de son activité de capital-développement et 3,2 milliards d’euros de cessions enregistrées, dans un environnement de marché pourtant encore délicat. Et, enfin, un plus haut de souscriptions au travers du fonds de fonds, pour un total de 1,8 milliard d’euros et 76 investissements. Le tout ayant suivi le fil rouge de ses priorités stratégiques, que sont le climat, l’industrie et la deeptech.
Des outils verts
Elles se sont reflétées au travers de plusieurs temps forts au fil de l’année. Du côté du climat par exemple et alors que 6,3 milliards d’euros ont été déployés en faveur de la transition de 3 000 entreprises en 2025, la banque a par exemple étoffé son offre d’accompagnement. Cela s’est traduit par le lancement de son diagnostic « adaptation », visant à permettre aux PME françaises de se préparer aux évènements découlant du dérèglement climatique et qui auront (ou ont déjà) un impact sur leurs activités, par celui du diagnostic biodiversité ou encore celui de l’accélérateur « économie circulaire » l’an passé.
"Le coq vert a sa boîte à outils", a expliqué Nicolas Dufourcq, le directeur général de la Bpifrance, lors de la conférence de présentation du bilan d’activité de la banque. Au-delà des diagnostics (1 200 en 2025 sur la thématique du climat), 760 millions d’euros ont par exemple aussi été dédiés à des prêts et des aides visant à financer des projets de transition. Ils ont été 1 100 à en profiter en 2025, dont 18 % dans l’industrie. De même, 185 millions d’euros ont été directement investis dans des start-ups greentechs, tandis que 410 millions d’euros de risques ont été couverts par la "garantie verte" de la banque, un produit nouvellement lancé en 2024, entre autres solutions pensées pour accélérer la transition des entreprises françaises. La banque est aussi entrée au capital d’entreprises stratégiques du secteur, au travers de son activité de capital-développemnt, comme Veolia ou le spécialiste de la géothermie Arverne.
Des problématiques propres
Du côté de l’industrie, la banque publique d’investissement a fléché près de 8 milliards d’euros vers 12 100 industriels. Ils ont été répartis, de nouveau, au travers de l’ensemble de ses métiers. Par exemple, 2 160 d’entre eux ont profité d’un diagnostic ou d’une mission de conseil (60 % des missions de conseil de la banque touchent d’ailleurs des sociétés du secteur). De même, 85 millions d’euros ont été investis au travers de son activité « fonds de fonds », grâce au Fonds national de venture industriel (FNVI, doté par l’État dans le cadre de France 2030 et géré par Bpifrance), vers 4 véhicules rompus aux spécificités et aux risques des projets de pré-industrialisation ou d’industrialisation des start-ups et PME françaises.
Selon les chiffres de la banque publique d’investissement, qui consacrera 35 milliards d’euros aux entreprises du secteur sur les quatre prochaines années, 127 sites industriels ont été inaugurés sur le sol français entre le 1er janvier et la fin du mois de septembre dernier. La tendance devrait d’ailleurs s’afficher à la hausse sur l’ensemble de l’année 2025. "C’est un chiffre intéressant, qui a été confirmé par le quatrième trimestre, soutenu par des ouvertures de sites d’entreprises de la Tech ou actrices de la transition (environnementale). En face de cela, des entreprises ferment. Ce sont généralement des PME plus traditionnelles, issues de secteurs qui sont en train de refluer - comme la plasturgie, la mécanique traditionnelle, les biens de consommation, la cosmétique, le retail… c’est là où se trouve le caractère réellement aggravé, et parfois même punitif, de l’offensive de la nouvelle Chine apparue depuis la fin du Covid. C’est une réalité", a rappelé Nicolas Dufourcq.
Reste enfin la deeptech, un secteur hautement stratégique sur plusieurs points. De fait, il rassemble les entreprises créatrices d’innovations de rupture, dont les fondateurs et les technologies sont généralement issus de laboratoires de recherche, ayant aussi souvent des ambitions industrielles et œuvrant au renforcement de la souveraineté technologique de la France. Sur le volet de l’accompagnement, Bpifrance estime qu’une start-up deeptech française sur six, a profité de celui de la banque publique l’an passé. Elle a notamment lancé un nouvel accélérateur dédié aux jeunes pousses du secteur préparant leur première levée de fonds cette année. En tout, quelque 420 d’entre elles ont d’ailleurs été créées en France en 2025. « Le point GPS que nous nous étions fixé en 2019 correspondait à la création de 500 start-ups deeptech par année. Nous allons y arriver, cela progresse petit à petit », a indiqué Nicolas Dufourcq, rappelant que Paris avait par ailleurs été classée, d’après le dernier Global Tech Ecosystem Index de Dealroom, 3ème écosystème deeptech à l’échelle mondiale.
Reste à (vraiment) pérenniser ce vivier
« Dans ce moment où l’on pourrait se décourager face à la Chine, et penser qu’elle nous écrasera dans tous les domaines, nous avons notre science. Les universités scientifiques françaises produisent un nombre incroyable de nouvelles start-ups deeptech chaque année, créées par des chercheurs-entrepreneurs français. C’est un mouvement que l’on observe un peu partout en Europe », a assuré Nicolas Dufourcq. « La responsabilité de la Bpi, et pas seulement, est que cette deeptech atterrisse vraiment dans l’économie française, en entreprises pérennes et en emplois", a poursuivi le directeur général de Bpifrance.
En tout, Bpifrance a déployé 1,5 milliard d’euros vers plus de 1 000 start-ups deeptechs l’année dernière, notamment grâce à près de 800 millions d’euros d’aides à l’innovation, des investissements directs dans 90 start-ups (soit près des trois quarts des investissements dans l’innovation de Bpifrance) ou bien du fait de près de 300 millions d’euros déployés au travers de son activité fonds de fonds. "Il n’y a toujours pas assez de fonds français qui font du capital-risque en deeptech - et surtout pas assez de fonds de growth deeptech, dans le quantique, l’IA… Nous sommes en train d’arriver aux grands tours deeptech, de 300 millions d’euros : quand vous avez commencé en 2019, à l’amorçage, vous arrivez en 2026 à cette étape, dans la space tech, le quantique, ou bien les nouvelles frontières de la biotech. Et là, nous faisons face à une vraie faille de marché. Pas seulement en France, mais aussi en Europe. C’est le problème auquel nous sommes confrontés aujourd’hui", a indiqué Nicolas Dufourcq.
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