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Financement, investissements, aides à l’innovation… Bpifrance fait son point d’étape à mi-année / Des dynamiques différentes se lisent
Dans un contexte économique incertain et plus que délicat sur le plan budgétaire, Bpifrance garde le cap pour épauler les entreprises françaises. La banque publique d’investissement a publié son bilan d’activité du premier semestre de 2026, faisant tout d’abord ressortir une progression soutenue de son métier de financement : 9,8 milliards d’euros de crédits ont été injectés dans près de 13 000 sociétés tricolores distinctes entre les mois de janvier et de juin. En leur sein, à 4,5 milliards d’euros, les crédits à moyen et long termes témoignent d’une hausse de 16 % sur un an, avec une accélération plus notable du côté des prêts avec garantie (+ 26 %, à 2,7 milliards d’euros). Le financement de l’immobilier et du matériel se maintient, indique la banque dirigée par Nicolas Dufourcq, mais le financement des énergies renouvelables a rencontré une progression particulièrement active sur un an – portée par plusieurs projets de taille signés au premier semestre. Les financements à court terme (5,2 milliards d’euros) ont de leur côté poursuivi leur dynamique de croissance, avec une hausse de 4 % des crédits injectés dans les entreprises.
Il est par ailleurs à relever du côté du métier international-export qu’en dépit d’un contexte international toujours incertain, la résilience des entreprises françaises à l’export semble être au rendez-vous, avec une progression de la demande pour les dispositifs clés comme l’assurance-crédit, ou le crédit export sur la période.
Conséquence des pressions budgétaires françaises
Sur un autre volet des métiers de Bpifrance, celui du financement à l’innovation, la tendance est plus contrainte. Au total, Bpifrance a dédié 1,3 milliard d’euros d’aides et de prêts au sujet sur la période, à destination de 2 124 entreprises. Soit un recul de 20 % des montants déployés sur un an, causé par la forte contrainte existant sur les finances publiques françaises. Toutes les composantes n’ont pas été logées à la même enseigne. Par exemple, les financements dirigés se sont maintenus à un niveau global proche de celui observé un an plus tôt, avec 786 millions d’euros engagés (traduisant un léger recul de 3 % sur un an). D’un côté, les stratégies nationales d’accélération pour l’innovation et l’industrialisation se sont appréciées de 166 % (632 millions d’euros). Les projets accompagnés s’inscrivent dans des secteurs stratégiques, comme l’IA, le numérique, la cybersécurité ou le cloud, entre autres. De l’autre, les projets notifiés ont quant à eux représenté 154 millions d’euros d’aides, majoritairement au titre de l’IPCEI Santé (en baisse de 73 % sur un an).
En dehors du volet dirigé, 1 800 entreprises ont profité d’un soutien à l’innovation sur le semestre. « Dans un contexte de restrictions budgétaires, les programmes et concours (i-Nov, i-Démo, 1ère Usine), dispositifs d’aide à l’innovation structurels nationaux financés par France 2030, ont représenté 22 millions d’euros d’engagements, et les aides à l’innovation déployées par le réseau ont baissé de 36 % avec 258 millions d’euros engagés sur le premier semestre 2026. Enfin, l’activité de prêts, en lien étroit avec la dynamique des aides à l’innovation, connaît également une baisse, atteignant 203 millions d’euros (- 18 %) au bénéfice de 645 entreprises », indique Bpifrance.
Une dynamique en volume
Vient aussi le métier d’investissement – couvrant le capital-innovation, le capital-développement dans les PME, ETI et grands groupes, ainsi que l’investissement en fonds de fonds. Au total, la banque publique d’investissement a déployé 1,2 milliard d’euros d’investissements au premier semestre et met l’accent sur la dynamique en volume. Cela s’illustre par exemple du côté de la direction du capital-développement, dont les investissements se sont réduits de 50 % en valeur (904 millions d’euros), mais appréciés de 8 % en volume (dans 99 entreprises). Le niveau élevé des investissements au premier semestre avait en effet été porté par certains investissements cotés significatifs, dont 800 millions d’euros à l’occasion de l’entrée au capital de Veolia, via le fonds Lac1, explique Bpifrance.
S’agissant du capital-innovation, le marché du capital-risque français s’est globalement affiché en rebond, en valeur, grâce à quelques opérations importantes. En revanche, de ce fait, une concentration accrue autour de quelques opérations a été observée, ainsi qu’une baisse du nombre de levées. Bpifrance a notamment participé aux levées d'AMI Labs ou réinvesti chez Alice & Bob et Quobly. Les 241 millions d’euros à avoir été investis dans 84 sociétés témoignent d’une baisse de 12 % en montant sur un an.
Du côté des investissements indirects
Enfin, du côté des investissements indirects en fonds de fonds, 97 millions d’euros ont été souscrits dans 11 fonds au premier semestre, parmi lesquels 9 nouveaux fonds partenaires. Un niveau qui devrait se muscler au deuxième semestre, anticipe la banque, comme en attestent les 285 millions d’euros de souscriptions réalisées par Bpifrance dans des fonds partenaires au fil de l’été (son portefeuille total comptait, au 30 juin, 730 fonds partenaires, dont 45 % en période d’investissement). Celles des six premiers mois de l’année ont été soutenues largement par le Fonds national d’amorçage, doté par France 2030, qui a pesé à hauteur de 40 % des souscriptions totales sur la période.
Les distributions de l’ensemble des métiers fonds de fonds se sont élevées à 348 millions d’euros au titre du premier semestre, soit une hausse de 35 % sur un an. Alors que les cessions en capital-innovation se sont elles aussi accélérées, à hauteur de 83 % pour 66 millions d’euros, celles en capital-développement, pesant 737 millions d’euros pour 76 entreprises, ont quant à elles reculé de 58 % - un retrait par rapport au premier semestre de 2025 s’expliquant par la rotation des participations au sein du portefeuille de la direction du capital-développement, notamment Lac1. L’activité de ce fonds une fois retraitée, le niveau de cessions apparaît stable par rapport au premier semestre de 2025, indique Bpifrance. En tout et pour tout, la banque a ainsi vu son total de cessions et de distributions atteindre 1,1 milliard d’euros à la fin du premier semestre.
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