Macro-économie / Taux
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France : le retournement de l’emploi paraît se confirmer / Hausse annuelle inédite, hors pandémie, du chômage en douze ans
224 000. En France, c’est le nombre de personnes qui ont rejoint le rang des chômeurs au cours de l’année passée. Ceux-ci étaient 2,509 millions au quatrième trimestre 2025, rapporte l’Insee. Sur un an, le taux de chômage a progressé de 0,6 point, s’établissant à 7,9 % de la population active, record depuis l’été 2021.
Hors crise pandémique, jamais une telle augmentation annuelle n’avait été observée depuis le printemps 2013, époque marquée par la crise des dettes souveraines de la zone euro. "Si les facteurs conjoncturels, dont notamment l’instabilité politique de la fin d’année 2025, ont freiné les embauches, ils n’expliquent pas à eux seuls la dégradation du marché de l’emploi", juge Lucile Bembaron, économiste chez Asterès.
"Des facteurs plus structurels, tels que la fragilité du tissu industriel accentuée par l’intensification de la concurrence chinoise dans les filières stratégiques, pèsent également sur l’emploi", ajoute-t-elle. Dans le secteur privé industriel, il y a eu 13 100 destructions nettes d’emplois en 2025 (sur un total de 40 800 destructions nettes d’emplois privés).

Ce sont d’abord les jeunes (15-24 ans) qui ont fait les frais de la détérioration du marché de l’emploi. En effet, leur taux de chômage s’est accru de 2,8 points pour atteindre 21,5 %. Un phénomène en lien notamment avec la baisse, en février 2025, de l’aide à l’embauche des apprentis.
Par ailleurs, la part des jeunes de 15 à 29 ans ni en emploi, ni en formation, ni en études (les "NEET") augmente de 0,4 point, à 12,9 %, un plus haut, hors pandémie, depuis le troisième trimestre 2019.
D’après l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), le taux de chômage devrait continuer de progresser tout au long de 2026 pour atteindre 8,2 %. "En prévision, nous anticipons 171 000 destructions nettes d’emplois dans le secteur marchand entre fin 2024 et fin 2026. Près de la moitié serait imputable à la réduction massive des dispositifs de politique de l’emploi. Le secteur non marchand serait également affecté par la baisse des contrats aidés, avec 23 000 suppressions sur deux ans", expliquent ses économistes.
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