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Crédit Mutuel Alliance Fédérale / résultats financiers
Daniel Baal ne décolère pas sur la surtaxe d’impôt sur les sociétés / Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale veut réduire la dépendance de son revenu à la France
Déjà, la semaine dernière, à l’occasion des vœux de la Fédération bancaire française qu’il préside, Daniel Baal, patron du Crédit Mutuel Alliance Fédérale, n’avait pas mâché ses mots pour dire tout le mal qu’il pensait de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises introduite l’année dernière dans la loi de finances pour 2025 et reconduite pour 2026. La présentation des performances annuelles de la banque mutualiste fut l’occasion pour lui de revenir sur le sujet. « Nous avons démarré l’exercice 2025 avec un très lourd handicap de près de 400 millions d’euros liés à la surtaxe sur l’impôt sur les sociétés (IS), la tristement fameuse taxe sur le ‘made in France’. Quand nous avons eu cette taxe, j’ai demandé aux équipes, à la direction générale, de tout mettre en œuvre pour prioritairement combler le trou qui venait d’être creusé par cette décision politique que nous estimons injuste et contre-productive », a-t-il déclaré.
Des performances à un nouveau niveau record
Un défi visiblement relevé puisque le groupe est parvenu à dégager un résultat net après impôt à un niveau historique de 4,2 milliards d’euros en 2025, en hausse de 2,3 % sur un an, porté par une dynamique commerciale dans tous les métiers. Pour mémoire, le résultat 2024 était déjà record malgré une conjoncture défavorable et des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne qui n’ont commencé à baisser qu’en juin. « Si l’on enlève cette surtaxe, notre résultat net est même en hausse de 11,4 % à près de 4,6 milliards d’euros », a précisé le directeur général, Eric Petitgrand, ajoutant que le montant total des impôts payés s’élèvera cette année à 1,8 milliard d’euros, une augmentation de 53 %. Le produit net bancaire est lui aussi record, à 17,7 milliards d’euros (+ 6,7 %, supérieur à la croissance des frais généraux de + 5,9 %). Le coefficient d’exploitation - déjà le meilleur des banques françaises - se positionne à 55,3 %, en baisse de 0,4 point, avec un ratio CET1 parmi les plus élevés d’Europe, à 19,7 % et un coût du risque en baisse de 11,8 %.
Si seulement l’Etat pouvait prendre exemple sur le groupe
De quoi permettre au groupe de se montrer très généreux. « Nous avons plus que jamais conjugué performance et solidarité. En effet, en 2025, nous avons encore davantage créé de la valeur et nous avons partagé cette valeur avec nos salariés, nos sociétaires et clients… et évidemment avec l’Etat, en consacrant 622 millions d’euros au dividende sociétal (soit 1,6 milliard d’euros depuis 2023) », a annoncé Daniel Baal, poursuivant : « en 2026, et malgré la surtaxe d’IS, ce montant progresse à 633 millions d’euros, soit 15 % de notre résultat net consolidé après impôt, un autre record. Et en 2026, Crédit Mutuel Alliance Fédérale continuera à tenir sa promesse et ses engagements, contrairement à l’Etat qui a décidé de revenir sur sa parole, puisqu’il a décidé de pérenniser sa surtaxe. Nous aimerions tellement que l’Etat puisse, comme nous, conjuguer performance et solidarité », a regretté Daniel Baal.
Un contexte français complexe pour le développement
Avec de telles performances, le groupe est toutefois loin de se laisser abattre. Bien au contraire. Il travaillera dès cette année à son futur plan stratégique 2027-2030. « Un plan qui sera précurseur, volontariste, voire disruptif, pour conforter notre capacité à créer de la valeur et à la partager, à être toujours en avance par rapport à la concurrence multiforme que nous rencontrons », a-t-il assuré. Et parmi les priorités de développement : la croissance des revenus passera aussi par la diversification géographique. « Nous allons nous renforcer à l’international, c’est dans notre plan stratégique et nous allons aller plus vite. D’autant plus que le contexte français est vraiment de plus en plus complexe et donc nous devons réduire la dépendance de notre mix revenu à la France. Nos priorités sont connues, c’est d’abord l’Allemagne avec Targobank, OLB et ACM Deutschland (compagnie d’assurance), mais c’est aussi CIC-CIB qui nous permet d’être présents à travers plusieurs continents (une succursale en Australie sera prochainement ouverte), c’est également Cofidis. Et bien entendu, plus que jamais, nous sommes attentifs à de nouvelles opportunités de croissance externe », a assuré Daniel Baal.
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