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Siparex traverse la normalisation du private equity / Un milliard levé, cap sur 2026

Dans un private equity européen entré en phase de normalisation, Siparex affiche une résilience revendiquée en 2025, avec un milliard d’euros collectés et une activité demeurée soutenue sur l’ensemble de ses stratégies. Le groupe se projette dans un environnement 2026 toujours exigeant.
Bertrand Rambaud, le président du groupe Siparex.
Bertrand Rambaud, le président du groupe Siparex.

« S’il ne fallait retenir qu’un élément de 2025, ce serait le fundraising. » Dans un marché du private equity européen marqué par le net ralentissement des levées, Siparex met en avant sa résilience, avec 1 milliard d’euros collectés en 2025. « Dans notre environnement, atteindre ce niveau est une vraie satisfaction », confie à WanSquare Bertrand Rambaud, le président du groupe. En présentant mardi à Paris son point d’activité, Siparex a mis en avant la solidité d’une plateforme capable de maintenir une activité soutenue, sans dégrader ses critères d’investissement, dans un environnement sélectif.

Car l’année écoulée n’a pas été un long fleuve tranquille. « 2025 a été une année contrainte pour le capital-investissement, avec une activité revenue à des niveaux plus normalisés, marquée par l’absence d’euphorie, tant sur les investissements que sur les cessions », observe Bertrand Rambaud. Après un premier semestre plus heurté, l’activité s’est progressivement fluidifiée en fin d’exercice. « On a eu deux temps très distincts : un début d’année compliqué, puis une fin d’exercice plus soutenue, avec plusieurs exclusivités qui se sont concrétisées », poursuit le président de Siparex. Cette inflexion est intervenue à mesure que les niveaux de valorisation devenaient plus compatibles avec les attentes des acheteurs et des vendeurs. « Avant que les valorisations ne s’ajustent à la baisse, le marché était entré dans une phase d’attentisme, les acteurs préférant différer les décisions plutôt que de conclure trop vite. »

 

Des cessions disciplinées

 

Dans ce contexte, Siparex est aussi resté fidèle à une approche disciplinée des sorties. Le groupe a cédé pour 360 millions d’euros en 2025, sans recourir aux outils de liquidité financière qui se sont imposés ailleurs dans l’industrie. Bertrand Rambaud souligne la qualité industrielle des opérations menées, évoquant « beaucoup de “vraies” cessions, réalisées via des process classiques, des discussions de gré à gré, avec des industriels ou des fonds ». Un choix assumé, alors même que les opérations secondaires se sont imposées comme une voie de sortie pour nombre d’acteurs. « En 2025, nous n’avons pas eu recours aux opérations secondaires », rappelle-t-il. Le contexte a en revanche pesé sur le rythme de la création de valeur. « Nous restons dans une logique de création de valeur, même si la dynamique est moins marquée qu’en 2024 », résume Bertrand Rambaud.

Côté stratégies, Siparex met en avant la diversité et la complémentarité de sa plateforme, présentée comme un facteur clé de résilience dans un marché plus polarisé. En 2025, le groupe a investi 350 millions d’euros. La dynamique a été particulièrement visible sur les derniers mois de l’exercice, avec une accélération des investissements et des opérations de croissance externe, près de 90 build-ups ayant été réalisés au sein du portefeuille. Le fonds France Nucléaire 2 constitue l’un des piliers de cette stratégie sectorielle, avec 150 millions d’euros levés à date pour un objectif de 300 millions, et déjà deux premiers investissements réalisés. « Travailler pour la filière nucléaire conduit très souvent à être positionné sur des secteurs d’excellence, avec des modèles duals, au cœur des enjeux de souveraineté », souligne Bertrand Rambaud. Dans l’ETI, Siparex poursuit la montée en puissance de sa franchise européenne, avec le lancement de la sixième génération du fonds et 75 millions d’euros investis en 2025, tandis que l’activité mezzanine confirme l’attractivité de son positionnement sponsorless, avec 45 millions d’euros déployés et un objectif de 300 millions pour Intermezzo 3. En venture, XAnge a retrouvé une dynamique plus favorable, avec 50 millions d’euros investis et une activité de cessions soutenue. « La tech est en phase de convalescence », observe le président de Siparex, qui met en avant un recentrage sur des modèles économiques plus éprouvés et des thématiques clairement identifiées, notamment autour de la productivité, de la transition énergétique et des usages industriels de l’intelligence artificielle.

 

L’Italie, pivot de la montée en puissance internationale

 

La dynamique de la plateforme, articulée autour de ses différentes stratégies, s’accompagne d’une internationalisation progressive. Environ 20 % des montants investis par le groupe sont désormais déployés hors de France, une proportion en hausse marquée par rapport à 2024. Siparex s’appuie pour cela sur un réseau de bureaux européens, notamment à Milan, Bruxelles et Berlin, ainsi que sur un partenariat au Canada, qui lui permet d’élargir son champ d’opportunités.

L’Italie s’impose comme un axe de développement prioritaire, tant pour les stratégies midcap que pour l’ETI, avec plusieurs opérations réalisées ou en cours. « Paris, Lyon, Milan, mais aussi Bruxelles, Berlin, Montreal : en toute logique, nous avons vocation à développer nos activités dans les pays où nous sommes présents. » Sans remettre en cause l’ancrage historique du groupe en France, cette montée en puissance de l’international est présentée comme un prolongement naturel de la plateforme. « La France restera dominante, mais la part relative de l’international est appelée à progresser », anticipe-t-il.

 

2026, entre prudence et opportunités

 

Pour 2026, Siparex anticipe un environnement encore exigeant. « Le marché devrait rester complexe, avec des processus longs et très sélectifs ; l’agilité, à l’achat comme à la vente, restera un facteur clé. » Si la visibilité demeure limitée, la baisse progressive des valorisations pourrait néanmoins faciliter la rencontre entre acheteurs et vendeurs et redonner de la fluidité aux transactions. « L’expérience montre que c’est souvent dans les périodes les plus difficiles que l’on réalise les meilleurs investissements, parce que l’on est plus rigoureux et moins porté par l’euphorie. »

Un contexte dans lequel Siparex n’hésite pas à mettre en avant le rôle de son Operating Team, une équipe transversale dédiée à l’accompagnement opérationnel des participations, mobilisée par l’ensemble des lignes de métier du groupe. Intervenant aujourd’hui auprès d’environ 70 % du portefeuille, elle appuie les dirigeants sur des enjeux tels que la performance commerciale, le recrutement des talents, l’intégration de l’intelligence artificielle ou encore les diligences stratégiques et extra-financières. Une approche qui prolonge la conviction exprimée par Bertrand Rambaud sur l’évolution du métier d’investisseur. « Malgré ce contexte peu lisible, je pense que le rôle du private equity est aujourd’hui d’autant plus important pour accompagner les dirigeants. »

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