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Levées de fonds
XAnge / Siparex
XAnge 5 démarre fort avec un premier closing à 200 millions / La fidélité des LPs soutient l’ambition paneuropéenne
Le capital-risque européen n’a décidément pas dit son dernier mot. XAnge vient de signer le premier closing de son cinquième fonds à 200 millions d’euros, une étape décisive vers une taille cible fixée à 250 millions et pouvant aller jusqu’à 300 millions. "Premier closing à 200 millions, pour une taille cible de 250 millions et un hard cap de 300 millions […] C’est un niveau particulièrement confortable, avec près de 90 % de re-up des investisseurs existants", relève auprès de WanSquare Cyril Bertrand, CEO et Managing Partner. Une fidélité qui ne doit rien à l’humeur du marché. "C’est une marque de confiance indépendante de l’état général de l’écosystème venture", insiste-t-il.
Ce nouveau véhicule s’inscrit dans une trajectoire déjà bien établie. XAnge, marque innovation du groupe Siparex dont il constitue le bras capital-risque depuis que le fonds français indépendant en a pris le contrôle majoritaire en 2015, figure parmi les investisseurs historiques de plusieurs des plus belles réussites européennes récentes. Ledger, Believe, Lydia ou encore Odoo ont contribué à l’imposer comme un partenaire clé du early-stage. "Nous avons eu la chance de mener cette levée rapidement, dans un environnement pourtant morose", souligne de son côté Alexis du Peloux, partner.
Un périmètre élargi et une grille d’investissement qui évolue
Le fonds 5 marque un élargissement assumé du périmètre d’intervention. "Le précédent se concentrait sur la France, la Belgique et l’Allemagne. Cette fois, au moins 25 % de notre allocation sera déployée dans le reste de l’Europe", détaille Cyril Bertrand. L’organisation interne a été pensée en conséquence. "Les dossiers d’Europe du Sud relèvent plutôt de l’équipe française, ceux d’Europe du Nord de l’équipe allemande. Et, dans tous les cas, nous travaillons de façon pleinement collective." Un choix qui intervient alors que l’environnement d’investissement s’avère particulièrement foisonnant. "Nous sommes dans une période où le deal flow est particulièrement abondant. Et notre terrain de jeu couvre désormais l’ensemble de l’Europe."
La grille d’investissement évolue en phase avec les ambitions élargies de XAnge. "Le fonds 5 s’articule autour de trois axes : l’IA applicative, la deep tech et la transition ou résilience climatique, cette dernière constituant le pilier nouveau du millésime", précise le CEO. Là encore, XAnge assume une lecture fine des cycles technologiques. "L’IA est clairement en haut de cycle, la deep tech poursuit sa trajectoire, et la résilience climatique se situe plutôt en bas de cycle. Ce segment est largement délaissé aujourd’hui, ce qui crée pour nous une fenêtre d’arbitrage particulièrement intéressante.", poursuit Cyril Bertrand.
Un pari assumé sur l’ingénierie logicielle et l’IA applicative
Sur l’IA, le fonds assume depuis longtemps une stratégie sélective. "Nous avons choisi de ne pas nous positionner sur les modèles fondationnels – Age Company, Genesis, Mistral – et de nous concentrer sur ce que nous savons faire : l’ingénierie logicielle et l’applicatif", explique Alexis du Peloux. Un choix qui contraste avec le prisme infrastructurel dominé par les États-Unis. Une cohérence renforcée par l’historique du fonds. "On nous interroge souvent sur notre identité, et l’on nous perçoit généralement comme une équipe très technologique […] Nous avons fait le pari de la deep tech il y a plus de dix ans." L’essor d’Odoo, valorisé 8 milliards d’euros en Belgique, illustre selon eux le potentiel de ces niches européennes encore sous-cotées. "Odoo reste peu connue à Paris, alors que l’entreprise vaut 8 milliards en Belgique. Et ce n’est qu’un début : je pense qu’un jour on parlera d’Odoo comme on parle aujourd’hui de Spotify."
Pour soutenir ces paris, le fonds mise aussi sur un accompagnement renforcé. "Nous disposons d’une plateforme support primée, qui parle beaucoup aux entrepreneurs. Quatre personnes y travaillent à temps plein pour accompagner les start-ups de zéro à deux cents employés", explique également le partner. Une approche qui se lit dans la structure des deals. Les tickets évoluent à la hausse, non par un renchérissement du premier tour, mais par un engagement accru dans les réinvestissements des tours suivants.
Reste à savoir si le climat politique français, souvent invoqué comme un frein cette année, affecte la dynamique du venture. Cyril Bertrand balaie l’idée. "Nous ne notons pas, nous, de ralentissement lié aux incertitudes de la politique française." Alexis du Peloux abonde : "Notre métier consiste à parier sur le monde tel qu’il sera dans cinq ou dix ans (…) Sur des sujets aussi ambitieux, les fluctuations de court terme deviennent largement secondaires."
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