Fusions, Acquisitions
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M&A : 2025, l’année du réveil mondial ? / La France parmi les moteurs du modeste rebond européen
Le marché mondial des fusions-acquisitions a repris des couleurs, mais l’Europe reste à la traîne. Selon le dernier rapport de Bain & Company, la valeur des opérations de M & A stratégiques en zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique) n’a progressé "que" de 30 % sur un an, derrière les Amériques (+ 43 %) et l’Asie-Pacifique (+ 35 %). Le nombre de transactions y a quant à lui reculé de 7 %, signe d’un rebond encore fragile dans la région.
L’IA rallume la machine mondiale
Cette performance contrastée intervient pourtant dans un contexte mondial nettement plus porteur. En 2025, les fusions-acquisitions ont signé un retour en force, avec une valeur totale des transactions estimée à 4 800 milliards de dollars, en hausse de 36 % sur un an, le deuxième niveau le plus élevé jamais enregistré. Ce rebond est largement porté par le retour en grâce des méga-deals de plus de 5 milliards de dollars, en particulier dans les technologies. Dopées par l’intelligence artificielle, ces opérations représentent désormais près de la moitié des transactions tech supérieures à 500 millions de dollars depuis le début de l’année et ont contribué à une hausse globale de 36 % de la valeur des deals.
Le secteur manufacturier de pointe s’est également illustré, avec une progression de 38 % de la valeur des transactions, à 717 milliards de dollars depuis janvier. "Les entreprises privilégient les acquisitions pour accélérer leur croissance et s’adapter à l’évolution des sources de profit", analyse Bain. Le cabinet souligne que les principaux freins post-pandémie, la réglementation, le coût du capital, se sont estompés, tandis que l’IA agit comme un puissant accélérateur de décisions. "De plus en plus de dirigeants considèrent qu’attendre n’est plus une option", observe le cabinet, notant que les incertitudes liées aux droits de douane et aux tensions commerciales n’ont eu qu’un impact limité, le trou d’air observé en avril s’étant révélé de courte durée.
A l’épreuve de nouveaux équilibres
À plus long terme, en revanche, les lignes pourraient bouger. Bain alerte sur les effets durables de la post-mondialisation : les entreprises non américaines montrent déjà un moindre appétit pour les actifs aux États-Unis, tandis que les acheteurs américains privilégient de plus en plus les transactions domestiques, sous l’effet des politiques protectionnistes. Dans un monde où les chaînes de valeur se fragmentent par blocs régionaux, les fusions-acquisitions restent toutefois un levier clé pour accéder aux marchés et sécuriser des options stratégiques, estime néanmoins le cabinet.
Autre signal plus paradoxal : malgré le redressement du marché, les allocations de capital consacrées aux fusions-acquisitions atteignent en 2025 leur plus bas niveau en dix ans. Elles ne représentent plus que 7 % des dépenses en trésorerie de près de 700 entreprises de l’indice S & P World, contre 9 % à 17 % au cours des neuf années précédentes. En cause, la concurrence d’autres priorités d’investissement - IA, automatisation, robotique, usines ou infrastructures énergétiques - qui captent une part croissante des ressources financières et imposent des exigences accrues en matière de retour sur investissement.
La France parmi les principaux marchés de la zone EMEA
Dans ce paysage contrasté, la France tire néanmoins son épingle du jeu. Aux côtés des Pays-Bas (+ 290 % par rapport à 2024 à date) et du Royaume-Uni, elle affiche l’une des plus fortes progressions en valeur des transactions en Europe, avec une hausse de 81 % à environ 68 milliards de dollars depuis le début de l’année. Sur l’ensemble de 2025, la valeur totale des transactions sur le marché français devrait atteindre 107 milliards de dollars, soit une progression de 12 % sur un an, malgré un recul de 22 % du nombre d’opérations supérieures à 30 millions de dollars.
Parmi les opérations emblématiques figurent le rapprochement Altice France – Bouygues, au quatrième trimestre, pour 19,7 milliards de dollars, ainsi que la transaction Thales Alenia Space – Airbus, estimée à 7,3 milliards de dollars. En France, les médias se distinguent particulièrement, avec une explosion de la valeur des transactions stratégiques (+ 1 289 % sur un an), illustrant un marché toujours capable de produire des deals d’envergure.
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