Entreprises / Actions / Bpifrance / Impact
Entreprises / Actions
Bpifrance / Impact
Les dispositifs de Bpifrance font rimer impact et constance / Leur évaluation met aussi en lumière des effets de levier et d'entraînement de taille
Exercice transparence. Pour la douzième fois et comme chaque année depuis sa création, Bpifrance a réalisé l’évaluation de ses dispositifs, publiée aujourd'hui, objectivant le déploiement de ses actions et leurs retombées sur le tissu productif français. Le résultat est net, s’agissant de ses dispositifs de financement du développement : les impacts représentent un gain cumulé de 152,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires supplémentaire, ainsi que 490 500 emplois créés ou maintenus, pour celles ayant utilisé les outils de la banque publique d’investissement entre 2014 et 2020 - soit la dernière génération étudiée, en raison de la mesure d’impact sur trois années et des délais de remontée des liasses fiscales.
"L’aspect le plus important est celui de la constance de ces effets dans le temps", remarque auprès de WanSquare Philippe Mutricy, directeur de l’évaluation des études et de la prospective de Bpifrance. De fait, le taux de croissance annuel des sept générations d’entreprises ayant été soutenues par la banque publique d’investissement sur ce laps de temps s’est affiché, en moyenne de long terme, à 13,5 % pour leur chiffre d’affaires et à 9,5 % pour leurs effectifs. Pour rechercher l’effet de causalité, Bpifrance Le Lab a appliqué un protocole d’évaluation strict : celui de reproduire un échantillon d’entreprises jumelles - en termes de secteur, de taille, de région, de croissance passée, de santé financière, etc. - afin d’estimer cet impact de manière contrefactuelle grâce à ses données, recoupées avec des bases de statistiques publiques.
À plusieurs étages
Sur les trois années suivant le soutien, et par rapport à la population d’entreprises non soutenues, le taux de croissance annuel ressort ainsi supérieur de 9,6 points pour les revenus totaux, de 8,4 points pour les effectifs et de 17 % pour le chiffre d’affaires réalisé à l’export - pour celles qui étaient déjà exportatrices auparavant. S’agissant des retombées en matière de survie pour les entreprises en phase de développement, l’impact à trois ans est compris entre 0,5 et 3 points, selon les lignes de métier (ceux relatifs au développement, comme le conseil, le financement, les aides à l’innovation, ou encore ceux concernant l’international, la transmission, la création et la trésorerie). "Certains éléments nous manquent pour expliquer ces écarts. Des entreprises peuvent ne pas connaître nos programmes, être moins proches d’une de nos antennes régionales, ou encore faire preuve d’auto-censure dans l’expansion de leurs projets", reconnaît Alexandre Gazaniol, responsable du Pôle Évaluation chez Bpifrance. Si la banque émet aussi quelques réserves quant à la pertinence d’analyser les impacts de son soutien année par année, en raison d’effets conjoncturels pouvant perturber la croissance des entreprises et des rythmes variants de déploiement des programmes de Bpifrance, reste que celui-ci ne semble pas s’amoindrir au fil du temps.
Au contraire. Par exemple, les entreprises ayant été soutenues en 2020 ont rendu compte d’un taux de croissance annuel moyen de leurs revenus de 18,4 % entre 2019 et 2022, contre 8,8 % pour les sociétés non soutenues. Pour celles ayant été soutenues en 2019, le rapport s’affiche à 15,4 % contre 6,3 %. "Il y a un effet de rajeunissement des bénéficiaires, notamment du fait de l’augmentation du soutien à l’innovation, qui tire en partie ce taux de croissance à la hausse. Hors TPE, l’écart est de 4 points. Ce changement dans la composition de la population s’accompagne aussi de changements dans l’offre de Bpifrance (lancements ou arrêts de produits)", explique quant à lui Alexandre Lekina, responsable d’Études Évaluation chez Bpifrance.
Photographie des bénéficiaires
Au-delà de cet impact dans le temps, l’étude permet aussi de cartographier de manière plus récente le profil des entreprises profitant des différents dispositifs de Bpifrance. En 2024, la banque a ainsi soutenu 77 000 entreprises distinctes (un chiffre inférieur à celui de son rapport d’activité annuel, qui somme les bénéficiaires de chacune de ses lignes de métiers, sans neutraliser le fait que des entreprises peuvent profiter de plusieurs dispositifs en parallèle), soit une hausse de 4 % sur un an. Elles ont bénéficié toutes ensemble de plus de 57 milliards d’euros de financements et de produits d’assurance-export.
La couverture ressort tout d’abord en ligne avec les besoins de financement du territoire français, puisque les montants des interventions par région sont articulés à la structure de la production de richesse nationale. En 2024, les PME hors micro-entreprises et les ETI représentaient respectivement 22,5 % et 2,4 % des entreprises soutenues. Au total, Bpifrance a soutenu 9,6 % des PME et 24,7 % des ETI françaises, en grande partie grâce au capital-investissement pour les premières. Mais la plupart des entreprises bénéficiaires (75 %) restent des TPE, majoritairement touchées par les garanties de crédit bancaire et les prêts d’honneur, ainsi que par les aides à l’innovation.
De l’écho
Des dispositifs dont les entreprises auraient tort de se priver, au regard des effets d’entraînement sur les financeurs privés qui en découlent par la suite. Et qui permettent aussi d’agencer les dotations publiques de manière optimale. S’agissant des garanties de prêts bancaires, par exemple, une dotation d’un euro des fonds de garantie permet à Bpifrance d’octroyer 29 euros de garanties… se transformant elles-mêmes en 53,65 euros de prêts bancaires (incluant la part couverte par la garantie de la banque publique).
"Il existe un vrai effet d’entraînement auprès de la place bancaire, notamment avec les prêts sans garanties (PSG) qui sont adaptés aux investissements dans l’immatériel, comme les brevets ou le déploiement à l’étranger. Les banques ont parfois plus d’hésitation à les financer, puisqu’il n’y a, par définition, pas de garantie prise sous forme de caution sur le bien financé", ajoute Philippe Mutricy. Sur ce sujet des PSG par exemple, qui permettent à la banque publique de cofinancer des investissements immatériels et des projets de grande ampleur, 1 euro de dotation de l’État permet l’octroi de 19,20 euros de financements de la part de Bpifrance, auxquels s’ajoutent 87,74 euros de financements privés arrivant à l’entreprise.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

