Macro-économie / Taux / métaux / La Fabrique de l'industrie
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métaux / La Fabrique de l'industrie
Les métaux critiques préoccupent de plus en plus les entreprises tricolores / Les investissements publics affluent pourtant
Une crainte qui ne se dément pas bien au contraire. La sécurisation des approvisionnements est devenue un sujet de préoccupation plus important que l’année précédente pour les différentes directions d'achats au vu du baromètre annuel du Conseil national des achats et d’AgileBuyer. Le nombre d’entre elles à poser ce constat oscille entre 24 % et 70 % chaque année à compter de 2018. Les capacités pour le moins limitées de l’Hexagone et du Vieux continent sur l’extraction et le raffinage ne sont pas à même de rassurer dans le court terme.
Les directions d’achats semblent très attentives aux crises géopolitiques, à la fin de l’année dernière elles étaient près de 74 % à considérer qu’elles allaient impacter leur stratégie d’achats. Une proportion qui passe même à 81 % dans l’industrie automobile et 88 % dans celle aéronautique. La prise de conscience parmi l’ensemble des acteurs économiques a beau être réelle et une enquête de terrain menée par la Fabrique de l’industrie montrer une diversité de leviers actionnables par les entreprises, il faut pourtant prendre son mal en patience.
Attendre
Il s’avère en effet qu’il y a d’un côté un certain nombre de mécanismes de marché et de diversification qui sont dans le temps court, de l’autre côté un grand nombre de leviers sont à penser dans le temps long. Les équipes de la Fabrique expliquant qu’ils nécessitent "un engagement stratégique plus fort de la direction générale et des investissements de long terme". Ce qu’ont pu faire des grands groupes tricolores, en achetant leur fournisseur Aubert & Duval grâce à un consortium mené par Airbus et Safran.
La situation est d’autant plus compliquée à améliorer que l’Hexagone n’est pas particulièrement bien positionné concernant les métaux stratégiques, à ce jour aucun site d’extraction n’est ouvert sur le sol national et le tissu industriel en matière de raffinage des métaux stratégiques est considéré comme "résiduel, composé d’une poignée d’entreprises dans la production d’alumine (mais pour des débouchés non métallurgiques, dits de spécialité), d’aluminium primaire, de silicium métal, de titane, de nickel, de cobalt ainsi que de ferroalliages". Un site de production d’oxydes de terres rares existe bien à La Rochelle mais les acteurs ne sont pas pléthores et restent dépendants des importations.
Collectif
Face à cette donne, impossible de raisonner au seul niveau national notamment au vu de la volonté de l’Union européenne de développer une offre primaire crédible. Couplée au recyclage, elle doit permettre de rendre les entreprises du continent moins sensible à d’éventuels chocs douaniers notamment. La Fabrique rappelle qu’à l’horizon 2030, "les capacités européennes d’extraction et de transformation de métaux devront couvrir respectivement 10 % et 40 % de la demande européenne en métaux stratégiques". La soutenabilité sociale demeure cependant un écueil conséquent face à la réouverture de mines sur le territoire national et ce particulièrement en France.
Une raison supplémentaire, s’il en fallait une de plus, pour pousser les membres de la Fabrique à expliquer "qu’à défaut d’un soutien public fort, l’offre européenne restera réservée aux entreprises pouvant en assumer les éventuels surcoûts". Les membres du secteur qu’ils ont rencontrés ont témoigné du soutien qu’ils attendaient tant sur les questions financières, que douanières ou encore administratives. Les exemples de Carester et MagREEsource sont inspirants à leurs yeux de la possibilité de faire émerger de nouvelles filières, notamment dans le recyclage de terres rares où ces deux acteurs "qui traitent les aimants permanents, pourraient couvrir l’intégralité de la demande française d’ici 2030 ".
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