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Commission d'enquête / Fonds d'investissement / Hedge funds
Le groupe LFI veut créer une commission d’enquête sur les fonds spéculatifs / Quand la France insoumise confond investissements productifs et activisme financier
"Hier pendant que Monsieur Macron organisait son grand raout communicationnel, Choose France, la terrible réalité du pays était celle-ci : en une journée, ce lundi, Novasco, une grande entreprise de la sidérurgie a été démantelée – 550 salariés sur le carreau – et l’annonce de 150 emplois supprimés dans l’usine Erasteel. Le point commun entre les deux ? Ce sont deux entreprises qui ont été accaparées par deux fonds spéculatifs, d’une part Greybull Capital (fonds britannique), de l’autre Syntagma Capital (Belgique). C’est ce à quoi nous allons nous attaquer dans la commission d’enquête de la France insoumise cette année ", a annoncé Aurélie Trouvé, ancienne présidente de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale lors d’un point presse de son groupe parlementaire, ce mardi midi.
Le groupe LFI confond visiblement les fonds d’investissement en soutien à l’économie et les fonds activistes. Dans son viseur pêle-mêle : "Carlyle, Blackstone, Apollo, KKR, EQT Partners, Callista, Mutares, Weinberg Capital Partners, Tikehau Capital, etc". "Depuis 2017, une grande partie de la production française est tombée dans leur escarcelle pour rincer leurs actionnaires avec des taux de rentabilité absolument hallucinants", a-t-elle déclaré, expliquant que "des dizaines et des dizaines de boîtes ferment, des familles sont sacrifiées, et la souveraineté économique est en grand danger ".
Selon la députée Insoumise, la France serait l’une des premières cibles mondiales des fonds spéculatifs. "Nous allons faire autant que possible la lumière sur leur expansion, sur les dégâts qu’ils provoquent et surtout sur la responsabilité de l’Etat et des acteurs publics et privés depuis 2017. L’Etat connaissait parfaitement les pratiques du fonds Greybull Capital. Pourquoi avoir accepté l’opération et avoir prêté autant d’argent sans aucun contrôle ? Voilà les questions auxquelles nous voulons répondre dans le cadre de cette commission d’enquête parlementaire", a-t-elle ajouté.
Pour mémoire, d’après un récent rapport de la banque Lazard, la France est loin d’être le premier marché des fonds activistes. Au premier semestre, les campagnes contre des entreprises françaises restaient stables, représentant 13 % de l’activité. L’Europe a même connu une accalmie : 30 campagnes ont été recensées au premier semestre, soit un recul de -23 %. C’est le Royaume-Uni qui reste toujours la première cible avec 33 % des campagnes. Les hedge funds dominent plus que jamais le marché avec 73 % des attaques.
Pour l’heure, la Commission d’enquête n’est pas encore officiellement créée par le bureau de l’Assemblée nationale. Mais LFI va user de son droit de tirage.
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